Réussir lait 15 juin 2005 à 14h58 | Par Denis Lucas

Séchoir pour balles de foin - Choisir son équipement en fonction du type de ventilation et de traitement de l´air

Les séchoirs de balles proposés sur le marché présentent des conceptions très variables. Utilisés de façon très diverse, ils ne permettent pas tous d´atteindre les mêmes performances.

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Le terme « séchoir de balles de foin » regroupe des dispositifs très différents en termes de conception et de performances de séchage. Les différences se font au niveau du principe de ventilation et du système de traitement de l´air.
Du monoflux simple au double flux
Dans un séchoir dit « monoflux », on souffle de l´air uniquement par-dessous la balle. C´est le système que l´on retrouve notamment dans les installations auto-construites et dans certains séchoirs commercialisés (marques Zumstein et Agricompact). Le principal avantage du monoflux est un investissement modéré, notamment en auto-construction. On peut placer l´installation sous un appentis pour favoriser le recyclage de l´air.
Pour obtenir de bons résultats avec ce type de séchoir, il est nécessaire de manipuler les bottes pour les retourner sinon le séchage est très hétérogène, ce qui pose des problèmes de conservation.
En positionnant un couvercle ou d´autres bottes au-dessus des premières, il est possible d´améliorer le rendement de l´installation en forçant l´air à traverser la botte de façon radiale (du milieu vers les bords) et non seulement du bas vers le haut. Le gain se situe principalement au niveau de l´homogénéité de séchage et donc de la limitation de la manutention.

Le principe du « mono flux inversé » est d´empiler deux balles et d´envoyer de l´air à la fois depuis le haut et depuis le bas de la pile. Les deux flux d´air se rencontrent ce qui crée un recyclage de l´air. Le rendement est amélioré en diminuant le temps de séchage et les manutentions. C´est le système développé par le constructeur Clim Air. Il existe également des séchoirs mono-flux inversé pour le séchage de bottes carrées, où il est plus facile d´obtenir un séchage homogène qu´en bottes rondes.
Dans un séchoir « double flux », chaque balle bénéficie d´un flux d´air par le haut et par le bas. Proposé par les sociétés Inventagri et Feraboli, ce principe permet d´augmenter les performances par rapport au système précédent.

De l´air réchauffé ou déshumidifié
Pour obtenir de bons résultats, l´air qui va sécher le fourrage doit obligatoirement être traité afin d´augmenter son pouvoir évaporant. Pour cela, il est possible de chauffer et/ou de déshumidifier l´air. Le fonctionnement en air ambiant ne sera intéressant que pour « sauver » de petites quantités de fourrage sur de courtes périodes.
Les systèmes utilisant le fioul comme énergie sont les plus répandus et se présentent sous la forme d´un brûleur avec un échangeur de chaleur. Ils se trouvent directement installés sur des système commerciaux mais peuvent également s´acheter indépendamment pour des séchoirs auto-construits. Le système fioul est peu coûteux pour des brûleurs indépendants (1500 à 4500 euros selon la puissance) et s´avère simple de fonctionnement.
Son principal inconvénient est la forte consommation de fioul. Le coût de fonctionnement est généralement compris entre 1,2 et 1,5 centime d´euros par kilo de matière sèche. Si on veut sécher très vite il faut chauffer beaucoup, ce qui entraîne une forte consommation. De plus, en chauffant fort (augmentation de 10 à 20 degrés de la température de l´air), il peut y avoir un début de destruction des protéines.

Le capteur solaire, que l´on trouve surtout en auto-construction, réchauffe l´air de 4 à 5 degrés. Il double le pouvoir évaporant de cet air par rapport à l´air ambiant mais reste moins performant que les autres systèmes et est dépendant des conditions météo. Il a l´avantage de ne rien coûter en fonctionnement.
Le déshumidificateur, proposé par la société Oddéis, est un système plus performant. Il déshumidifie l´air par refroidissement et les calories récupérées servent ensuite à réchauffer l´air asséché. C´est un système qui fonctionne selon un principe proche de celui d´une climatisation. L´air qui sort du déshumidificateur est très sec et réchauffé de 5 à 10 degrés. Le pouvoir évaporant de cet air est très élevé.

Ce système est relativement onéreux en investissement. Il faut compter de 30 000 euros pour les petites installations (16 balles rondes) à 60 000 euros voire plus pour les grosses installations (48 balles rondes). Le déshumidificateur nécessite une puissance électrique importante qui oblige parfois à tirer une nouvelle ligne électrique pour l´exploitation. En revanche, le coût de fonctionnement par kilo de matière sèche est plus faible qu´avec du fioul.
Le rendement de ce système est d´autant meilleur que l´air ambiant est humide (période de pluie). Pour la même consommation électrique, on aura d´autant plus d´humidité enlevée à l´air que celui-ci est humide à l´origine. Même quand il pleut on aura donc un air très sec alors qu´à la sortie d´un réchauffeur d´air à fioul, l´air sera plus chaud mais toujours humide en période de pluie.

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