Réussir lait 29 octobre 2015 à 08h00 | Par Véronique Rychembusch

Trévarez 2015 : 3 paddocks par jour pour les vaches au robot

Pour fluidifier la circulation des vaches en régime 100% pâture au robot de traite, une nouvelle organisation du pâturage a été mise en place, avec des effets prometteurs mais à confirmer.

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En 2015, la petite cinquantaine de vaches en pâture traites au robot avaient accès à 3 paddocks par 24 h pour les inciter à circuler.
En 2015, la petite cinquantaine de vaches en pâture traites au robot avaient accès à 3 paddocks par 24 h pour les inciter à circuler. - © Chambre d'Agriculture de Bretagne

« Concilier robot de traite et pâturage nécessite d’optimiser la circulation autonome des vaches entre les parcelles et le robot », rappelle Valérie Brocard à l’Institut de l’élevage. En 2014, l’organisation du pâturage adoptée sur le site estival consistait à proposer aux vaches deux paddocks par 24 h : un pour le jour, accessible à partir de 7 h du matin, et un autre pour la nuit, à partir de 17 h. Satisfaisant en terme de temps de travail, ce système se traduisait néanmoins par une absence de traites de nuit et la création de deux vagues d’arrivée des vaches au robot, aux heures de changement de paddock. Cela engendrait pour certaines vaches des intervalles de traite longs et irréguliers (13 heures en moyenne, avec des écarts de +/-5 heures) et des temps d’attente au robot élevés, 2h30 en moyenne, préjudiciables au bien-être animal et au temps disponible pour pâturer. Pour pallier à ces inconvénients, une nouvelle organisation, inspirée de ce qui se pratique dans les pays ayant des robots de traite en système très pâturant a été mise en place en 2015, avec passage de 2 à 3 parcelles offertes par 24 h. « L’idée était de fractionner davantage la quantité d’herbe offerte sur la journée pour stimuler le retour des vaches sur la plateforme du robot, passage obligé pour changer de parcelle, en gommant ainsi une partie des pics de fréquentation et en réduisant les temps d’attente individuels. »

La répartition des traites s’est un peu lissée

Le parcellaire a donc été réaménagé en trois zones, desservies chacune par un chemin. Et un carrefour a été créé à l’aide de portillons anti-retour près de l’aire d’attente pour que les chemins des zones « nuit » et « après-midi » puissent se croiser. Les horaires de changement de paddock ont été fixés à 5 h, 14 h et 21 h. « Après la phase d’adaptation des animaux au niveau système, la répartition des traites s’est un peu lissée par rapport à 2014, avec notamment davantage de traites de 22 h à minuit et moins de pics de 17h à 20 h puisqu’avec le deuxième paddock proposé à partir de 14 h certaines vaches commençaient à remonter vers le robot. Il en restait cependant toujours quelques unes à pousser 1 jour sur 3, pour les faire passer du paddock d’après-midi au paddock de nuit », remarque Valérie Brocard. Sans doute en raison d’une quantité d’herbe offerte trop importante. L’expérience des néozélandais, australiens et irlandais montre en effet que c’est la faim qui fait sortir les vaches des parcelles. « Et il semble que pour une circulation fluide des animaux, la quantité d’herbe allouée par repas doive être inférieure à 6 kg de MS/vache. » L’organisation du pâturage en trois paddocks par jour va donc être reconduite en 2016, « en essayant de faire en sorte que la hauteur d’herbe dans chaque parcelle à l’entrée des vaches ne dépasse pas 10 à 12 cm, ce qui n’était pas forcément le cas cette année. Et les observations seront réalisées sur une période plus longue. Sur 2015, en effet, compte-tenu notamment du retour prématuré du robot de traite au bâtiment début juillet, par manque d’herbe, la durée de suivi n’a été que de cinq semaines, ce qui est trop court pour pouvoir véritablement en mesurer tous les impacts. »

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