Réussir lait 11 février 2013 à 17h41 | Par C.Pruilh

L’arrêt du lait fragilise les exploitations

Cerfrance Calvados a réalisé une simulation d’arrêt de la production laitière pour se spécialiser en grandes cultures. L’EBE baisse. La marge de sécurité peut rester satisfaisante si le contexte grandes cultures reste durablement favorable.

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Les arrêts de gros quotas laitiers gagnent les régions laitières.
Les arrêts de gros quotas laitiers gagnent les régions laitières. - © C. Pruilh
«Et si j’arrêtais le lait ? » est la question du moment posée au conseiller de gestion. Les motivations sont souvent autres qu’économiques : résoudre un problème de maind’oeuvre suite au départ d’associés, s’exonérer de contraintes administratives (conditionnalité, directive nitrates…), lever l’astreinte journalière.

« Les structures qui projettent d’arrêter sont plutôt de grande taille. Elles ont une surface labourable suffisante pour se poser la question. Alors que jusqu’à présent les arrêts de gros quotas ne concernaient que les zones intermédiaires, ils touchent aujourd’hui aussi les bassins laitiers. En cause, un vrai décalage de rentabilité (revenu brut, revenu ramené au temps de travail, revenu ramené aux engagements financiers) entre les grandes cultures et le lait. Personne ne sait dire si cette situation sera durable ou non. Certains font le pari que oui », brosse Alain Le Boulanger, économiste au Cerfrance Normandie Maine.

Le fait qu’il n’y ait plus d’aide couplée à la production laitière, et que la volatilité du prix du lait et des intrants se soit renforcée, est défavorable au maintien du lait. Le lait a longtemps été synonyme de revenu régulier et stable. Ce n’est plus le cas.

Les gros arrêts gagnent les régions laitières


Le Cerfrance Calvados a réalisé une simulation sur deux cas types inspirés de cas réels. Pour ces deux exemples, la mise aux normes est remboursée et le niveau d’endettement est limité. « La situation financière de départ est en effet déterminante pour supporter la baisse d’EBE qui découle de l’arrêt de la production laitière », souligne Baptiste Fos, conseiller de gestion au Cerfance Calvados.
Le fait que la rentabilité de l’atelier lait soit moyenne dans les deux cas a également toute son importance. Et dans tous les cas, l’arrêt du lait est un pari sur de bons prix durables en grandes cultures, avec peu de mauvaises années.

Au vu des simulations, « il paraît plus facile d’arrêter le lait à l’approche de la retraite qu’au moment d’un départ d’associé, car il faut alors financer la reprise des parts sociales dans un contexte de baisse de l’EBE », conclut Baptiste Fos. Il met en garde : « La spécialisation fragilise l’exploitation face à un retournement des marchés grandes cultures. » Au-delà de l’analyse économique « c’est le contexte propre à chaque exploitation (familial, motivations, relations laiterie…) qui pèsera dans la décision finale. L’analyse doit donc se faire au cas par cas. »

LIRE LA SUITE dans le numéro 266, page 23 et 24.

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