Réussir lait 15 novembre 2017 à 08h00 | Par Emeline Bignon

La dégradabilité du maïs augmente avec le temps

Au fil des mois de conservation, la dégradabilité ruminale des fractions énergétiques et azotées de l’ensilage de maïs évolue. Une évolution à prendre en compte dans l’équilibre des rations.

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Les rations des vaches recevant des quantités importantes d’ensilage doivent être ajustées après quelques mois de conservation, l’amidon du maïs devenant davantage disponible.
Les rations des vaches recevant des quantités importantes d’ensilage doivent être ajustées après quelques mois de conservation, l’amidon du maïs devenant davantage disponible. - © E. BIgnon

Pendant les deux à quatre semaines qui suivent la fermeture du silo, les fermentations lactiques vont bon train et produisent des acides gras volatils à partir des sucres du fourrage. Mais sous la bâche, certains processus biochimiques persistent encore dans la masse de fourrage durant plusieurs mois et modifient la disponibilité des constituants du maïs. La dégradabilité ruminale de l’amidon et de la MAT de l’ensilage de maïs augmente au fil du temps. C’est pourquoi il convient généralement de revoir la ration des animaux au bout de quelques mois après l’ouverture du silo, pour assurer une bonne efficacité de la ration et ne pas augmenter le risque d’acidose.

Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et calibrer cette évolution, Arvalis a mis en place un dispositif sur la station expérimentale de la Jaillière en Loire-Atlantique en 2016. Trois durées de conservation ont été étudiées : 12, 40 et 68 jours, sur trois variétés de maïs qui ont été récoltées à deux dates correspondant aux stades 34 % de MS et 44 % de MS.

Le stade de récolte influence la dégradabilité de l’amidon

« Entre 40 et 68 jours de conservation, la dégradabilité de l’amidon dans le rumen augmente d’environ 2 points pour une récolte à 34 % MS. Et la quantité d’amidon by-pass (non dégradé dans le rumen) se montre 12 % moins élevée, indique Alexis Férard d’Arvalis. D’où moins de risques de pertes de valorisation de l’amidon. »

Le stade de récolte, et donc la maturité de la plante, influence aussi la dégradabilité de l’amidon. D’une manière générale, les ensilages secs sont difficilement accessibles pour les microorganismes du rumen, donc moins dégradables. "Bien que leur dégradabilité augmente davantage dans l’essai (+4 points entre 40 et 68 jours pour le maïs récolté à 40 % MS), elle reste nettement inférieure à celle obtenue avec une récolte à 33 % MS, même après 68 jours de conservation, constate Alexis Férard. Et le niveau d’amidon by-pass des maïs à 44 % MS est presque trois fois plus élevé que pour celui récolté à 34 % MS, et risque donc d’être moins bien valorisé. Rappelons-le, le stade optimal de récolte se situe entre 32 et 35 % MS. »

Les valeurs UFL et PDIN peu affectées, mais légère baisse des PDIE

« La hausse de la dégradabilité de la MAT, aussi observée, entraîne une légère baisse des PDIA mais sans affecter les valeurs PDIN. Une légère augmentation des PDIE est observée avec l’allongement de la conservation tout en restant limitée au regard de l’effet stade de récolte », poursuit-il. Une récolte tardive pénalise effectivement la valeur PDIE d’un ensilage de maïs en raison de la plus faible dégradabilité de l’amidon. « Celui-ci ne sert ainsi plus à la production de protéines microbiennes dans le rumen. Même après deux mois de conservation, la valeur PDIE d’un maïs récolté très tardivement reste d’ailleurs inférieure à celle d’un ensilage réalisé au stade optimal. » Leur valeur énergétique ne semble, quant à elle, pas affectée par la durée de conservation.

Suite aux travaux conduits, Arvalis propose un coefficient de dégradabilité de l’amidon pour prendre en compte la hausse de matière organique fermentescible dans le rumen, et donc la hausse des PDI apportée par le maïs fourrage au fil des mois d’utilisation. Ce coefficient s’applique en prenant comme base 0 le point à deux mois de conservation. Ensuite, par tranche de 100 jours de conservation supplémentaires, l’augmentation prédite de la dégradabilité de l’amidon par tranche de 100 jours de conservation est de 0,4, 1,1, 1,8 et 2,4 points respectivement pour des maïs récoltés à 31, 34, 37 et 40 % MS.

- © Infographie Réussir

Quel impact dans les rations ?

- Un maïs récolté à 39 % MS et stocké depuis huit mois présentera 15 g/kg MS d’amidon disponible en plus dans le rumen que le même maïs qui serait utilisé à deux mois de conservation. La synthèse de protéines microbiennes permises par ce supplément se traduit par environ 2 g PDIE/kg MS de maïs ingéré. Après plusieurs mois de conservation, il paraît possible de supprimer l’équivalent d’environ 250 à 300 g de blé par jour et par vache.

- La dégradabilité moins rapide de la MAT et de l’amidon avec des durées de conservation courtes implique de complémenter les rations avec d’autres aliments à dégradation rapide (blé, orge, triticale) ou riches en sucres telle que la betterave fourragère en attendant que l’ensilage devienne davantage digestible avec le temps.

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Johan (90) | 06 décembre 2017 à 16:22:13

During 2013-2015 ILVO (Melle, Belgium) in collaboration with the University College Ghent (UCG) carried out similar research. UCG made micro-silages with 6 whole crop maize, harvested at 2 dry matter contents and stored during 1, 2, 4, 6, 8, 10 and 12 months. ILVO determined starch (BSTA) and protein (BP) bypass by nylon bag incubations in the rumen of cannulated cows. The developed prediction model was validated with silage samples from farms. The BSTA varied from 13 to 45% and BP from 24 to 61%. Among the 6 cultivars, mean BSTA varied from 24 to 29% and BSTA increased with 0.62 %-points per % higher DM content. The ensiling period had a more pronounced effect on BSTA and BP than the maize cultivar or the harvest stage. Both, BSTA and BP decreased with 1.5 %-points per month longer storage.

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