Réussir lait 16 novembre 2012 à 14h10 | Par M. Portier

Fertilisation - L'électronique fait progresser la régularité de l'épandage

La valorisation des engrais organiques et la traçabilité des apports justifient le recours à des dispositifs de régulation du débit, de pesée et d'enregistrement.

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Les épandeurs de matières organiques de dernière génération sont capables de fertiliser les parcelles avec précision. (© L. Vimond) Exemple d'interface DPAE + Pesée Jeantil © Jeantil Exemple d'interface DPAE + Pesée Agrotronix © M. Portier Exemple d'interface DPAE + Pesée Fendt © M. Portier

Suivant les régions, l'essenestiel des épandages de fumiers et composts - plus généralement des matières organiques solides - est réalisé par un épandeur en Cuma ou par une ETA. De quoi justifier le recours à des appareils de grosse capa- cité équipés des dernières technologies pour une meilleure maîtrise de la dose. Cette évolution s'accompagne notamment d'une démocratisation des systèmes DPAE (débit proportionnel à l'avancement électronique) qui pousse les constructeurs et spécia- listes de l'électronique à faire évoluer les fonctionnalités et la précision de leurs boîtiers de régulation. Bon nombre de marques d'épandeurs proposent ainsi deux solutions de DPAE. La version économique se limite à un capteur de vitesse sur la roue (ou radar) et un second sur l'en- traînement du fond mouvant qui permettent à la régulation d'ajuster la vitesse du tapis en fonction de la vitesse d'avancement. Certains dispo- sitifs fonctionnant en boucle fermée intègrent un troisième capteur indiquant la vitesse réelle du tapis, de manière à tenir compte des erreurs engendrées par le système d'entraî- nement hydraulique du tapis.

Un fournisseur d'électronique commun à plusieurs marques

La version plus évoluée s'accompagne d'un système de pesée qui permet de calculer précisément la dose, sans se soucier de la densité et du volume de produit dans la caisse. Même si bon nombre de constructeurs (Dangreville, Deguillaume, Gilibert, Panien, Perard, Samson, Tebbe...) font appel au même fournisseur, Agrotronix, pour leur solution haut de gamme, « les constructeurs sont plus ou moins performants en fonction de leur maîtrise de la technologie et des capteurs utilisés », reconnaît William Fayard, PDG d'Agrotronix. On retrouve dans la plupart des cas : le pilotage des fonctions de l'épan- deur (porte, tapis, hérissons ou table), le compteur d'hectares, de distances, le calcul du débit et des quantités épandues, l'impression ou l'exportation de ces données... Certains se distinguent par une gestion automatique de la hauteur de porte comme chez Dangreville ou encore le réglage de la vitesse de rotation des disques d'épandage chez Panien.


Faire le tri dans les sytèmes de pesée

Le système de pesée n'offre pas le même niveau de précision suivant la techno- n logie employée. La solution la plus simple et la plus économique consiste à n'uti- liser qu'un seul capteur de déformation sur la flèche. Ce système montre rapidement ses limites pour de faibles tonnages. Solution intermédiaire, le système à trois capteurs de déformation (un sur la flèche, deux sur l'essieu) équipe la plupart des appareils à caisse étroite et bon nombre de caisses larges. « Sa précision est fortement liée à l'algorithme de calcul », assure William Fayard. Sur les caisses larges, des constructeurs comme Bergmann, Panien, Perard, Tebbe utilisent un faux châssis avec quatre (ou six) capteurs de pesée. Un moyen d'obtenir une pesée plus précise et moins dépendante des conditions (dévers, braquage, homogénéité du chargement). Revers de la médaille, le surcoût est significatif et le poids à vide est impacté.

L'isobus et le GPS arrivent aussi sur les épandeurs

Autre façon d'opérer pour gagner en précision, Rolland et Jeantil réalisent une mesure en continu de la charge de manière à connaître en permanence la masse de produit restant à épandre et donc affiner la gestion de la dose (DPA massique). Le premier utilise des capteurs de pesée sur les vérins de suspension des essieux et de la flèche. Le second conserve un système à trois pesons (flèche et essieu) en combinaison avec une suspension hydraulique. « Les mouvements de l'appareil rendent ces dispositifs de pesée dynamique trop imprécis pour réguler en boucle fermée. La durée nécessaire pour fiabiliser la mesure de pesée n'est pas compatible avec le débit de l'épandeur », estime Emmanuel Piron, responsable du pôle de recherche et d'expérimentation sur les épandages et l'environnement de l'Irstea (ex-Cemagref).
Outre la précision, les équipements électroniques favorisent le confort de l'utilisateur. Ainsi, Agrotronix s'apprête à commercialiser une version isobus de sa régulation Epandix 8 700. Cette option sera adaptable sur les appareils en service. Bergmann propose égale- ment une version isobus avec le Terminal CCI 200. Autre construc- teur germanique, Fliegl équipe ses épandeurs à fond poussant d'un système de pesée compatible isobus. Les tracteurs étant de plus en plus équipés de système GPS avec guidage et coupure de tronçons, l'Epandix devrait intégrer prochainement un système de coupure automatique de l'épandage en bout de champ.

 

 



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