Réussir lait 06 décembre 2016 à 08h00 | Par Bernard Griffoul

Les quatre chemins de la réussite dans le Massif Central

Autonomie, intensification, diversification, différentiation : les voies de la réussite dans les territoires de montagne du Massif central sont tout aussi diverses qu’ailleurs.

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Les exploitations efficaces et efficientes sont plus productives à l’unité de main-d’œuvre : elles produisent 200 000 litres/UTH et ont un produit (hors subvention) de 107 000 €/UTH
Les exploitations efficaces et efficientes sont plus productives à l’unité de main-d’œuvre : elles produisent 200 000 litres/UTH et ont un produit (hors subvention) de 107 000 €/UTH - © B. Griffoul

Les chemins vers le rendement sont multiples et plusieurs voies d’adaptation sont envisageables », a expliqué Nathalie Velay, du réseau Cerfrance Alliance Massif central lors d’une conférence au Sommet l’élevage. À l’appui de cette affirmation, l’analyse des résultats (chiffres 2014) des résultats comptables de près de 1 700 exploitations laitières de sa région (Allier, Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire et Lozère) parmi lesquelles elle a retenu celles qui sont à la fois efficaces (36 % de valeur ajoutée/produit en moyenne) et efficientes (47 000 € de valeur ajoutée/UTH) (1). Pour atteindre un même résultat courant (20 000 à 25 000 €/UTH), quatre stratégies très différentes se dessinent : produire mieux (autonomie) ; produire plus (intensification) ; optimisation des facteurs de productions (diversification) ; produire autrement (différentiation par la bio).

1 - La moitié des exploitations qui ont choisi la voie de l’autonomie produisent moins que les autres (172 000 l/UTH) mais ont un coût alimentaire « au ras des pâquerettes » (63 €/1 000 l), dû à une très bonne gestion de la ressource herbagère, un produit viande élevé (115 €/1 000 l) et une excellente marge brute (300 €/1 000 l). Dans ce même profil, l’autre moitié a plutôt choisi d’accroître assez fortement la production (+ 50 000 l en 5 ans), jouant pour cela sur l’intensification de la surface fourragère et la culture de céréales. Le coût alimentaire reste maîtrisé (92 €/1 000 l).

2 - Les éleveurs qui ont choisi la voie de l’intensification ont des tailles beaucoup plus importantes et ont tout misé sur le développement du volume de lait (+ 80 000 l en 5 ans) pour atteindre 300 000 litres par UTH. « Ces exploitations ont augmenté tous les facteurs de production, mais avec une excellente maîtrise du prix de revient », explique Nathalie Velay. Mais cette « stratégie industrielle est réservée à des entreprises qui ont une assise financière solide et sont capables de maîtriser leur prix de revient » pour affronter la volatilité des prix du lait. En 2015, ce sont celles qui ont été les plus affectées par la baisse du prix du lait (- 83 % de résultat courant).

3 - La complémentarité des productions n’est pas nouvelle dans le Massif central. Les producteurs qui ont choisi la voie d’une « petite diversification » (veau sous la mère, ovins sous label, troupeau allaitant, hors-sol, cultures spécialisées…) l’ont fait pour valoriser des ressources sous-utilisées (bâtiment, foncier, travail…) tout en étant à l’affût de filières locales rémunératrices et en déficit de production. Une autre façon de diluer les charges de structure.

4 - Quant aux exploitations en agriculture biologique à la fois efficaces et efficientes, « elles sont les seules à sortir une bonne valeur ajoutée sans avoir un volume de lait très important » (115 000 l/UTH). Elles maîtrisent leur coût alimentaire (95 €/ 1 000 l). La transformation fromagère n’a pas été intégrée à l’étude faute d’éléments suffisants. Les exploitations en AOP ne se distinguent pas des autres, mais, en 2014, la différenciation du prix du lait était quasi inexistante. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

(1) La valeur ajoutée se calcule en retranchant les charges (hors frais de main-d’œuvre) du produit brut (hors aides découplées).

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