Réussir lait 20 décembre 2016 à 08h00 | Par Bernard Griffoul

Une station de traitement du lactosérum fermier

La filière saint-nectaire vient de se doter d’une société de services et d’une station de traitement pour valoriser le lactosérum des producteurs fermiers, en partenariat avec Bonilait.

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La station de traitement du lactosérum a été construite sur le site Bonilait de Tauves (Puy-de-Dôme), dans la zone d'appellation, pour un coût total approchant les 800 000 euros.
La station de traitement du lactosérum a été construite sur le site Bonilait de Tauves (Puy-de-Dôme), dans la zone d'appellation, pour un coût total approchant les 800 000 euros. - © B. Griffoul

L’appellation saint-nectaire devient la seule en France à proposer une valorisation du lactosérum à ses producteurs fermiers », affirme Dominique Prugne, président de la société Lactoservice. Celle-ci vient d’être créée par l’interprofession pour porter le projet de station de traitement du lactosérum fermier, qui a ouvert ses portes le 1er août dernier sur le site Bonilait-Protéines de Tauves dans le Puy-de-Dôme. Elle devrait traiter dans un premier temps 15 millions de litres par an et produire 900 tonnes de poudre de lactosérum. Cette initiative était devenue une urgence pour la filière. La production fermière est en augmentation constante. Les deux entreprises laitières chargées de collecter et traiter le lactosérum fermier, selon une organisation mise en place il y a une quinzaine d’années, ne parvenaient plus à satisfaire la demande. Et faire rentrer le lactosérum fermier dans les circuits des usines n’était pas sans risque.

Lactoservice entre au capital de Bonilait

Bonilait disposait sur la zone AOP d’une usine de pré-concentration du lactosérum récemment modernisée, d’une capacité de 4 000 tonnes. Une station de prétraitement du lactosérum fermier a été construite en amont de la tour de Bonilait. La société Lactoservice a été créée pour gérer cette activité. Le capital est détenu par l’interprofession du saint-nectaire (majoritaire) et les producteurs utilisateurs du service. Les deux entités ont établi un partenariat, avec prise de participation de Lactoservice au capital de Bonilait. La filiale ingrédients laitiers de Sodiaal a construit le bâtiment d’hébergement de la station et Lactoservice a investi dans les équipements. Les investissements s’élèvent, respectivement, à 170 000 et 600 000 euros hors taxes. Ils devraient bénéficier de 30 à 40 % d’aides publiques (conseil départemental du Puy-de-Dôme, région Auvergne - Rhône-Alpes, Feader). En assurant dans un premier temps près du quart de son approvisionnement, le lactosérum fermier confortera l’activité de l’usine Bonilait. « C’est une synergie de bon sens de s’adosser à une unité de la zone AOP », explique Marie-Paule Chazal, directrice de l’interprofession.

Le lactosérum fermier est filtré, écrémé et pasteurisé dans la station de prétraitement, puis il est transformé en poudre dans l'usine de préconcentration de Bonilait.
Le lactosérum fermier est filtré, écrémé et pasteurisé dans la station de prétraitement, puis il est transformé en poudre dans l'usine de préconcentration de Bonilait. - © B. Griffoul

Les producteurs rémunérés ou redevables du manque à gagner

La poudre, issue du traitement du lactosérum fermier, est commercialisée par Bonilait et la crème par Lactoservice. Cette dernière règle les prestations de collecte du lactosérum, qui est toujours assurée par les deux entreprises laitières qui en avaient la charge : Dischamp et Walchli (groupe Lactalis). Selon la différence entre les recettes du lactosérum et de la crème et les dépenses de collecte, les producteurs seront rémunérés ou devront régler la différence. Le point d’équilibre se fera avec un cours du lactosérum de 750 euros la tonne. « Le système est totalement transparent, affirme Marie-Paule Chazal. Le producteur s’engage sur une durée de cinq ans au cours de laquelle il y aura des périodes de cours bas et des périodes de cours hauts. Un équilibre se fera sur la durée. » La nouvelle station devrait traiter 30 % du lactosérum produit par les 208 producteurs fermiers de l’appellation. Elle est en capacité de monter jusqu’à 40 %. Soixante-dix producteurs se sont déjà engagés dans Lactoservice. Preuve que cette installation répond à un vrai besoin.

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