Réussir lait 03 juin 2016 à 08h00 | Par Dossier de la rédaction

Se spécialiser ou se diversifier ?

Avoir plusieurs ateliers permet de limiter l’impact de la volatilité des prix. Se concentrer sur la production laitière a d’autres atouts. Un choix stratégique à réfléchir dans sa globalité.

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- © F. Mechekour, E. Bignon, G. Omnès

La France se distingue par la diversité de ses exploitations laitières et de ses systèmes de production.

À l’instar des élevages spécialisés des Pays-Bas, certains éleveurs ont fait le choix de se concentrer sur une seule production, comme l’EARL de Courtais en Loire- Atlantique, pour favoriser une meilleure productivité et organisation du travail. Celles-ci vont au bout de leur logique et n’hésitent pas à déléguer les travaux des champs.

D’autres exploitations présentent un système plus diversifié basé sur la polyculture-élevage. C’est une spécificité française. L’Institut de l’élevage avait pointé il y a quelques années les avantages que présentait ce type de système notamment d’un point de vue économique. Même si la complémentarité entre productions, qui constitue pourtant un atout de taille, n’est pas forcément exploitée à sa juste mesure. L’un des principaux atouts de ces systèmes mixtes repose sur leur capacité à mieux résister aux aléas économiques. Développer les cultures en parallèle de l’élevage les rend plus autonomes et réduit leur sensibilité face à la volatilité des prix. Ces exploitations présentent aussi des avantages sur le plan environnemental (meilleure valorisation des effluents, réduction de l’usage aux phytos, diversité de cultures…).

La diversification revêt aussi d’autres visages : ateliers hors-sol, ovin, transformation fermière, méthanisation, agrotourisme… Dans ce dossier, plusieurs reportages témoignent des avantages et inconvénients que présente une activité complémentaire. Celle-ci permet de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et parfois aussi de mieux valoriser des moyens de production. Au-delà des aspects économiques, l’envie de se lancer dans un nouveau challenge, d’apprendre autre chose apparaît l’un des moteurs essentiels. Le tout est de ne pas se lancer dans la diversification pour de mauvaises raisons.

Elle peut s’avérer une bonne solution seulement si initialement les performances sur l’atelier lait sont bonnes et si les conditions de réussite sont réunies. La première concerne l’investissement et l’estimation du montant du projet et du niveau d’aides. Les dépassements de budget risquent de peser sur la rentabilité. Il ne faut pas sous-estimer non plus le fait que l’activité monte en puissance crescendo. La phase de transition nécessite une avance de trésorerie non négligeable. Enfin, le facteur surcroît de travail apparaît essentiel pour éviter de s’éparpiller et voir ses résultats baisser.

SOMMAIRE DU DOSSIER

PAGE 30 : À l’EARL Bril Odienne dans l’Eure - « Nous misons sur la complémentarité entre les cultures et l’élevage »

PAGE 34 : À l’EARL de la Courtais en Loire-Atlantique - « Je délègue les cultures à une entreprise »

PAGE 36 : Au Gaec du Bahac en Ille-et-Vilaine - « Nos brebis mangent comme les vaches »

PAGE 38 : Au Gaec de la Ferme du Tout Vent dans le Nord - « Nous transformons 450 000 litres de lait à la ferme »

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