Réussir lait 26 novembre 2015 à 08h00 | Par Virginie Quartier

Gestion des risques, avez-vous pensé à tout ?

Avec le Diag A360, les CerFrance proposent un outil de diagnostic de l'exploitation pour anticiper et gagner en sérénité. Témoignage du Gaec des Noisetiers en Seine-Maritime.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le Diag A360 permet de prendre le temps d'analyser les risques auxquels est exposée l'exploitation en se posant les bonnes questions.
Le Diag A360 permet de prendre le temps d'analyser les risques auxquels est exposée l'exploitation en se posant les bonnes questions. - © V. Quartier

Vos contrats d’assurance sont-ils à jour ? Avez-vous anticipé le renouvellement de vos baux ? Disposez-vous d’une réserve financière ? Autant de questions que les chefs d’entreprise, pris dans le quotidien, remettent souvent à plus tard. « La force du diagnostic A360 est de balayer tous les aspects de l’exploitation pour analyser les risques. Nous avons gagné en sérénité parce que nous savons que tout est prêt en cas de problème », témoignent Élise et Michaël Héron du Gaec des Noisetiers en Seine-Maritime.

L’objectif du Diag A360 est d’aller au fond des choses. Au cours de l’échange, conseiller et exploitant déterminent les points forts et points faibles de l’exploitation sur six thématiques : activités de production ; économie et finances ; dirigeants ; social ; juridique ; environnement… « Toutes ces petites questions auxquelles on ne pense pas mais qui peuvent faire la différence en cas de coup dur », explique Alain Dumont, responsable du conseil agricole au CerFrance Seine Normandie.

- © Infographie Réussir

Penser à mettre à jour les assurances

« Les modules économie, finances (le poids des annuités est-il trop élevé, le fonds de roulement est-il suffisant...) et production (les aléas climatiques peuvent-ils avoir un impact sur l'exploitation, quelles sont les conséquences d'une erreur technique sur le cycle de production...) sont en général à jour et bien maîtrisés par les éleveurs », souligne Alain Dumont. La plupart des points faibles des exploitations agricoles sont les sujets pas ou peu abordés au cours de la formation initiale. Il s’agit souvent des ressources humaines (registre du personnel, affichages règlementaires, DUER…), des questions juridiques (les baux non signés ou pas en conformité avec la réglementation des structures…), des assurances (plan des bâtiments pas à jour, ADI pas claire, garanties accidents ou décès…) et de l’environnement (plan prévisionnel de fumure, cahier d’épandage…). « Le document unique d’évaluation des risques est très souvent absent. Or il est obligatoire dès lors qu’il y a des salariés. En cas d’accident, si le DUER est absent, la responsabilité de l’exploitant peut être mise en cause », prévient Alain Dumont.

Le Gaec des Noisetiers ne fait pas exception. Avec ses 135 hectares en blé, lin, betterave (sucrière et fourragère), maïs et prairie, Élise et Mickaël Héron et leurs trois salariés élèvent 80 vaches laitières et 40 taurillons, et fabriquent 10 000 litres de glace. « Réaliser ce diagnostic permet de gagner en efficacité, de mieux s’organiser, de planifier en se donnant un cadre de travail. Et de redonner du sens à certaines tâches administratives », analyse Élise. Au moment du diagnostic en novembre 2014, le document unique manquait à l’appel, certains contrats d’assurance n’étaient pas à jour… La plupart des points qui sont ressortis comme manquants, les associés les connaissaient, mais sans y porter attention. « Suite au départ d’un associé, nous n’avions pas tout remis à plat du côté des banques. En fait, nous n’avions pas pris le temps de nous poser certaines questions. C’est maintenant chose faite ! », affirme Élise. Du côté des assurances, une mise à jour s’est imposée au niveau du chiffre d’affaires assuré de l’atelier glaces qui était sous-estimé. Suite au diagnostic, Élise et Mickaël ont aussi changé le management de leurs salariés. Ils ont mis en place des entretiens individuels et une réunion collective. « Ce qui peut paraître comme une perte de temps est en réalité très intéressant pour nous et nos salariés. Cela permet de discuter différemment, hors du cadre quotidien… et d’anticiper des situations difficiles. » Le diagnostic peut aussi mettre au jour un besoin de formation, sur la responsabilité du chef d’entreprise par exemple ou sur des sujets plus techniques.

- © Infographie Réussir

Définir un plan d'actions précis et s'y tenir

La deuxième partie de l’entretien est consacrée au plan d’actions, défini en fonction de la probabilité et des conséquences de chaque risque. « Il est important de donner une échéance pour chaque action et de déterminer qui fait quoi. Grâce à un outil collaboratif en ligne, le conseiller peut suivre l’avancement des tâches à réaliser et rappeler à l’éleveur certaines priorités. » Il faut à peu près deux heures d’entretien pour faire le tour de l’exploitation. En fonction du profil et des priorités, le diagnostic peut être réalisé en une ou plusieurs fois pour aborder chaque module à part. Le Diag A360 fait partie du conseil et n'est pas facturé.

Quatre cent soixante-dix DiagA360 ont été réalisés en 2014 sur la région Seine-Normandie. L’objectif du CerFrance est de le rendre systématique et de développer les sessions collectives dès cet hiver. « Nous avons eu la chance de réaliser le Diag A360 en groupe. C’est extrêmement enrichissant. Quel que soit notre secteur d’activité, nous avons des questions communes et des expériences à partager », explique Élise Héron. Une version spécifique pour préparer son installation a aussi été développée.

Une formation pour sécuriser son exploitation

Vivéa et ses partenaires lancent cet automne une formation pour permettre aux agriculteurs de sécuriser leur exploitation en gérant les risques. Cette question fait partie intégrante du pilotage et de la stratégie des entreprises. Les formations proposées comprennent un module de sensibilisation de 7 à 14 heures et un diagnostic individuel. La formation propose une approche large, en abordant les risques économiques (volatilité), sanitaires, climatiques, environnementaux (pollution par un tiers, contraintes règlementaires...) ou santé (accident, maladie...). Elle peut ensuite être complétée par des formations spécifiques en fonction des besoins. Elle s'adresse aux exploitants, mais aussi aux dirigeants d'ETA et aux conjoint collaborateurs. L'objectif de Vivéa est d'avoir formé 30 000 stagiaires d'ici 2021.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Avez-vous demandé l'aide à la réduction des livraisons ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui