Réussir lait 06 octobre 2016 à 11h00 | Par F.Mechekour

L'élevage de précision en neuf questions

Le Gaec Lacour, créé en 2007, gère cinq ateliers différents avec une organisation du travail basée sur la valorisation des compétences de chacun des cinq associés. Leur credo ? Miser sur les investissements en conseils et équipements pour concilier performance technico-économique, efficacité dans le travail et qualité de vie : deux robots de traite, détecteurs de vêlages et des chaleurs, génotypage, semences sexées, 1 500 m2 de panneaux photovoltaïques, adhésions au Ceta, Eilyps, aux Upras.

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- © F. Mechekour

1 Pourquoi génotypez vous toutes vos génisses ?

2 Utilisez vous de la semence sexée ?

3 Quels outils de monitoring utilisez vous pour gérer la Repro ?

4 Pourquoi cherchez vous à diminuer l’intervalle vêlage-vêlage ?

5 Pourquoi avez vous trois races ?

6 Pourquoi avez vous conservé du pâturage avec le robo de traite ?

7 Pourquoi testez vous l’ensilage de maïs selon la technique Shredlage ?

8 Faites vous du parage régulièrement ?

9 Qu’est ce qui vous a amené à investir dans le photovoltaïque ?

 

1 Pourquoi génotypez vous toutes vos génisses ?

« Nous avons commencé en 2014 en génotypant seulement 20 % des génisses. Celles qui étaient issues des bonnes souches. Mais cela n'était pas judicieux. Et depuis l'hiver dernier, elles sont toutes génotypées par Evolution (49 euros/génotypage). C'est plus fiable que les index sur ascendance pour apprécier leur potentiel génétique. Si cela pouvait nous permettre de trouver la génisse d'exception ou de sortir un taureau… Le troupeau normand que j’ai repris à mes parents et les Prim'Holstein de Jean-François Thébault ont un niveau génétique élevé. L'ISU moyen du troupeau Prim'Holstein est à 126 points contre 119 dans le département nous a informé Jean-Dupire, de Prim'Holstein France, lors de son passage en juin dernier. Le point fort du troupeau Prim'Holstein, c'est le format (83,9 sur génisses). Mais, il ne faut pas aller au-delà, nous a t-il prévenu. Globalement, les points faibles de notre troupeau, toutes races confondues, sont les membres mais surtout le TB.

2 Utilisez vous de la semence sexée ?

« Oui depuis 3 ans pour optimser notre renouvellement. Nous avons commencé progressivement. Lors de la dernière campagne nous avons inséminé 70 % de nos génisses avec de la semence sexée. Nous réserverons les semences sexées aux génisses ayant les meilleurs génotypages. Les autres sont inséminées avec de la semence conventionnelle. Nous croisons quelques vaches avec un taureau limousin. Mais comme nous vendons une vingtaine de vaches en lait chaque année, cela concerne que très peu de vaches. Et nous n’utilisons pas de taureaux Blanc bleu belges à cause du risque au vêlage. Nous changerons peut être de stratégie à l’avenir. »

3 Quels outils de monitoring utilisez vous pour gérer la Repro ?

« En 2013, nous avons investi 4 000 euros dans le système Smartvel comprenant une collecteur et 8 capteurs. C'est un super investissement pour limiter les pertes de veaux. Nous avons perdu 12 veaux autour du vêlage sur 1 an sur 192 vêlages, soit 6 % de pertes contre 22 pertes l’annéeprécédente. De son côté, Ronald Cherbonnel, notre associé responsable de l'élevage des génisses de 4 jours jusqu'à deux mois avant le vêlage (à 25 mois), utilise le détecteur de chaleur Heatime pour compléter l'observation des chaleurs. C’est notamment très utile lorsque les génisses sont au pâturage. Nous avons investi 8 900 euros pour une base et 40 colliers en juin 2015. »

4 Pourquoi cherchez vous à diminuer l’intervalle vêlage-vêlage ?

« Lors de la campagne 2015/2016, l'intervalle vêlage-vêlage a baissé à 376 jours contre 393 jours lors de la campagne précédente. C'était notre objectif parce que pour saturer les robots, il faut réduire l'intervalle vêlage-vêlage. Pour y parvenir, nous avons changé de stratégie pour les inséminations il y a deux ans. Nous inséminons les vaches dès 50 jours après vêlages si elles ont été observées une fois en chaleurs et si elles sont en état. Je consulte les résultats de Repro tous les lundis sur le logiciel du robot de traite ou le planning prévisionnel d'Eilyps. Et je déclenche les chaleurs avec un traitement hormonal sur les vaches à plus de 65-70 jours après vêlage. Si le taux de réussite en première insémination n'est pas sensationnel (40 %) , c’est en grande partie dû au fait que nous avons mis le cap sur la réduction de l'IVV. Par ailleurs, le suivi Repro réalisé toutes les trois semaines par notre vétérinaire nous aide beaucoup. »

5 Pourquoi avez vous gardé trois races ?

« Notre Gaec a été créé en 2007 suite au regroupement de trois élevages et la reprise d’une quatrième. D'où la diversité des productions (lait, volailles, taurillons…), mais aussi des races des vaches laitières. Notre troupeau (145 vaches) se compose actuellement de 70 % de Prim’Holstein, 20 % de Normandes et 10 % de Montbéliardes. Au départ, il y avait plus de Normandes mais elles ont eu plus de mal que les autres à s’adapter aux logettes. Les trois races nous conviennent très bien et nous adhérons aux trois organismes de sélection. Notre plus vieille vache est une Montbéliarde âgée de 13 ans. Elle a produit 99 200 litres de lait en 10 lactations. Mais l’année dernière nous avons réformé une Prim’Holstein âgée de 15 ans qui nous a fait 13 veaux et produit plus de 113 000 litres de lait en 11 lactations.»

6 Pourquoi avez vous conservé du pâturage avec le robo de traite ?

« Nous avons 77 ha d'herbe dont 15 ha accessibles aux vaches ( 12 ares/vl au printemps). J’aime bien voir les vaches sortir dans les pâtures. C'est bien pour leur santé et très intéressant économiquement », résume Gilles Chapron. Les vaches circulent presque librement. « Je vérifie 3 ou 4 fois par jours s'il y a des vaches en retard de traite sur le logiciel du robot. Les vaches à moins de 100 jours de lactation qui n'ont pas été traites depuis plus de 10 heures sont mises en retard de traite. Elles sont dirigées vers deux box de 5 places à l'aide d'une porte de tri. »

« Grâce aux conseils d'Anthony Baslé, d'Eilyps, nous avons adapté l’apport en propylène glycol en fonction des résultats de Cetodetect. Cela nous a permis de réduire l'apport de 1 000 l, soit 2 500 euros d’économisés. » 
« Grâce aux conseils d'Anthony Baslé, d'Eilyps, nous avons adapté l’apport en propylène glycol en fonction des résultats de Cetodetect. Cela nous a permis de réduire l'apport de 1 000 l, soit 2 500 euros d’économisés. »  - © F. Mechekour

7 Pourquoi testez vous l’ensilage de maïs selon la technique Shredlage ?

« Nous avons assisté à une démonstration sur cette technique organisée par Claas et Eilyps. Notre conseiller Eilyps, Anthony Baslé, nous a expliqué qu’elle permet de réaliser un hachage plus grossier du maïs et donc de le rendre plus fibreux. Et inversement, l'éclatement plus important des grains améliore l'assimilation de l'amidon par les vaches. Nous espérons par conséquent améliorer le TB qui est faible dans notre élevage (38.1 g/l : laiterie). L'ensilage plus fibreux devrait également permettre de faire l'impasse sur l'apport de paille. Et nous utiliserons également la voie génétique pour augmenter le TB. Cette année nous avons ensilé 55 ha de maïs avec cette technique. Le rendement a été bon (15 à 16 t de MS/ha). Le taux de matière sèche doit se situer autour de 34 à 35 %. Nous le ferons analyser lors de l’ouverture du silo. »

8 Faites vous du parage régulièrement ?

« Oui, nous consacrons le jeudi au parage des vaches. Nous les parons tous les 100 jours et au tarissement . La première tournée concerne les vaches ayant vêlé depuis 40 à 50 jours. Par ailleurs, un traitement au pédiluve est réalisé toutes les deux semaines (deux fois par jour pendant deux jours). Et si on a le malheur de louper un traitement, on a une augmentation de dermatites et un ou deux cas de panaries surtout chez les primipares. »

9 Qu’est ce qui vous a amené à investir dans le photovoltaïque ?

« Nous avons investi 800 000 euros en 2010 pour installer 1500 m2 de panneaux photovoltaïques au dessus d'un poulailler. Et nous vendons de l'électricité pour environ 130 000 euros par an avec un remboursement annuel de 90 000 euros (emprunt sur 12 ans). Et grâce à cela, nous avons pu augmenter nos salaires sans prélever plus sur le compte du GAEC. Cela nous a permis d’investir dans le Smartvel et un manitou. Aujourd'hui, nous étudions un projet de micro-méthanisation pour dégager un revenu supplémentaire en valorisant le lisier des vaches. Nous devrions investir 210 000 euros dans un méthaniseur d'une puissance de 33 kWe. »

Lire aussi : Gilles Chapron : "Nous investissons dans les technologies et le conseil"

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