Réussir lait 08 février 2017 à 08h00 | Par E. Bignon

Les conservateurs d’ensilage d’herbe en sept questions

S’ils sont utilisés à la bonne dose, les conservateurs d’ensilage d’herbe sont rentables dans la majorité des cas. Le point avec l’institut technique Arvalis et la société Lallemand.

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LES CONSERVATEURS NE REMPLACENT
PAS LES BONNES PRATIQUES de
récolte et de réalisation de silo.
Leur taux d’utilisation,
en progression, se limiterait
à 20-30% en France.
LES CONSERVATEURS NE REMPLACENT PAS LES BONNES PRATIQUES de récolte et de réalisation de silo. Leur taux d’utilisation, en progression, se limiterait à 20-30% en France. - © Lallemand

1 Qu’attendre d’un conservateur ?

Le premier risque qui guette un ensilage d’herbe à moins de 30 % de matière sèche, ou pauvre en sucres et riche en protéines, c’est une acidification trop lente et/ou insuffisante qui permet alors le développement de bactéries indésirables. Avec pour conséquences des pertes de matière sèche, une diminution des valeurs azotée et énergétique, de l’ingestion (liée à une moindre appétence), ainsi qu’une dégradation de la qualité sanitaire.

Les conservateurs doivent faciliter et accélérer l’acidification naturelle au démarrage.

Un deuxième risque existe avec les reprises de fermentations en présence d’air au moment de la reprise, liées à l’activité des levures et moisissures. Ce risque concerne essentiellement les fourrages mal tassés, dotés de taux de matière sèche élevés.

2 Dans quel cas a-t-on intérêt à en utiliser ?

L’utilisation se raisonne en fonction des caractéristiques de la plante (plus ou moins apte à l’ensilage) et son taux de matière sèche, déterminé en grande partie par les conditions climatiques du chantier. Pour les plantes difficiles à ensiler, comme la luzerne ou le dactyle, pauvres en sucres et avec un pouvoir tampon élevé, un conservateur acidifiant est nécessaire si le taux de MS est inférieur à 35 %.

Pour les plantes faciles à ensiler, il se justifie pour des taux inférieurs à 25-27 % MS. Le conservateur acidifiant est d’autant plus utile si les plantes sont récoltées jeunes (montaison) et/ou ayant reçu une fertilisation azotée importante, et lors de présence de terre à la récolte. Dans ces situations, l’objectif de l’inoculation est d’orienter rapidement les fermentations lactiques utiles au détriment de toutes les autres.

« L’expérience de nombreux éleveurs et les résultats de la station expérimentale de la Jaillière confirment qu’il est possible d’obtenir une conservation correcte sans utiliser d’additifs de conservation, dépeint Anthony Uijttewaal d’Arvalis. Ceci dit, les additifs ont une action certaine sur la conservation, les résultats obtenus en leur absence se montrent plus aléatoires. Toute la difficulté est de prévoir dans quelle situation ils se révéleront efficaces. »

Dans tous les cas, il ne s’agit pas de produits miracles. Leur objectif est de maintenir une valeur la plus proche possible de celle du fourrage récolté. Mais s’il est de valeur médiocre, ou si la récolte ou le stockage sont inadaptés, il ne faut pas s’attendre à un bon produit final même avec un conservateur.

« L’ensilage est comme un jeu de cartes, poursuit Jean-François Floquet de la société Lallemand. Plus on a d’atouts dans son jeu, plus on a de chances de gagner la partie ! Le conservateur, comme les conditions de récolte, de tassage, de bâchage sont autant d’atouts à exploiter. »

Enfin, si la vitesse d’avancement du silo est insuffisante, les conservateurs antifongiques améliorent la stabilité postouverture.

3 Comment choisir son conservateur ?

Sur le marché, on trouve deux grands types de produits : les conservateurs chimiques et les biologiques. Les traitements chimiques à base d’acides ont l’avantage d’offrir une efficacité garantie même en conditions défavorables. Toutefois, les risques de corrosion du matériel — bien qu’il existe des formulations avec des acides tamponnés — ainsi que l’odeur et les volumes importants à utiliser freinent leur utilisation. L’acide formique a une action acidifiante ; l’acide propionique se révèle davantage un stabilisateur antifongique qu’un acidifiant. Il est un bon extincteur si le front d’attaque chauffe.

4 Et qu’en est-il des conservateurs biologiques ?

Ils contiennent une ou plusieurs souches de bactéries, accompagnées ou non d’enzymes. Leur principe est d’apporter une dose massive de bactéries sélectionnées pour compléter l’action de celles naturellement présentes dans les fourrages. Les bactéries homofermentaires transforment les sucres solubles uniquement en acide lactique, le plus puissant. Elles agissent comme un stimulateur des fermentations lactiques, et apportent une garantie supplémentaire à la baisse rapide et importante du pH. « Je les préconise pour les fourrages humides inférieurs à 28 % MS », indique Jean-François Floquet. Les bactéries hétérofermentaires ont,...

LIRE LA SUITE dans la revue, n°310, février 2017, pages 40 à 42, avec tableau et témoignage d'éleveur

Que dit la réglementation ?

Réglementairement, on ne parle pas de conservateurs. Les agents d’ensilages font partie des additifs pour l’alimentation animale et doivent bénéficier, à ce titre, d’une autorisation européenne.

Cette autorisation ne porte pas sur les spécialités commerciales mais sur les matières actives qu’elles contiennent. Les autorisations sont données pour un type de fourrages particuliers (facile, moyennement facile ou difficile à conserver, en lien avec leur teneur en sucres) et une revendication spécifique (amélioration de la vitesse d’acidification ou de la stabilité après ouverture du silo).

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