Réussir lait 04 novembre 2016 à 08h00 | Par J.-M. Nicol

« Son coeur sur ma main »

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Deux mois plus tard et plutôt en forme.
Deux mois plus tard et plutôt en forme. - © J.-M. Nicol

« Voilà une primipare au 4e mois de lactation dont la production dévisse en quelques jours et qui cet après-midi, alors que des vaches squattent l’emplacement du brumisateur pour se rafraîchir, accuse un 40°7 de température en plein été ; disons plutôt un petit 40° après correction des variations saisonnières. Pas bien fringante quand même, avec le rumen bien plat, de la bouse normale et de rares contractions ruminales.

Après avoir écouté le rumen, je transfère le stéthoscope vers l’emplacement du coeur et cherche un bruit cardiaque bien frappé juste en arrière du coude gauche mais je ne l’entends pas. Au passage mon regard se pose sur la veine jugulaire beaucoup trop gonflée. Je quitte le côté gauche pour le côté droit et là j’entends trop distinctement des battements cardiaques complètement affolés. Ça se précise… Je repars à gauche. Pas de doute, je n’entends quasiment pas le coeur désormais emballé dans une grande quantité de jus purulent.

Un corps étranger est sans doute à l’origine d’une péricardite dont cette vache visiblement inquiète va mourir.

UN SEAU DE JUS

Soit elle en meurt, soit je tente l’opération de la dernière chance avec l’objectif d’en faire une réforme à moyen terme si elle passe le cap et évite les embûches. Banco ! Je l’entoure d’un protocole antalgique, coupe une côte pour accéder au péricarde, suture le péricarde aux muscles costaux et l’ouvre pour le vidanger. Il coule un plein seau de liquide purulent. Je passe la main le long du coeur, je décolle la fibrine qui tapisse le péricarde et lave le tout sans y trouver le corps étranger. Elle aurait très bien pu nous lâcher là mais elle a bien résisté de sorte qu’après des soins locaux contraignants, elle remonte à 30 kg et deux mois plus tard elle a repris de l’état corporel tandis que la plaie se comble tranquillement. Elle était descendue bien bas et aurait bien pu y rester mais elle est vaillamment repartie. Voilà un bel exemple à suivre… Le moral des éleveurs et le prix du lait n’ont plus qu’à l’imiter ! »

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Avez-vous investi dans un taxi lait ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui