Réussir lait 11 mai 2017 à 08h00 | Par Franck Mechekour

Maximiser sa marge sur coût alimentaire par vache présente

Orne Conseil élevage préconise d'utiliser la marge sur coût alimentaire exprimée par vache présente et par mois plutôt qu'en euros/1 000 l et place la barre à 180 euros au regard du contexte économique.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016.

La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016.



La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016.
La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016. La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016. La marge sur coût alimentaire a varié de 50 euros à plus de 220 euros par vache présente et par mois quel que soit le système d'élevage en 2016. - © F. Mechekour

Quel que soit le système de production, « avant d'envisager d'augmenter le nombre de vaches, faisons plus de marge par vache d'autant que la main-d'oeuvre est de plus en plus un facteur limitant dans les exploitations, défend Yann Martinot, directeur technique d'Orne Conseil élevage. En cas de crise, il faut sortir par le haut et rechercher un maximum de marge avant le minimum de charges parce que certaines charges sont rentables. Dans l'Orne en 2016, les éleveurs en race Normande s'en sont mieux tirés en moyenne que les Prim'Holstein parce qu'ils ont remis des concentrés pour produire plus de lait plutôt que de les diminuer. » Autrement dit, à effectif constant, « il faut produire plus de lait par vache et regarder la marge par vache pour valoriser pleinement son outil de production ».

Des euros pour payer les charges et rémunérer le travail

Prôner de produire un maximum de lait par vache quel que soit le système « est un discours qui n'est pas dans l'air du temps », reconnaît Yann Martinot. Mais il s'appuie sur le principe suivant : « c'est le meilleur moyen pour maximiser ses marges à condition de maîtriser le coût alimentaire (qualité des fourrages, apports appropriés en concentrés...) et les autres critères techniques (repro, sanitaire..). » Les taux et la valorisation du lait via le bio, une AOP... interviennent également. Dans tous les cas, « il faut aller jusqu'au bout de sa stratégie ».

Quel critère utiliser pour évaluer son efficacité ? « Dans un contexte de fin de quota avec plus de souplesse dans la circulation du lait et avec un outil de production assez constant, la marge sur coût alimentaire (1) exprimée par vache présente et par mois (MCA/VP/mois) est un critère plus adapté pour piloter son atelier lait quel que soit son système que la marge sur coût alimentaire en euros/1 000 l. Cette dernière reste pertinente surtout pour des comparaisons intrasystèmes. » Autre gros avantage selon Yann Martinot, « cette marge représente le montant qui reste chaque mois pour payer le logement, la traite, la gestion des effluents, la mécanisation et le temps de travail. Elle permet de faire le lien entre la gestion technico-économique du coût alimentaire, le prix du lait, les charges de structure et le temps de travail ».

Augmenter le produit lait grâce à la quantité

Le choix du critère technico-économique est loin d'être anodin. « Il peut modifier fortement le classement en termes de performances économiques et les objectifs des éleveurs », indique Yann Martinot en s'appuyant sur les résultats d'une étude réalisée dans l'Orne auprès de 206 élevages en décembre 2015. La MCA/VP/mois était équivalente (environ 146 euros) dans les élevages quels que soient la race (Normande ou Prim'Holstein) et le système de traite. En revanche, les élevages avec robot de traite apparaissaient moins performants que les autres lorsque l'on retenait comme critère la MCA/euros/1 000 l (209 euros pour les robots contre 246 euros en Normande et 217 euros en Prim'Holstein). Or, " les robots de traite sont dans la moyenne parce que le lait par vache plus élevé compense l'augmentation du coût alimentaire, la baisse des taux et des résultats cellules un peu moins bons ».

(1) Les charges opérationnelles incluent pour les fourrages les engrais, phytos, semences et récoltes. Ex : pour le maïs ensilage, 45 EUR/T. Pour les concentrés, coût de cession d'atelier (prix de marché). Pour les races mixtes, ajoute 10 euros/VP/mois. Et selon chargement + ou - 13,5 euros/VP/mois pour une variation de 0,5 UGB/ha par rapport à la moyenne du groupe.

La MCA par vache présente pousse à l'intensification

Pour Paul-Gilles Possémé de BCEL-Ouest, « la marge sur coût alimentaire (MCA) peut être exprimée par mille litres de lait, par vache présente ou par place dans le bâtiment. Chaque critère a ses avantages et ses inconvénients. Ils doivent par conséquent être utilisés en fonction du contexte de chaque exploitation ». La MCA/1000 l mesure l'ef cacité de la ration et le coût des intrants. « Elle a l'avantage de ne pas pousser systématiquement à produire plus de lait par vache contrairement aux deux autres critères. En revanche, elle ne donne aucune notion sur la saturation des structures. Or, dans certaines exploitations, on peut avoir intérêt à optimiser la production par vache, en augmentant légèrement le coût alimentaire par 1000 l, pour diminuer la SFP si les cultures de ventes sont rentables. » La MCA par vache présente mesure la rentabilité des vaches vis-à-vis de l'alimentation. De son côté, la MCA par place de bâtiment est un bon critère quand on est limité par le nombre de places. Mais, « comme ces deux critères poussent à l'intensi cation, leur prise en compte est surtout judicieuse quand on dispose de terres labourables et que les cultures sont rentables ».

Quizz

Trois élevages ayant 65 vaches (moyenne dans l'Orne) ont une MCA/1000 l respectivement de 400 euros, 300 euros et 200 euros. Lequel dégage le plus de marge brute ?

Réponse : aucun si le niveau d'étable est à 5000 kg de lait/vl dans le premier, 7000 kg pour le second et 10 000 kg pour le troisième. Chacun dégage alors une marge d'environ 130 000 euros.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Etes-vous prêt à distribuer un seul repas par jour aux veaux dès la 3e semaine ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui