Réussir lait 06 novembre 2017 à 08h00 | Par E. Bignon

« Notre premix maison facilite la distribution de la ration »

À l’EARL du Mont Piquant à Villequier en Seine-Maritime, Stéphane Gomont prépare son premix une semaine à l’avance. Une solution technique pertinente qui simplifie le travail au quotidien.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
LE PREMIX EST STOCKÉ SUR UNE DALLE
BÉTON à l’abri sous un bâtiment.
Sa conservation sur une semaine,
voire un peu plus, ne pose pas
de problème.
LE PREMIX EST STOCKÉ SUR UNE DALLE BÉTON à l’abri sous un bâtiment. Sa conservation sur une semaine, voire un peu plus, ne pose pas de problème. - © E. Bignon

Depuis deux ans et demi, Stéphane Gomont a changé ses habitudes de préparation de la ration. Il passe désormais une heure par semaine à confectionner un premix à l’aide de sa mélangeuse, une monovis verticale de 12 m3.

Une fois réalisé, le premix est stocké sur une dalle béton à l’abri, sous un bâtiment, à l’air libre. « Chaque matin, je n’ai plus qu’à taper dans le tas au godet et à charger la quantité voulue dans la mélangeuse avant d’ajouter l’ensilage d’herbe et de maïs », indique l’éleveur à la tête d’un troupeau de 50 Normandes et 35 taurillons.

Le premix rassemble tous les ingrédients de la ration hormis les ensilages. À savoir : les tourteaux de colza et soja, l’orge, l’urée, le minéral, le sel, l’aliment liquide, plus le foin qui sert de support au mélange et l’aliment liquide qui crée le liant.

Stéphane a découvert cette technique chez un éleveur voisin qui pratique ainsi depuis une dizaine d’années. « À l’époque, mon collègue s’est lancé là-dedans avec l’aide de son conseiller Littoral Normand pour limiter le travail du matin car il démarrait une autre activité en parallèle de son exploitation. Il lui fallait rationaliser les tâches. Comme cela a bien fonctionné chez lui, je me suis lancé à mon tour », raconte Stéphane.

Une heure pour préparer une semaine de premix

Un choix qu’il ne regrette pas. « C’est moins de travail chaque jour et surtout moins de pénibilité. Je n'ai plus besoin de porter chaque matin des dizaines de seaux de tourteaux, de céréales… pour les vider dans le godet. »

La composition exacte du premix est recalculée tous les mois par le nutritionniste en fonction de la production et du taux d’urée trié par stade de lactation. Un tableau récapitulant les quantités totales nécessaires pour une semaine est édité et accroché dans le télescopique. « Globalement, le bol tourne moins longtemps qu’avant. Le matin, il fonctionne juste le temps du chargement et de la distribution », indique Stéphane.

- © Littoral normand

En général, le premix préparé ne dépasse pas 3,8 t. « Étant donné le volume de foin nécessaire, il serait difficile de préparer plus de 4 tonnes de premix dans un bol de 12 m3. » Au début, il a fallu adapter la vitesse de rotation de la vis en fonction du poids contenu dans le bol afin que le boulon de sécurité ne saute pas.

« Si on respecte l’ordre de chargement adéquat et la durée de mélange (lire p. 39), le résultat est garanti. Le premix est homogène, il sent bon et se conserve parfaitement, même en été où il est préparé pour 10 à 12 jours. »

Régularité et homogénéité de la ration distribuée

Stéphane mentionne encore un autre avantage. « En préparant le premix à l’avance, il est plus facile de déléguer la distribution de la ration. Quand j’ai dû me faire opérer l’an dernier, je savais que je devrais me faire remplacer pendant trois semaines. Alors, j’avais préparé trois tas de premix, la veille de l’intervention. Cela a facilité la tâche du salarié pendant mon absence et j’étais sûr que les vaches recevraient une ration régulière dans le temps. » Cette solution est aussi une sécurité dans les structures multiassociés, où ce n’est pas toujours la même personne qui distribue la ration.

« La principale contrainte avant de se lancer est de trouver un endroit pour stocker le premix », mentionne Nicolas Clech de Littoral Normand qui a accompagné plusieurs de ses adhérents dans la mise en oeuvre de cette technique. « Par chance, chez nous, la mélangeuse passe, à quelques centimètres près, sous un petit bâtiment de stockage situé entre les deux silos. L’endroit idéal pour le stocker ! », reconnaît Stéphane.

Le seul bémol que relève l’éleveur est que le recours au premix limite le contact homme-animal sur l’atelier taurillons. Ces derniers reçoivent le même premix que les laitières. « Avant, on passait auprès d’eux tous les matins avec les seaux de céréales. Maintenant, ils nous voient moins et viennent moins à nous. » Depuis janvier, les veaux reçoivent eux aussi un premix spécifique (à base de paille, foin, pulpes déshydratées, maïs grain écrasé, colza, soja, aliment liquide et CMV.), préparé toutes les trois semaines. « Là aussi, on peut se faciliter la vie ! », conclut Stéphane.

LIRE LA SUITE dans la revue Réussir Lait n°318 de novembre 2017, pages 38 à 40

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Etes-vous prêt à distribuer un seul repas par jour aux veaux dès la 3e semaine ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui