Machinisme 06 juin 2014 à 08h00 | Par Michel Portier

« Ma remorque autochargeuse me sert aussi de mélangeuse »

À Ploumagoar dans les Côtes-d’Armor. Dominique Oisel valorise sa remorque autochargeuse quotidiennement pour alimenter son troupeau avec une ration complète.

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LE TRACTEUR DE 140 CHEVAUX entraîne sans difficulté la faucheuse frontale à tambours de 3 mètres et l’autochargeuse à une vitesse de 8-9 km/h. Les pneus de 710 mm gonflés à 1,5 bar ne marquent pas la prairie. (© M. Portier)

C'est suite à la crise de 2008 que l’EARL de Kerbalanen a revu sa stratégie d’alimentation pour gagner en autonomie : valoriser l’herbe dans la ration de manière à réduire la consommation de maïs et par conséquent celle de correcteur azoté. « Dans un premier temps, nous avons investi dans une remorque faucheuse autochargeuse pour se lancer dans l’affouragement en vert. Une machine sousdimensionnée qui a rapidement montré ses limites après seulement trois saisons. C’est en mars 2013, que nous sommes passés à la vitesse supérieure avec l’achat d’une remorque autochargeuse Schuitemaker de 35 m3 (DIN) et d’une faucheuse frontale », retracent Dominique et Nathalie Oisel qui sont, à l’aide d’un salarié, à la tête d’un troupeau de 105 Prim’holstein (830 000 l de lait vendus sur la dernière campagne) sur 180 hectares. En incluant les 3 000 euros de surcoût pour le montage d’une prise de force frontale sur le tracteur, l’investissement approche les 100 000 euros. « L’investissement était osé, mais il s’est avéré que l’autochargeuse allait remplacer un certain nombre d’outils sur l’exploitation. »

 

Au dessus de l'herbe, les autres composants de la ration sont chargés au télescopique, sous contrôle du système de pesée.
Au dessus de l'herbe, les autres composants de la ration sont chargés au télescopique, sous contrôle du système de pesée. - © M. Portier

Une machine coûteuse rentabilisée par sa polyvalence

En effet, outre l’affourragement en vert pratiqué de mars à novembre, l’autochar- geuse sert à l’ensilage d’herbe, au ramas- sage de la paille destinée à l’alimentation et enfin, à la distribution quotidienne de la ration complète. « Nous faisons désor- mais l’économie de 400 balles d’enrubannage, coûteuses en plastique et en usure de la presse à balle ronde. Avec en plus, un ensilage de meilleure qualité et une organisation de chantier beaucoup plus simple, aussi bien à la récolte qu’à la distribution », apprécie l’éleveur. Le rotor équipé de 44 couteaux réalisant des brins de quatre centimètres fait aussi ses preuves au ramassage de la paille. « La paille est coupée nette, sans être défibrée, l’idéal pour la rumination. J’appréhendais le stockage, mais finalement j’arrive à bien la compresser au télescopique en la stockant à plat sous un hangar, avec une bâche au sol. » Mais la fonction la plus inattendue pour cette remorque autochargeuse équipée de trois démêleurs et d’un tapis de distribution, c’est le mélange et la distribution de la ration complète. Après avoir coupé et chargé l’herbe dans un rayon de deux- trois kilomètres, Dominique Oisel charge successivement dans la caisse, des bette- raves, la paille, l’ensilage de maïs, le correcteur azoté, pour ensuite distribuer le long du couloir d’alimentation. « L’autochargeuse m’a ainsi permis de ne pas renouveler ma mélangeuse qui arrivait en bout de course. » Les différents composants de la ration déposés en couches atteignent les rouleaux démêleurs qui assurent le mélange.

LA RATION EST DISTRIBUÉE UNE FOIS PAR JOUR. Le volume d’herbe distribuée ne laisse pas beaucoup de place au passage de l’autochargeuse.
LA RATION EST DISTRIBUÉE UNE FOIS PAR JOUR. Le volume d’herbe distribuée ne laisse pas beaucoup de place au passage de l’autochargeuse. - © M. Portier

Le système de pesée et les démêleurs décisifs pour la ration

« Il suffit d’être rigoureux dans la répartition des différentes couches sur toute la longueur de caisse avec le télescopique. Les trois démêleurs sont suffisamment agressifs et rapprochés, et leur vitesse élevée, pour faire un mélange de qualité. Les betteraves, qui représentent jusqu’à 2,8 tonnes en hiver, sont en partie découpées, preuve de l’efficacité des démêleurs. » Cette fonc- tion de mélangeuse distributrice n’est possible que par la présence d’un dispo- sitif de pesée intégré à l’autochargeuse. « Je connais précisément la quantité d’herbe coupée et celle des aliments ajoutés au télescopique. C’est aussi un sérieux avantage pour calculer mon stock d’ensilage d’herbe, de paille et estimer le rendement des parcelles ». En cette fin avril, la caisse de 27 m3 (sans les rehausses) contient les onze tonnes de ration, dont huit d’herbe. « Je n’utilise pas les rehausses pour la distribution, car il manque cinq centimètres pour passer l’entrée du bâtiment. Elles sont remontées en dix minutes pour l’ensilage d’herbe ».

La largeur conséquente de la remorque demande une certaine habitude pour avancer et reculer dans le couloir d’alimentation, d’autant que l’important volume à mélanger en même temps que la distribution implique trois allers-retours. « La caméra de recul me facilite un peu la tâche », relativise l’éleveur qui insiste en revanche sur l’importance de l’organisation des stockages autour de l’autochargeuse pour gagner du temps. « Même avec une prairie à 2,5 kilomètres, je dois pouvoir alimenter le troupeau en moins d’une heure ! »

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