Machinisme 18 septembre 2013 à 17h12 | Par Michel Portier

Traite - La robotisation du roto pour les très grands troupeaux

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L'automatisation des manèges de traite semble être réservée à de très grosses structures où prime la contrainte de la main d'oeuvre.
L'automatisation des manèges de traite semble être réservée à de très grosses structures où prime la contrainte de la main d'oeuvre. - © Delaval

Avec l’agrandissement des élevages, la gestion de la main d’oeuvre peut devenir un aspect limitant de la traite avec un roto. Tâche peu valorisante imposant une seconde personne en traite extérieure, le trempage en sortie de roto peut désormais être réalisé par un robot.

Précurseur dans le domaine avec son système SR1, Boumatic ne l’a pour l’instant pas encore vendu en France. Rentable pour des troupeaux de plus de 200 vaches, ce dispositif est surtout présent en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Il est proposé en trois versions pour des temps d’application de 6 à 13 secondes par poste.

Second robot de trempage sur le marché, le TSR de Delaval fonctionne à l’état de présérie dans quatre pays et sera commercialisé en France en 2015.

Quant au belge Fulwood Packo, il propose un automate aux mouvements beaucoup plus simplifiés que les deux précédents, qui n’est pour l’instant pas commercialisé en France.

Ce type de robot a aussi l’avantage de réduire la quantité de produit de trempage et d’être plus efficace que des buses positionnées au sol. Il est en revanche difficilement compatible avec des produits épais.

Autre façon d’aborder la protection des trayons, GEA commercialisera l’année prochaine son dispositif de trempage via le faisceau trayeur. Baptisé Apollo, ce système s’intègre à la griffe IQ du constructeur allemand et évite la contrainte d’un automate supplémentaire.

Pas encore d’automate installé en France

Solution plus radicale, le roto robotisé AMR de Delaval permet de supprimer totalement la tâche de la traite. Ce roto intérieur 24 postes équipé de cinq bras robotisés est destiné à des élevages de 300 à 800 vaches. Sept installations fonctionnent à travers le monde, dont deux en Allemagne. Sa commercialisation est prévue en France fin 2014.

Autre solution présentée l’an dernier sous le forme de concept, le Dairy-ProQ de GEA est un module de traite robotisée adaptable sur chaque poste d’un roto, le bras de l’automate s’intègrant dans la paroi séparant les vaches. Son fonctionnement est ainsi indépendant de la rotation du manège. Sa commercialisation n’est pour l’instant pas prévue.

Trouver le bon compromis entre débit et confort de traite

Outre son débit de traite, la salle de traite rotative est souvent mise en avant pour améliorer le confort du trayeur dans les grands troupeaux, en réduisant ses déplacements et son temps de travail. Toutefois, avec l’augmentation de la taille des troupeaux, les cadences et les durées de traite peuvent devenir épuisantes pour un seul trayeur, du fait d’un roto surchargé ou trop grand. Le nombre limite de poste dépend de la routine de traite : un trayeur qui prépare la mamelle, branche et réalise le trempage en fin de traite dans un roto intérieur sera déjà bien occupé dans un 24 postes. Alors qu’un trayeur qui ne fait que brancher sur un roto extérieur pourra utiliser la capacité de la plateforme jusqu’à 40 postes.

Le type de roto – en traite intérieure ou extérieure - continue de faire débat sur le confort de travail. Les partisans de la traite intérieure apprécient de pouvoir contrôler les animaux durant toute la traite et faire le trempage ou traiter les vaches en fin de traite. En revanche, cela augmente ses déplacements. À l’origine, les rotos intérieurs ne proposaient qu’une traite en épi sur le côté. Mais sous l’impulsion de Boumatic qui offre les deux modes de traite sur son roto intérieur, la traite par l’arrière intéresse de plus en plus d’éleveur. Deux autres constructeurs (Packo et SAC Christensen) proposent d’ailleurs cette configuration. Principale limite de la traite intérieure, l’accès au roto n’est pas direct, compliquant la sortie du trayeur pendant la traite.

Au contraire, en traite extérieure, le trayeur a plus facilement accès à l’aire d’attente ou à la laiterie. L’agencement plus compact des animaux permet d’augmenter le débit de traite, mais l’absence de suivi des animaux durant la traite implique généralement plus d’automatismes. La gestion du deuxième tour est d’ailleurs de plus en plus demandée. Principale limite de la traite extérieure, le trempage impose une deuxième personne ou un automate.

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