Réussir lait 06 septembre 2017 à 08h00 | Par Costie Pruilh

L’Afrique attire les groupes laitiers étrangers

La demande laitière explose en Afrique. Les États veulent développer la production locale et les éleveurs familiaux veulent participer à cet élan.

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Une minilaiterie au Sénégal. Il y a une place pour une production d'éleveurs familiaux en milieu rural pour l'autoconsommation et les marchés locaux.
Une minilaiterie au Sénégal. Il y a une place pour une production d'éleveurs familiaux en milieu rural pour l'autoconsommation et les marchés locaux. - © DR

La demande en produits laitiers explose en Afrique de l’Ouest (1) du fait d’un développement démographique rapide, de l’urbanisation et de l’émergence d’une classe moyenne", a présenté Guillaume Duteurtre, du Cirad, lors de la journée marchés mondiaux du lait organisée par l’Institut de l’élevage. L’Afdi a récemment sorti un dossier sur l’Afrique avec un constat similaire. "L’Afrique importe 30 % de ses besoins. Les perspectives offertes par le doublement de la population africaine d’ici 2050, ainsi que sa proximité géographique rendent le continent attirant pour les exportateurs européens."

En Afrique de l’Ouest, la production laitière a crû entre les années 1990 et 2010 et patine depuis. Les importations — essentiellement des poudres de lait — ont progressé pour satisfaire la demande. Demain, même si la production se développe à nouveau, le recours aux importations semble inévitable. La Cédéao (1) a une politique publique favorable aux importations, avec des droits de douane faibles. Le commerce pourrait être complètement libéralisé entre la Cédéao et l’Union européenne en cas d’accord commercial entre les deux régions. Mais les temps changent et "la Cédéao discute actuellement de l’opportunité d’un plan de soutien public et d’une revue des droits de douane, un ensemble de mesures appelé 'Offensive lait' ", expose l’Afdi.

Les grands groupes européens investissent sur place

L’objectif est le développement d’une production locale. Au Nigéria, gros marché de l’Afrique sub-saharienne, les autorités ont obtenu de la coopérative néerlandaise FrieslandCampina (présente depuis 70 ans dans le pays) un engagement à développer la production laitière locale. "On pourrait assister à un certain cloisonnement entre une production dans des fermes intensives proches des usines de transformation et des centres urbains de consommation, et une production d’éleveurs familiaux en milieu rural transformant leur lait dans des minilaiteries, pour l’autoconsommation et les marchés locaux", analyse l’Afdi.

Pour participer à l’émergence de l’Afrique laitière, les groupes laitiers étrangers investissent sur place, "en prenant des participations ou en rachetant des filiales, comme Glanbia, une coopérative irlandaise, au Sénégal, illustre Guillaume Duteurtre. Ou par la vente de franchise, comme Grand lait de Candia qui est fabriqué par Kirène au Sénégal. Et enfin, par les investissements solidaires, comme des activités de formation au Nigéria appuyées par la coopérative danoise Arla Foods, ou l’appui du Fonds Danone communities à la Laiterie du berger au Sénégal, qui est un transformateur local valorisant le lait de producteurs traditionnels locaux."

(1) La Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest compte 14 pays : Sénégal, Mali, Niger, Nigeria, Bénin…

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