Réussir lait 01 avril 2013 à 11h21 | Par Gaëtan Coisel

Pulvérisation - Les avantages d’une coupure automatique de tronçons

Plus performant qu’une coupure manuelle, le pilotage automatique des tronçons par GPS permet, suivant les parcelles, d’économiser environ 3 % d’intrants.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le prix d'un système complet de coupure de tronçons automatique varie de 3 000 à 6 000 euros.
Le prix d'un système complet de coupure de tronçons automatique varie de 3 000 à 6 000 euros. - © Tecnoma

La progression du prix des intrants (phytos et azote liquide), ainsi que les nouvelles exigences environnementales, justifient une parfaite maîtrise de la pulvérisation. Or, même avec l’aide d’un système de guidage, il n’est pas toujours évident de gérer les fourrières, les pointes ou encore certains obstacles en plein milieu de champ. Ce phénomène est d’autant plus important que la rampe est large. On sait également que dans les régions d’élevage, le parcellaire est souvent plus petit et la forme des parcelles biscornues. Même si la coupure de tronçons s’est d’abord généralisée en régions de plaine, elle se justifie d’autant plus dans ces zones de polyculture-élevage. Arvalis-Institut du Végétal s’est penché sur la question, en comparant le gain et l’efficacité de systèmes manuels et automatiques. Après interprétation des résultats, Caroline Desbourdes estime un gain de produits phytosanitaires de l’ordre de 3 %, en conditions réelles d’utilisation.

La coupure de tronçons est basée sur le positionnement GPS

Les dispositifs de gestion automatique de l’ouverture et de la ferme- ture de tronçons sont basés sur le positionnement GPS. Ce dernier, obtenu par une antenne de localisation, est transmis à un boîtier de contrôle et d’affichage, qui est lui-même relié au boîtier de régulation du pulvérisateur. Certains constructeurs intègrent directement le dispositif dans le terminal de contrôle de l’appareil. À noter que tous les systèmes sont en mesure de récupérer le signal GPS d’une antenne déjà utilisée pour une barre de guidage. « En termes de précision, la plupart des utilisateurs utilisent les corrections Egnos ou SF1 largement suffisantes. Ces dernières offrent des niveaux de précision de l’ordre de 10 à 15 centimètres pour une vitesse d’avancement d’environ 12 km/h », explique Caroline Desbourdes. Concernant l’équipement du pulvérisateur, il est préférable d’opter pour un modèle équipé d’une circulation continue qui offre une plus grande réactivité à l’ouverture comme à la fermeture de la pulvérisation. Pour les appareils équipés d’une circulation semi-continue, il est toujours possible de la transformer en une circulation continue, mais ce procédé est souvent laborieux et onéreux. L’autre solution consiste à gérer le recoupement en temps et en distance en fonction du délai d’ouverture et de fermeture des vannes. Cette solution peut imposer à l’utilisateur de respecter toujours la même vitesse de travail, ou de paramétrer le GPS en fonction, pour éviter à nouveau d’éventuels manques ou surdosages. Quoi qu’il en soit, « tout montage a posteriori est possible à partir du moment où le pulvérisateur est au minimum équipé de commandes électriques et d’une régulation DPAE », souligne Sébastien Ameline, de la société Hardi-Evrard. Ce procédé reste souvent plus onéreux qu’un montage d’usine. Cela s’explique bien souvent par le coût de main-d’œuvre supplémentaire.

L’utilisateur doit déterminer le taux de recouvrement

Dans le fonctionnement, le système enregistre les zones traitées au fur et à mesure de l’évolution du pulvérisateur dans la parcelle. Il active ensuite automatiquement la fermeture et l’ouverture des tronçons en fonction de la configuration de la parcelle et de la trajectoire de la rampe. Sachant que l’information GPS n’est pas captée au niveau de la rampe, un paramétrage est nécessaire pour tenir compte du décalage entre la position de l’antenne et celle de la rampe. L’utilisateur peut en général choisir son taux de recouvrement – de 0 à 100 % – pour définir si la coupure du tronçon intervient en début, au milieu ou en fin de croisement du tronçon (triangle de croisement ou de manque). Certains constructeurs vont plus loin en proposant une coupure buse par buse. En plus d’un gain en intrant de l’ordre de 3 à 5 %, avancé par les constructeurs, le système automatique de coupure de tronçons évite les surdosage en fourrière, ce qui limite la verse des cultures et favorise le rende- ment. Dernier point non négligeable, le confort de travail progresse nettement pour l’utilisateur qui n’a plus à se soucier de la coupure de ses tronçons de rampe. Il peut se concentrer sur sa conduite et intervenir en conditions limites de visibilité. Ces périodes sont d’ailleurs souvent les plus favorables, l’hygrométrie étant élevée et le vent quasi-nul. Par ailleurs, la coupure de tronçons est un instrument très utile dans le cas d’application bas volume, à vitesse élevée.


Retrouvez la suite de l'article dans le numéro d'avril 2013 de Réussir Lait et Réussir Bovins viande

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

ALIOU SOW | 08 avril 2013 à 21:47:58

merci pour le développement et on aimerait avoir des exemples dans les pays tropicaux ou au sud du sahara

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Machinisme agricole

Question du mois

Misez-vous davantage sur le pâturage ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui