Réussir lait 16 janvier 2018 à 08h00 | Par Franck Mechekour

Pas de génotypage pour les croisées

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La question de l'évaluation génétique des croisées devrait commencer à être traitée dans le cadre du programme européen GenTore.
La question de l'évaluation génétique des croisées devrait commencer à être traitée dans le cadre du programme européen GenTore. - © F. Mechekour

Effet d’hétérosis, complémentarité entre les races, attrait pour les vaches type kiwi de Nouvelle-Zélande particulièrement adaptées aux systèmes herbagers… le croisement laitier fait de plus en plus d’émules en France tout en restant encore très minoritaire (5,4 % des inséminations premières (IAP) en 2016), constate Pascale Le Mézec de l’Institut de l’élevage. De son côté, le génotypage des femelles connaît un véritable boom, porté il est vrai par une baisse de son prix (environ 40 euros). « Plus de 350 000 femelles ont été génotypées à la demande des éleveurs entre 2011 et 2016, dont 87 700 femelles rien que pour 2016 », souligne Pascale Le Mézec.

La connaissance précoce du potentiel génétique des animaux (36 index), avec la même précision que pour les taureaux, permet d’optimiser le renouvellement et les accouplements : choix des taureaux, détection de nouvelles souches, utilisation de semences sexées, croisement avec un taureau de race allaitante… De nombreux atouts dont les croisées laitières ne peuvent malheureusement bénéficier faute de population de référence (taureaux et femelles pour certaines races). Cette population est en effet indispensable pour évaluer le potentiel génétique des animaux.

Les Néozélandais génotypent leurs kiwis

« Les Néozélandais génotypent leurs kiwis (croisement Holstein x Jersiaise) parce qu’ils ont une population de référence suffisante pour le faire. En France, les croisées n’ont pas d’OS qui fédère leurs éleveurs et qui les défend. Elles sont diverses et variées dans leur composition raciale, minoritaires et dispersées dans de nombreux élevages. Ce n’est donc pas facile de mettre en place une évaluation génétique. Mais la demande des éleveurs et de certains de leurs organismes se fait plus pressante, et la question est entendue. Reste à savoir quelle réponse elle trouvera dans le nouveau dispositif zootechnique européen", explique Pascale Le Mézec. "La question devrait commencer à être traitée dans le cadre d’un programme européen que nous démarrons (GenTore), mais nous ne pouvons pas à ce jour donner de garantie de résultat", précise Sophie Mattalia de l’Institut de l’élevage.

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