Réussir lait 03 mai 2016 à 08h00 | Par Dossier de la rédaction

Passer en bio, c'est pas si facile !

Avec la crise du lait conventionnel, il peut être tentant de foncer tête baissée vers la bio. Avant de relever le défi, mieux vaut évaluer sa « biocompatibilité ».

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Rechercher un maximum d'autonomie.
Rechercher un maximum d'autonomie. - © F. Mechekour

Depuis fin 2015, les organismes de développement de la bio (GAB, Civam, chambres d’agriculture, contrôle laitier…) reçoivent beaucoup de demandes d’informations et de diagnostics.

Cet afflux s’explique par la crise que traverse la filière laitière conventionnelle. Et les transformateurs ont relancé des conversions, avec des primes de 30 ou 50 euros pour 1 000 litres. La demande est en effet en croissance en produits laitiers bio, sur le marché français et à l’export (lire Réussir lait n° 300, page 8).

L’association Lait bio de France — qui regroupe des OP et des associations de coopérateurs — milite pour un marché équilibré et s’inquiète du boom actuel de demandes de diagnostics. Elle craint un surplus de conversions en 2016, qui amène trop de lait en 2018 et déstabilise la filière. « Les éleveurs qui se lancent cette année vont entamer leur conversion alors que le prix du lait est très bas en conventionnel. Or une conversion induit des bouleversements qui peuvent perturber l’efficacité économique du système en transition, surtout si elle est brutale et mal anticipée », ajoute Patrice Lefeuvre, président de Lait bio de France.

Autre sujet d’inquiétude, le niveau des aides à la conversion et au maintien en bio. Dans les régions, les enveloppes ont été prévues en fonction du rythme de conversion des années précédentes. Dans certaines régions, le niveau d’aide est incertain.

De nombreux organismes proposent un appui (diagnostic de faisabilité…) pour vous aider dans l’élaboration d’un projet viable, quitte à le retarder un peu. Par ailleurs, les éleveurs qui veulent aujourd’hui passer en bio sont plus fréquemment qu’hier intensifs à l’animal et à la surface. Ces conversions sont les plus délicates. Il faut souvent remettre à plat le système.

Nous avons choisi de faire témoigner des éleveurs qui ont franchi avec succès ce cap en décryptant leur parcours et l’impact technico- économique de la conversion sur leur exploitation. Parcours jonché de bonnes surprises, notamment en termes de gestion sanitaire, et parfois de moins bonnes du côté des stocks fourragers et de la baisse de production, surtout quand on part de vaches à 9 000 kg de lait.

Les spécialistes du bio rappellent que quelles que soient les caractéristiques de l’exploitation, pour être rentable, le bio rime avec recherche de maximum d’autonomie.

Enfin, comme le disent nombre d’éleveurs bio, pour réussir sa conversion, il faut être prêt dans sa tête !

SOMMAIRE du dossier

Page 28 - Cahier des charges : Des exigences réglementaires à bien connaître et à anticiper

Page 32 - Un processus en six étapes : Une conversion dure dix-huit mois ou deux mois

Page 35 - Au Gaec des jonquilles, dans la Loire : "On s'est donné six mois de réflexion"

Page 36 - Au Gaec du Rocher de Corbinières, en Ille-et-Vilaine : "Il faut avoir de la trésorerie d'avance"

Page 38 - Au Gaec du croquet, dans le Calvados : "Nos vaches sont passées de 8500 à 6000 kg sans souci"

Page 41 - A l'EARL des Erables, en Mayenne : "J'ai attendu d'avoir mûri suffisamment mon projet"

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Toukour (19) | 06 mai 2016 à 09:24:49

Excellent article...

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