Réussir lait 03 novembre 2015 à 08h00 | Par V. Bargain

Mélanger sa ration dans les règles

Plus que le type de mélangeuse — à pales, à vis verticales ou horizontales — la bonne utilisation de la ration est essentielle. Les conseils de Mickaël Sergent, nutritionniste au Clasel.

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RESPECTER L’ORDRE DE CHARGEMENT est essentiel pour garantir
l’homogénéité de la ration et donc éviter le tri.
RESPECTER L’ORDRE DE CHARGEMENT est essentiel pour garantir l’homogénéité de la ration et donc éviter le tri. - © A. Conté

Ne pas trop charger la mélangeuse

Le choix de la taille de la machine est important. Une erreur fréquente est de trop charger la mélangeuse qui, pour bien fonctionner, ne doit pas travailler à plus de 80-85 % de son volume. En production laitière, on compte 1 m3 pour 5-6 vaches en ration conventionnelle. Mais plus on travaille avec une ration fibreuse (ration sèche), plus le volume doit être important.

Il vaut mieux faire deux rations que de surcharger la machine. L’agencement du stockage des ingrédients doit par ailleurs être cohérent avec l’ordre de chargement, pour gagner du temps.


Respecter l’ordre de chargement

La vache est une spécialiste du tri sélectif. Respecter l’ordre de chargement est essentiel pour garantir l’homogénéité de la ration et donc éviter le tri. Charger d’abord les fibres dures comme la paille (blé, colza), le foin de luzerne… Introduire ensuite les concentrés secs. Faire alors tourner la mélangeuse jusqu’à obtenir des brins de 4 à 7 centimètres, sauf si la paille est prédécoupée.

Une erreur fréquente est de continuer le chargement alors que la fibre n’est pas assez coupée. Un brin de paille de 10 centimètres sera trié par la vache. Charger ensuite l’ensilage d’herbe ou l’enrubannage, puis les coproduits humides.

Avant d’intégrer le maïs et quand vous jugez que la recoupe des fibres est suffisante, vous pouvez escamoter les contre-couteaux pour ne pas défibrer le maïs. Le choix d’un contre-couteau hydraulique facilite cette tâche. Charger ensuite l’ensilage de maïs.

Terminer, pour ceux qui en utilisent, par la mélasse ou l’aliment liquide, qui joue un rôle de liant, en s’assurant qu’ils sont bien répartis sur l’ensemble de la cuve. On peut apporter ces derniers ingrédients au godet ou utiliser une rampe d’arrosage comme cela se pratique aux USA.

Assurez-vous d’un bon taux de matière sèche de la ration finale qui doit se situer entre 42 et 45 % MS. Pour cela, prendre une poignée de mélange dans la main et la compresser. Si les particules ne collent pas à la main, c’est que la ration est trop sèche. Dans ce cas, ajouter de l’eau (3-5 l/Vl) ou de la mélasse, qui ne fait pas baisser le taux de matière sèche mais crée du liant par ses sucres.


Ne pas négliger l’entretien

Travailler sur une surface plane pour éviter les erreurs de pesée. Lors de la distribution, vider entièrement la machine avant de passer au lot suivant, en accélérant la vis si la machine le permet. Vérifier fréquemment l’état des couteaux en regardant par la trappe sur le côté. Le profil des couteaux doit rester dentelé. Vérifier aussi deux fois par an l’étalonnage des pesons.

- © Lezé

« Nous avons dû revoir les temps de mélange » - Yoann Lezé, en Mayenne

« Nous utilisons en Cuma une désileuse automotrice Faresin de 20 m3 à double vis verticale. La ration des vaches est constituée de 2,5 kg MS d’ensilage d’herbe, 2 kg de luzerne brins longs, 1,7 kg de triticale aplati, 1,6 kg de soja, 2,5 kg de colza, 1 kg de luzerne en bouchons et 13 kg MS de maïs ensilage. Tout est stocké à plat et les concentrés ne sont pas accessibles à la désileuse.

Actuellement, la machine arrive à 10 h. Le matin, je prépare à la brouette le mélange des concentrés et céréales et les mets au pieds du silo. Cela permet aussi d’être plus précis sur les doses que si la désileuse devait charger un par un tous ces ingrédients qui sont en petites quantités. La luzerne est aussi stockée au pied du silo. Le chargement se fait en commençant par ce qui se défibre le moins vite, l’ensilage d’herbe, la luzerne, les concentrés puis l’ensilage de maïs.

J’indique précisément au salarié les quantités à charger. Cette machine, que nous avons depuis quelques mois seulement, mélange beaucoup plus vite que la précédente. Nous avons donc dû revoir les temps de mélange. Nous avons fait des tests de tamisage pour faire les ajustements. C’est le salarié qui s’occupe de l’entretien quotidien. »

Astuces et conseils

■ Mettre à jour l’effectif quotidiennement pour ajuster au mieux les quantités distribuées.

■ Bien transmettre les consignes à l’associé ou au salarié. L’idéal est qu’il y ait au moins deux personnes pouvant se remplacer pour l’alimentation. Inscrire sur un tableau le nombre de rations et les quantités à charger pour chaque ingrédient.

■ Pour économiser du temps au quotidien et du carburant, on peut réaliser à l’avance un premix constitué de paille précoupée et du concentré. Vider le premix au sec.

■ En cas de double ration, le week-end par exemple, il est possible d’ajouter en fin de mélange un stabilisateur de température de type acide propionique tamponné. Et plutôt que d’entasser les deux rations, il vaut mieux faire deux cordons de ration l’un à côté de l’autre pour limiter tout risque de compaction et donc d’échauffement.

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