Réussir lait 09 décembre 2016 à 08h00 | Par Costie Pruilh

Risques et opportunités des investissements chinois

Débouchés d'avenir, valeur ajoutée restant aux Chinois... Que penser des investissements chinois en France ?

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L'usine de lait infantile Synutra de Carhaix dans le Finistère représente un investissement chinois de 170 millions d'euros, pour une capacité de transformation de 700 à 900 000 l de lait par jour.
L'usine de lait infantile Synutra de Carhaix dans le Finistère représente un investissement chinois de 170 millions d'euros, pour une capacité de transformation de 700 à 900 000 l de lait par jour. - © Marion Le Duc / SynutraFranceInternational

" Depuis la fausse alerte au botulisme chez Fonterra (Nouvelle-Zélande), les Chinois investissent partout, en Océanie encore, mais aussi en Europe, en Amérique du Nord, pour diversifier les origines du lait. Ils achètent des fermes, des usines, montent des partenariats avec des industriels étrangers. Les industriels chinois cherchent du lait de qualité qui rassure les consommateurs chinois, en quantité, et moins cher que le lait chinois (460 euros/t fin août). La France a des atouts pour répondre à ces critères", explique Jean-Marc Chaumet, agro-économiste à l'Institut de l'élevage.

Peu de risques de faillites chinoises

L'investissement des Chinois en France et la conclusion de contrats sur des durées de plus de dix ans permettent aux Chinois et aux Français de sécuriser leurs engagements. Les Chinois sécurisent leurs approvisionnements. Les Français sécurisent leurs débouchés. Ce type d'engagement limite le risque de fluctuation de la demande chinoise. Les investissements se font avec des partenariats plus ou moins structurés. "A l'extrême, quand on a une usine 100% chinoise qui sort des produits sous marque chinoise, la valeur ajoutée reste chez l'industriel chinois. A l'inverse, un industriel français qui investit tout seul prend plus de risques, par rapport aux désengagements de clients, mais toute la valeur reste dans l'entreprise française", présente Yves Trégaro, économiste à FranceAgriMer. "Le risque de faillite des entreprises chinoises, et donc leur désengagement, semble moins réel qu'il y a deux ans, quand les effets de la crise de la mélamine de 2008 n'étaient pas encore cicatrisés, estime Jean-Marc Chaumet. Si tout se passe bien, cela aura un effet bénéfique sur l'image du lait français, qui permettra plus facilement de s'implanter en Chine par la suite."

Ailleurs en Europe

"Au Danemark, Biostime (qui a aussi investi à Isigny sainte mère) a co-investi avec Arla Foods pour agrandir une usine d'Arla. Un contrat de dix ans (à partir de 2012) a été conclu pour 20 000 tonnes de poudre de lait par an. Beingmate, un fabricant de poudre de lait infantile, a investi en Finlande, aux Pays-Bas, et en Irlande en 2012 avec la coopérative Kerry sur un volet production et recherche et développement. Autre exemple, aux Pays-Bas, Aus Nutria a racheté un transformateur de lait de vache biologique et de lait de chèvre en poudre infantile notamment, en 2011", cite Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste à l'Institut de l'élevage.

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