Réussir lait 04 novembre 2016 à 08h00 | Par C.Pruilh

Une couverture de silo comestible !

La fin des bâches plastiques et des pneus a-t-elle sonné ? Philippe Perrein teste une couverture de silo comestible dans des élevages vosgiens.

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- © HADN

Philippe Perrein, ancien agriculteur, est l’inventeur d’une couverture de silo comestible. Son invention a été primée au concours Lépine, et par le ministère de l’Agriculture. Pour l’instant, Philippe Perrein a testé sa membrane à base de lithothamne, ou calcium marin, sur des silos de maïs fourrage miniatures de 3-4 m2, pour en vérifier la solidité et l’étanchéité tout au long d’une saison.

Le test grandeur nature démarre cet hiver, chez quelques éleveurs, dont Julien Soltys, du Gaec de la souche dans les Vosges. « On ne voulait pas prendre trop de risque, surtout que cette année le rendement du maïs n’atteint pas 10 tonnes. On a donc confectionné un petit tas d’ensilage de maïs dans un silo couloir bétonné avec murets : 8 mètres de long, 5 m de large, 1,8 m de hauteur d’ensilage. »

Le chantier a eu lieu le 25 septembre, et il est prévu de n’ouvrir le silo que vers juillet 2017. Ses interrogations portent sur la conservation du maïs, plus que sur la consommation par les vaches. « Il faut vérifier que la couverture et l’étanchéité restent parfaites après un hiver où les températures peuvent descendre jusqu’à - 20 °C et où on peut avoir 30 centimètres de neige jusque l’été où les températures peuvent atteindre jusqu’à 35 °C. »

Un plus pour l’environnement et le travail

Au démarrage du chantier, le produit arrive sous forme de poudre. « C’est comme un ciment. On va la mélanger à l’eau, et on épand le mélange sur le tas d’ensilage. À ce stade, c’est une pâte qui colle aux doigts. Elle a une très forte adhérence, ce qui est très bien pour bien couvrir les pentes du silo. Puis en séchant elle va former une membrane imperméable élastique », décrit Philippe Perrein.

Chez Julien Soltys, c’est une machine à crépir qui a été utilisée. « Nous avons mis une heure en tout. » L’éleveur estime qu’il faut bien trois centimètres d’épaisseur de membrane pour bien assurer l’étanchéité.

«Si ça marche, ce sera une grosse révolution, pour gagner en temps et en confort de travail, et pour l’environnement et l’image de l’élevage ! Si techniquement ça marche, il faudra aussi que cela vaille le coup économiquement. Si c’est deux fois plus cher qu’une bâche et des boudins de lestage, cela ne prendra pas », souligne Julien Soltys.

Philippe Perrein teste aussi sa membrane sur deux autres silos de maïs et un silo de pulpe de betteraves. Des mesures (température, pH) et analyses (qualité de la conservation, analyses bactériologiques) seront effectuées tout le long de la période de conservation et à l’ouverture, pour vérifier que ce mode de couverture donne d’aussi bons voire de meilleurs résultats qu’une bâche plastique. Les tests en laboratoire et en ferme permettront de confirmer la comestibilité de la couverture. L’objectif est une commercialisation lors de la saison d’ensilage maïs 2017.

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