Réussir lait 28 février 2017 à 08h00 | Par Costie Pruilh

"Nous nous sommes approprié le mot biodiversité"

La fruitière à comté des érythrones a fait évaluer la biodiversité de ses fermes. Le but ? Pouvoir parler de ce que les éleveurs font, et le faire savoir.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L'érythrone ? C’est cette belle plante herbacée à fleurs, plutôt rare dans la région du Jura.
L'érythrone ? C’est cette belle plante herbacée à fleurs, plutôt rare dans la région du Jura. - © T. Petit

L’Union régionale des fromages d’appellation comtois (Urfac) s’est saisie de la méthode de l’Institut de l’élevage et a su intéresser des fruitières à comté, comme celle de Vernierfontaine en 2015, et celle des érythrones en 2016, pour caractériser la biodiversité des fermes adhérentes à ces coopératives. La méthode Biotex calcule un indice de biodiversité à partir d’enquêtes sur les pratiques agricoles et de la mosaïque paysagère (importance et dispersion des haies, bosquets, cours d’eau…), pour chaque exploitation et au niveau de la coopérative. Une étude Biotex est en cours dans deux autres fruitières.

"On sent chez nos clients une envie de dialoguer sur nos pratiques, notamment sur celles liées à la biodiversité. Et nous voulons montrer notre travail, en réponse aux images négatives véhiculées par les médias. C’est de là qu’est partie notre motivation à participer à cette étude", plante Benjamin Delesalle, président de la fruitière à comté des érythrones.

Au fait, c’est quoi une érythrone ? "C’est une plante herbacée à fleurs, plutôt rare dans notre région. Quand on porte ce nom, il est naturel de parler biodiversité. En plus, nous sommes en zone Natura 2000. Certains éleveurs sont donc engagés dans des actions favorables à la biodiversité (zéro traitement, fauche tardive…)." La présence de zones de captage joue également sur les pratiques de fertilisation et de traitements phytosanitaires.

Valoriser des pratiques vertueuses

Les 21 exploitations de la coopérative des érythrones (7,2 millions de litres de lait AOP comté) se situent dans le sud du Jura, une région très vallonnée, et se répartissent sur trois vallées, huit communes, entre 300 à 750 mètres d’altitude. "Nous nous attendions à être bien notés en termes de biodiversité, mais on voulait pouvoir mettre des mots et des chiffres sur ce ressenti."

La fruitière affine toute sa production fromagère : comté et comté bio, produits en toute saison, affinés plus ou moins longtemps. Elle a son magasin et assure une présence dans des magasins de producteurs. D’où son envie de mieux communiquer pour valoriser les pratiques des éleveurs. Elle a organisé une restitution publique de ses résultats fin octobre dernier. "Nous avons fait faire une vidéo qui présente les résultats de l’étude. Elle a été diffusée en novembre sur Jura web TV. La presse agricole et locale a également présenté ce travail. Nous avons installé un support de communication dans notre magasin, où nous diffuserons la vidéo. "

La biodiversité n’est pas qu’une question d’image ! Elle a de nombreux intérêts pour l’éleveur. "Avec une cinquantaine d’espèces dans une prairie permanente, la prairie résiste mieux aux aléas climatiques. Et cette richesse fait celle du goût des fromages", souligne l’Urfac. Les haies offrent un confort pour les animaux et une protection contre le vent qui dessèche les prairies. "Nous avons moins de dégâts de campagnols et mulots que sur d’autres territoires, du fait de la présence de renards et de buses qui trouvent refuge dans nos éléments paysagers", ajoute Benjamin Delesalle.

Quelques résultats aux érythrones

L’étude montre une forte présence d’éléments paysagers répartis sur le territoire : haie (157 km), arbre isolé, bosquet (180 ha), bois et forêt (260 km de lisière), ou murger qui un alignement de pierres en bout de parcelle sur lequel poussent des buissons d’épineux.

81 % de la SAU est en prairie permanente (2 602 ha), sans traitement phytosanitaire. Le reste est en prairies temporaires, plus productives pour assurer l’autonomie fourragère des élevages, et en céréales.

87 % des prairies sont gérées de façon extensive (0,77 UGB/ha et 2200 l/ha en moyenne).

La moitié des fermes n’utilisent que des engrais de ferme.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Avez-vous investi dans un taxi lait ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui