Réussir lait 05 janvier 2017 à 08h00 | Par Franck Mechekour

"Nos sols à pentes transversales évacuent vite l'humidité"

A la ferme de Genech dans le Nord. L’Institut de Genech a choisi pour sa nouvelle stabulation des sols à pentes transversales avec un drain central pour récupérer les jus. Les bétons sont recouverts d’asphalte ou de tapis.

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LA COMBINAISON DE LA PENTE LONGITUDINALE AVEC LES DEUX PENTES TRANSVERSALES permet d’évacuer rapidement
l’humidité. Mais, elle nécessite un racleur spécifique.
LA COMBINAISON DE LA PENTE LONGITUDINALE AVEC LES DEUX PENTES TRANSVERSALES permet d’évacuer rapidement l’humidité. Mais, elle nécessite un racleur spécifique. - © F. Mechekour

Assurer le confort des animaux avec des techniques innovantes. Tel était l’objectif de Marc Leroy, le responsable de la ferme de l’Institut de Genech. Pour y parvenir, il s’est appuyé sur les conseils de spécialistes bâtiments impliqués dans le projet SolVL financé par le ministère de l’Agriculture et piloté par l’Institut de l’élevage (1).

« L’ISA de Lille nous a beaucoup aidés dans l’élaboration du projet », précise Marc Leroy. Exit l’aire paillée de l’ancienne stabulation. Depuis novembre 2015, les 45 vaches du troupeau (contrat de 365 000 l de lait) sont logées dans une stabulation avec 66 logettes équipées de tapis (200 g/j de paille défibrée apportée en deux fois). Des aires paillées placées à proximité du robot de traite sont destinées aux vêlages, IA, collectes d’embryons, vaches à problème de locomotion…

« Pour lutter contre l’humidité dans un bâtiment, il faut une bonne ventilation et des sols propres », rappelle Benoît Dudant, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais. La ventilation est assurée au minimum par un bardage bois ajouré fixe complété par trois bâches pleines et amovibles (une station météo par bâche) qui s’ouvrent partiellement ou totalement dès que les conditions climatiques sont jugées favorables, en période estivale ou hivernale.

La pente longitudinale reste indispensable

Côté sol, les recommandations « classiques » sont respectées avec une pente longitudinale de 1,6 %. Pour un bâtiment de 60 m de long, cela représente 1 m de dénivelé ! « Nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier d’une pente naturelle »,souligne Marc Leroy. Selon Benoît Dudant, « 1,6 % de pente longitudinale, c’est généralement insuffisant parce que lorsqu’un obstacle se présente, l’humidité stagne. »

D’où l’intérêt de la première grande originalité du projet à savoir compléter cette pente par deux pentes transversales de 2,5 % vers le milieu de chaque couloir. Ces dernières permettent de récupérer les jus dans un drain central. « Jean-Luc Ménard de l’Institut de l’élevage nous a proposé ce système et nous en sommes très satisfaits. Les pieds des vaches sont très propres. Et depuis un an, nous n’avons traité que deux dermatites digitées dont les lésions se sont d’ailleurs très rapidement guéries. Le confort des vaches est assuré. J’ai visité des élevages aux Pays-Bas, où il n’y avait que des pentes transversales. C’était insuffisant pour bien évacuer l’humidité des sols. La pente longitudinale reste indispensable », souligne Marc Leroy.

Le seul bémol relevé par le responsable de la ferme concerne le drain. « Il est en PVC lisse et donc un peu glissant, mais la société CRD qui le fabrique va trouver une solution. »

MARC LEROY, responsable de l’exploitation.
« Avec ce type de sol, les pieds des
animaux sont plus propres qu’avec notre
ancienne stabulation en aire paillée et ils
se déplacent très bien. »
MARC LEROY, responsable de l’exploitation. « Avec ce type de sol, les pieds des animaux sont plus propres qu’avec notre ancienne stabulation en aire paillée et ils se déplacent très bien. » - © F. Mechekour

Le drain central achemine les jus en bout de bâtiment où ils sont récupérés dans un canal composé d’un tuyau enterré de 600 mm de diamètre. Ils sont ensuite évacués vers la fosse à lisier de 1 252 m3.

Un système de flushing pour prévenir le colmatage

Mais, comme la stabulation fait plus de 20 m de large, un système de flushing a été installé pour éviter le colmatage du canal en bout de bâtiment. « Nous avons installé une préfosse de 40 m3 et une pompe qui s’enclenche dès que le racleur arrive en bout de course. »

L’évacuation des jus dans les drains est par ailleurs optimisée par une pièce soudée sous chaque racleur pour éviter son bouchage.

La réalisation de ce type de chantier est très délicate. Elle nécessite des compétences et une bonne coordination entre les différentes entreprises. « Il faut d’abord réaliser un travail en amont avec un bureau d’études pour établir les plans de construction en tenant compte des diff érentes contraintes du terrain, du matériel utilisé (choix du racleur…), parce qu’aucune surface n’est horizontale. Pour les couloirs de raclage, le gros du travail consiste à bien sceller le tube central avec une pente continue de 1,5 %. On peut ensuite couler le couloir de raclage en une seule fois. Puis on coff re pour les espaces logettes et les couloirs d’alimentation », explique Régis Wantier de la société Boulet-Bâtiment.

LIRE LA SUITE dans la revue n°309, janvier 2017, pages 62 à 64

Un couloir d’exercice en asphalte

L’asphalte ne doit pas être confondu avec les enrobés qui sont à proscrire sur les aires de vie des animaux.

Ce mélange bitumineux antiacide est appliqué sur le béton sur 2 à 3 cm d’épaisseur. « L’asphalte apporte du confort aux animaux parce que c’est un matériau à la fois dur et souple. Il évite les risques de glissade, explique Francis Grenier, dirigeant de Nord Asphalte. L’asphalte protège également les bétons de l’agressivité des déjections et facilite l’entretien. La couche en asphalte nécessitera une intervention ponctuelle en fonction de l’intensité de son utilisation au bout de 15 à 20 ans. »

Autres avantages : « ce matériau évite les remontées d’humidité par capillarité pour le confort des animaux et l’asphalte peut être utilisé par les animaux dans les 5 heures qui suivent sa pose ». L’étude SolVl a également confirmé l’impact positif de l’asphalte sur la propreté des pieds des vaches à condition bien sûr de réaliser un entretien fréquent et adapté des sols.

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