Réussir lait 21 octobre 2011 à 16h51 | Par Jacques Danin

Le bon sol pour vos logettes

Il existe plusieurs alternatives pour les sols et les litières des logettes. Un choix qui mérite réflexion et dépend du type d’effluents souhaités, de la disponibilité en paille ou encore du temps de travail disponible.

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VACHE EN LOGETTE TAPIS ET FOSSE SOUS CAILLEBOTIS.On peut utiliser jusqu’à 500 grammes de paillehachée avec ce type de bâtiment. (© Chambre d'agriculture de l'Oise) LOGETTES DOS À DOS EN CONDUITE FUMIER. Cette configuration favorise la production de fumier. VACHE EN LOGETTE TAPIS ET FOSSE SOUS CAILLEBOTIS. LOGETTES EN CONDUITE LISIER. L’utilisation d’un asséchant et les raclages fréquents sont nécessaires

Fumier ou lisier? C’est la première question à se poser lorsque l’on souhaite s’orienter vers un bâtiment à logettes. 3En conduite fumier : ne lésinez par sur la paille Lorsque l’on vise la production de fumier, le sol des logettes peut être du béton nu. Il ne faut pas lésiner sur la paille dans ce système. « Pour limiter le risque d’apparition de tarsites, il faut apporter au minimum 3 kg de paille », préconise Dominique Lagel du BTPL.

Au fil du temps, une croûte va se former sur le béton et empêcher la paille de glisser. Le principal inconvénient de ce système reste le temps de travail qu’il nécessite, jugé proche de celui d’une aire paillée. « Il faut pailler et passer une ou deux fois par jour pour nettoyer et répartir correctement la litière de façon à ne pas laisser de zones de bétons nu. Une contrainte qui poussent certains éleveurs à installer des tapis tout en maintenant un paillage important mais avec des passages moins fréquents pour arranger la litière », observe Xavier Téterel conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture de l’Oise.

La dalle béton de logettes doit être d’une épaisseur de 10 à 12 centimètres et intégrer un treillis métallique ou des fibres pour lui donner une bonne résistance. On peut améliorer le confort thermique en disposant une plaque de polystyrène sous la dalle. Une pente de 2 à 3 % de l’avant vers l’arrière de la logette est nécessaire pour favoriser l’écoulement des jus. Le béton a l’avantage d’être facile à entretenir et nettoyer mais n’est pas un matériau des plus confortables.

On peut améliorer le confort de couchage en optant pour d’autres matériaux. La terre battue, la marne ou la craie broyée peuvent être utilisées. Cela nécessite au préalable de réaliser un encadrement en béton, à l’arrière de la logette et à l’avant pour la fixation des séparations de logettes.

Un soin tout particulier doit être apporté à la confection de ce type de revêtement en le disposant en fines couches, en le mouillant et le compactant énergiquement à l’aide d’une dameuse ou un rouleau vibrant. Ce sont des matériaux économiques. « Ces sols vont en revanche avoir tendance dans le temps à se creuser et vont nécessiter des recharges plus ou moins régulières. La marne, à condition qu’elle soit de qualité, se creuse moins que la terre battue. Les recharges s’avèrent souvent plus délicates du fait de la présence des séparations de logettes », souligne Dominique Lagel.

En conduite lisier : prévoyez des tapis ou des matelas

Avec une quantité de paille inférieure à 1,5 kg, le sol en béton ne procure pas un confort mécanique et thermique suffisant aux animaux. Il faut impérativement installer un revêtement de sol synthétique, tapis ou matelas. Le tapis est composé d’un matériau monocouche et se présente sous forme individuelle. Le matelas comporte plusieurs couches, une garniture (mousse, granulés de caoutchouc…) sous forme de plaque ou de boudins et une toile étanche.

L’offre de produits est pléthorique et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. La chambre d’agriculture de l’Oise avait réalisé un essai en 2009 avec l’Institut de l’élevage et l’Institut Lasalle de Beauvais pour comparer dans un même bâtiment les tapis et les matelas. « Nous avions deux lots de soixante vaches dans le même bâtiment. L’un disposait de logettes équipées de matelas Louisiane de Bioret Agri et l’autre de logettes avec tapis KKM de Kraiburg », explique Xavier Téterel. Temps de couchage, nombre de coucher-lever, boîteries, rumination des animaux… Un ensemble de paramètres ont été enregistrés et analysés. Les logettes sur caillebotis étaient nettoyées et recevaient 500 grammes de paille hachée quotidiennement.

Au final, peu de différences entre les deux revêtements sont apparues. «On a seulement noté une moindre appréhension au coucher avec les matelas. Les vaches se laissaient tomber alors qu’elles avaient un peu plus tendance à piétiner avant de se coucher sur les tapis », commente Xavier Téterel.

