Réussir lait 13 juillet 2012 à 15h40 | Par V. Bargain

La récupération des menues pailles, une technique payante

En Vendée, la récupération des menues pailles prend de l’ampleur. Une enquête de l’Union des Cuma montre que la technique présente de nombreux intérêts pour les éleveurs.

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EN 2012, AU MOINS QUINZE MOISSONNEUSES-BATTEUSES DE VENDÉE
seront équipées d’un système de récupération des menues pailles.
EN 2012, AU MOINS QUINZE MOISSONNEUSES-BATTEUSES DE VENDÉE seront équipées d’un système de récupération des menues pailles. - © V. Douillard

Avril 2011. Face à la pénurie de paille qui s’annonce, des éleveurs des Pays de la Loire cherchent des solutions pour augmenter les quantités récoltées. Trois Cuma de Vendée et une du Maine-et-Loire décident alors d’investir dans un système de récupération des menues pailles.


Six moissonneuses batteuses sont équipées du Turbopaille, système constitué d’une vis qui récupère les menues pailles à la sortie des grilles et les transfère sur la gauche vers une turbine qui les projette sur l’andain par un tuyau PVC.


Les menues pailles sont ensuite pressées avec la paille. « Les éleveurs ont été très satisfaits, indique Michel Seznec, animateur à l’Union des Cuma de Vendée. Leur objectif premier qui était de récupérer plus de paille a été atteint. Et ils y ont trouvé d’autres avantages. »


Les menues pailles ont un meilleur pouvoir absorbant


Pour cerner au mieux les résultats obtenus, une enquête a été confiée par l’Union des Cuma de Vendée à deux stagiaires de l’ESA d’Angers(1). Trente sept éleveurs, dont une majorité d’éleveurs de bovins, ont été sollicités. Dans les conditions de l’année 2011, 60 % ont obtenu des rendements en paille supérieurs aux années passées, avec un gain moyen de 750 à 900 kg/ha, variable selon les rendements des cultures et les conditions de récolte.


L’opération a permis d’éviter d’acheter de la paille pour 13,6% des éleveurs, ou d’en acheter moins (19 %) ou même d’en vendre (13,6 %). « Le coût d’un Turbopaille étant de 8500 à 10000 €, le surcoût est de 5 à 7 €/ha, indique Michel Seznec. Vu le prix de la paille, l’investissement est donc rapidement amorti. »


84 % des éleveurs notent également une meilleure qualité de la paille. En paillage, 78 % mettent en avant le pouvoir absorbant supérieur des menues pailles et la propreté de la litière.


Le seul inconvénient parfois, notamment en cas de paillage mécanique, est l’émission de poussière plus importante, sans gêne en général pour les bovins.


En alimentation, l’appétence semble accrue lorsque la menue paille est utilisée en brut, mais cette impression diminue quand elle est intégrée à la ration.


LA MENUE PAILLE EST REJETÉE SUR
L’ANDAIN et pressée avec la paille.
LA MENUE PAILLE EST REJETÉE SUR L’ANDAIN et pressée avec la paille. - © V. Doullard

Au moins quinze moissonneuses des Cuma de Vendée équipées


Les conditions de transport, manutention et stockage sont identiques, avec seulement un peu plus de rongeurs observés par 38 % des éleveurs, sans dégâts particuliers. Enfin, les conditions de moisson et pressage sont très peu modifiées. Certains agriculteurs notent juste un peu plus de difficultés en cas de réparation (accès aux grilles) et une tendance à presser plus vite.


Au point de vue agronomique, les éleveurs estiment par contre ne pas avoir assez de recul pour juger de l’intérêt de la technique pour limiter le salissement des parcelles. L’économie en coût d’herbicides n’est pas vraiment observée.


Face au succès de l’opération, au moins quinze moissonneuses-batteuses des Cuma de Vendée seront équipées en 2012 d’un récupérateur de menues pailles (Turbopaille ou adaptation du constructeur New Holland). Et la technique pourrait aussi se développer en Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Ille-et- Vilaine… « Si les cent soixante moissonneuses des Cuma de Vendée étaient équipées, cela permettrait de récolter plus de 30 000 tonnes de paille supplémentaires, calcule Michel Seznec, sans compter les moissonneuses des entreprises et des particuliers, soit bien plus que les opérations paille menées sur le département. »

(1) Laure Mallard et Justine Desruelles.

Réduction du stock d’adventices


En 2011, une étude de la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres et de Methaneo a évalué l’intérêt des récupérateurs de menues pailles sur la réduction du stock d’adventices. Sur huit mesures, le gisement potentiel de menues pailles était de 1,46 tonne (1,01 à 2,2 t) et représentait 25 % du tonnage produit (paille + menue paille).


L’étude a conclu à l’intérêt du système pour limiter le resalissement des cultures et réduire le stock de graines d’adventices. La technique est utilisable sur de nombreuses cultures (blé, orge, triticale, avoine, colza…).


L’économie d’herbicide s’avère notamment intéressante entre deux pailles ou avant colza (moins de repousses), en particulier derrière une orge, et spécialement sur une parcelle très sale, ayant subi un échec de désherbage.


L’étude pointe par contre la diminution de la matière organique de la parcelle en sol peu pourvu et des quantités variables de paille récupérée selon la parcelle et les conditions de récolte (volume supérieur le matin du fait de l’humidité, vent faisant tomber les menues pailles à côté de l’andain).


Sur la moissonneuse, des problèmes de bourrage sont également signalés en conditions humides ou de volumes de menues pailles trop importants, ainsi que des problèmes d’accès aux grilles et de vents moins performants.

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