Réussir lait 10 septembre 2014 à 08h00 | Par Annick Conté

Une grande capacité des élevages bretons à relever les défis

En Bretagne, l'évolution sur les dix dernières années illustre le dynamisme des exploitations laitières.

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En 10 ans, les exploitations laitières bretonnes ont su évoluer pour s'adapter aux changements de fond d'ordre sanitaire, réglementaire et économique.
En 10 ans, les exploitations laitières bretonnes ont su évoluer pour s'adapter aux changements de fond d'ordre sanitaire, réglementaire et économique. - © Emeline Bignon

« La vie des producteurs laitiers ces dix dernières années a été tout sauf un long fleuve tranquille », a souligné Jacques Lefranc, responsable Conseil en production laitière à BCEL, lors de la journée organisée par le Cerel à Rennes. « Les exploitations laitières bretonnes ont su s'adapter aux changements de fond d'ordre sanitaire, réglementaire et économique. Elles ont fortement évolué. » La ferme laitière de 280 000 litres en moyenne en 2004 produit aujourd'hui 402 000 litres avec une surface en hausse de 30 %. « On a vu émerger les élevages de 80 vaches : ils représentent 13 % des troupeaux aujourd'hui contre 2 % en 2004. »
En dix ans, la Bretagne produit 11 % de lait en plus avec un tiers d'exploitations laitières en moins. La productivité par vache a gagné 500 kilos à quantité de concentré constante. À rendements égaux, les apports d'azote ont diminué de 15 unités par hectare. La part de SFP dans la SAU est restée relativement constante, mais le système fourrager s'est fortement modifié avec un renforcement de la part du maïs. Le pâturage a perdu du terrain (- 400 kg d'herbe par vache par an) avec l'agrandissement des troupeaux et la diminution des surfaces accessibles. « Alors que les deux tiers des élevages fermaient le silo au minimum quinze jours-trois semaines, 72 % ne le ferment plus aujourd'hui ».

Le volume de lait par UTH a progressé de 33 % en dix ans


La dynamique d'investissements a été soutenue : « 4 300 projets bâtiment ont été conduits en dix ans, ce qui représente près d'un tiers des exploitations actuelles. Un élevage sur cinq a renouvellé son équipement de traite. Aujourd'hui, la moitié des installations neuves sont des robots », a précisé Jacques Lefranc.
Si le volume de lait par UTH a progressé régulièrement sur dix ans, « l'EBE a évolué de façon plus contrastée avec une forte variabilité selon les années et entre exploitations ». En 2012-2013, l'EBE moyen s'élève à environ 33 000 EUR/UTH pour 225 000 litres de lait et une annuité de 16 000 EUR/UTH. « Les écarts sur l'EBE lait sont considérables : 95 EUR/1000 l (entre le quart supérieur et le quart inférieur) sur une moyenne d'EBE (hors DPU) à 110 EUR/1000 l ».
Et Jacques Lefranc de conclure : « Quelle que soit la stratégie retenue -- recherche de volume, d'efficience ou de différenciation --, l'efficacité viendra de la cohérence des projets d'entreprise et d'une exigence renforcée en matière de maîtrise technique et économique ».

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