Sachant que le coût du matelas va être plus élevé que le tapis, c’est à chacun de savoir jusqu’où il veut aller en termes de bien-être de ses animaux. « Il est indispensable d’aller voir et tester avant d’acheter pour éviter les déconvenues », insiste Dominique Lagel.

Mais le type de sol n’est qu’une composante du confort de la logette. « En premier lieu, il convient de les régler correctement. Le limiteur d’avancement au sol et la barre au garrot doivent être adaptés aux mensurations du troupeau. Le meilleur revêtement du marché donnera de mauvais résultats en terme de confort si les logettes sont mal réglées. »

Asséchants pour litières: privilégier le naturel

En conduite lisier, on peut s’affranchir de pailler, il faut par contre impérativement apporter un asséchant. « Le contact direct entre la peau de la vache et le matériau synthétique du tapis ou du matelas va provoquer des brûlures. De plus, sans asséchant, il est difficile de maintenir les animaux propres. L’asséchant va absorber les pertes de lait et créer une couche de protection entre le sol et la peau des vaches », souligne Xavier Téterel.

Plusieurs solutions sont possibles. Cependant, mieux vaut éviter les asséchants chimiques. « Ils sont très coûteux, sont parfois désinfectants mais peuvent contenir du chlore ou des acides qui vont être agressifs pour la peau des animaux et provoquer des dégagements gazeux toxiques dans la fosse à lisier. »


Mieux vaut privilégier les asséchants naturels, tels que la paille hachée (brins de 2 cm) ou défibrées (brins de 7 à 10 cm). En paille défibrée, les brins ne doivent pas être trop longs quand il y a une fosse sous caillebotis. La sciure est également un bon asséchant. « Ce produit a tendance à épaissir le lisier, ce qui peut poser des problèmes d’écoulement avec des canaux à lisier flottant », observe Dominique Lagel. Elle doit être bien sèche.

Différents sous produits de l’industrie donnent de bons résultats comme les anas de lin, résidus du teillage de lin qui ont un bon pouvoir absorbant mais ont un peu tendance à coller à la mamelle. La poudre de chanvre, a un très fort pouvoir absorbant mais contient beaucoup de poussière. Enfin, on peut avoir recours a de la poudre de calcaire.

Éviter la sciure de résineux ou de chêne

L’utilisation d’un asséchant ne dispense pas du nettoyage quotidien de l’arrière des logettes. Il faut aussi être vigilant à la propreté du couloir de circulation.

«Même en système caillebotis, nous préconisons l’emploi de racleur automatique dans les couloirs entre logettes, car il n’y a généralement pas suffisamment de piétinement pour nettoyer efficacement le sol et empêcher les animaux d’emporter avec eux de la bouse lorsqu’ils rentrent dans les logettes. En conduite lisier, plusieurs raclages quotidiens vont permettre de garder des animaux propres. »

Mais globalement, avec simplement un asséchant, il est plus difficile de maintenir les vaches aussi propres qu’en logettes paillées.

«La poudre de chanvre a remplacé la paille hachée»

Les 80 vaches de Christophe Moutarde, éleveur à Scrignac dans le Finistère, ne voient plus un brin de paille en litière. Après avoir utilisé la paille hachée, il a opté pour la poudre de chanvre. « La paille hachée procure un confort intéressant aux vaches mais n’assèche pas suffisamment. Quelqu’un m’avait parlé de la poudre de chanvre. J’ai essayé et aujourd’hui je l’ai adoptée. Je me méfiais des sciures qui peuvent provenir de bois traités », explique l’éleveur.

La poudre de chanvre est apportée à la pelle à l’avant de chaque matelas une fois par semaine. « On ramène un peu de poudre tous les un ou deux jours à l’arrière de la logette à l’aide d’une raclette. Le pouvoir absorbant est impressionnant » Selon Thierry Villemin, de la société Vertval-agri qui commercialise le produit, une quantité de 150 grammes par jour et par logette suffit.

Seul inconvénient du produit, il est très poussiéreux et ne peut être livré que par camion entier de 15 tonnes. Le tarif tourne autour des 120 euros la tonne. La société Vertval-agri a développé la poudre de paille, conditionnée en big-ball, elle convient aux éleveurs à la recherche d’asséchant en quantités plus modestes.

Les alternatives de litières face à la rareté de la paille

L’année 2011, marquée par une nouvelle sécheresse, a rendu la paille plus rare. Avec des besoins plus importants pour l’alimentation des troupeaux, la disponibilité en paille destinée à la litière a fortement diminué.

Pour des logettes en conduite fumier, la paille de céréales reste de loin la litière la plus intéressante. On peut cependant la substituer partiellement avec différents produits utilisés en sous couche comme la paille de colza, la paille de miscanthus, les cannes de maïs ou encore les copeaux et plaquettes de bois.

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