Réussir lait 07 août 2017 à 08h00 | Par V. Rychembusch

Tests pendant la traite : au plus près du trayon

Lors de problèmes de cellules et/ou de mammites difficiles à résoudre, les tests dynamiques de traite peuvent permettre de détecter certaines anomalies qui ne pourraient pas l’être autrement.

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LE TEST DYNAMIQUE DE TRAITE, ICI RÉALISÉ AVEC UN PULSOGRAPHE, permet de contrôler les niveaux et variations du vide, déterminants pour la santé des mamelles.
LE TEST DYNAMIQUE DE TRAITE, ICI RÉALISÉ AVEC UN PULSOGRAPHE, permet de contrôler les niveaux et variations du vide, déterminants pour la santé des mamelles. - © GDS Bretagne

Les tests pendant la traite — appelés aussi tests dynamiques de traite — permettent d’analyser grâce à des équipements spécifiques ce qui se passe pendant la traite à différents endroits de l’installation, et notamment sous le trayon. Ils peuvent ainsi permettre de détecter des anomalies non visibles lors des contrôles machine à traire classiques ou d’affiner les réglages de la machine pour qu’ils soient vraiment adaptés à l’élevage, en fonction du matériel utilisé et de la configuration de l’installation, des caractéristiques des vaches (plus ou moins productives, donnant leur lait plus ou moins rapidement…) ou encore des pratiques des trayeurs.

À la différence des contrôles machine à traire «classiques» Certi’Traite et Opti’Traite qui se font à sec, ces tests ont lieu en présence des vaches de l’élevage, avec du lait en circulation dans l’installation et en prenant en compte les pratiques du (des) trayeur(s).

Pour des problèmes complexes

Les tests pendant la traite sont donc des outils de diagnostic pointus. «Mais pour qu’ils apportent une réelle valeur ajoutée, leur utilisation doit être ciblée, souligne Jean-Louis Poulet, chef de projets R & D traite à l’Institut de l’élevage.Ce n’est pas un test à utiliser en première intention mais plutôt à réserver aux élevages ayant des problèmes de mammites ou de cellules difficiles à régler.»

Le GDS Bretagne, par exemple, qui pratique ce type de test depuis une vingtaine d’années, l’utilise «dans les élevages en suivi santé mamelle dont la machine à traire a été vérifiée mais pour lesquels les observations réalisées pendant la visite de traite, notamment des lésions de trayons ou des glissements de manchons trop fréquents, suggèrent un effet négatif de cette traite sur la santé des mamelles», explique Daniel Le Clainche, référent technique pôle technique et innovation au GDS Bretagne.

Suivi de la pulsation, du vide et des débits de lait

«Les tests pendant la traite consistent généralement à vérifier, en conditions de traite, les niveaux et variations du vide et des débits de lait et éventuellementla pulsation», explique Jean-Louis Poulet. Les mesures peuvent être réalisées en plusieurs points de l’installation : au niveau de l’embouchure du manchon, sous le trayon (dans le tuyau court à lait), en sortie de la griffe et dans le lactoduc.

«Le vide appliqué sous le trayon est déterminant de l’effet de la traite sur la santé de la mamelle, rappelle l’ingénieur. Ce que l’on recherche, c’est une traite complète, rapide mais douce. Le niveau de vide doit être suffisant pour avoir une bonne tenue des faisceaux, mais pas trop élevé pour ne pas faire souffrir les trayons.»

Les mesures réalisées associées à l’observation des animaux et des trayons vont permettre de voir si ce vide est confortable ou non pour les vaches. «Mais on va également s’intéresser aux variations de ce niveau de vide pendant la traite, explique Jean-Louis Poulet.

Le niveau de vide varie avec la pulsation. "Mais l’amplitude de ces variations cycliques doit rester limitée. Et on ne doit pas observer non plus lors des mesures réalisées, de variations importantes du vide indépendantes de la pulsation et de l’écoulement normal du lait. Ces variations acycliques et/ou irrégulières peuvent être liées à des entrées d’air ‘anormales’ ou un écoulement du lait non régulier, suite, par exemple, à des phénomènes d’engorgement. Et ces anomalies peuvent générer des phénomènes comme l’impact ou la traite humide pouvant avoir un effet négatif sur la santé des mamelles."

Lorsque ces variations de vide sont repérées, l’opérateur va essayer d’en déterminer les causes pour les corriger. Complémentaire aux mesures de vide, le suivi des débits de lait est parfois réalisé pour voir comment se fait l’éjection du lait (ce qui renseigne sur la qualité de la préparation de la mamelle), de suivre la circulation de ce lait dans l’installation et aussi de mettre clairement en évidence les phénomènes de surtraite.

Des conditions rigoureuses

Contrairement à ce qui se passe pour les tests à sec, il n’existe pas de normes officielles pour l’interprétation des données obtenues lors des tests dynamiques de traite. Les recommandations de réglages ou de modifications à apporter à l’installation de traite se font d’après l’expérience et l’expertise de la personne qui a réalisé les mesures. «Lorsque nous proposons un changement de réglage suite à un test pendant la traite, c’est toujours en concertation avec l’installateur», précise Daniel Le Clainche.

Lire la suite dans la revue n°315 pages 42 à 44, avec la fin de l'article et le témoignage d'un éleveur.

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