Réussir lait 14 janvier 2016 à 08h00 | Par Véronique Bargain

Favoriser les échanges directs entre polyculteurs et éleveurs bio

Depuis 2011, le GabNor a mis en place différents outils pour favoriser les échanges directs de luzerne entre polyculteurs et éleveurs bio. La démarche s'élargit aujourd'hui à d'autres produits.

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Si les échanges se font naturellement entre cultivateurs et éleveurs dans les zones mixtes, des échanges entre zones voisines spécialisées sont facilités par des bourses d'échange.
Si les échanges se font naturellement entre cultivateurs et éleveurs dans les zones mixtes, des échanges entre zones voisines spécialisées sont facilités par des bourses d'échange. - © DR

En 2011, suite à une sécheresse ayant entraîné un manque de fourrages chez les éleveurs bio du Nord-Pas-de-Calais, une démarche visant à favoriser les échanges directs entre polyculteurs et éleveurs a été engagée par le GabNor (groupement des agriculteurs biologiques du Nord-Pas-de-Calais). « Des éleveurs avaient des besoins en fourrages et des polyculteurs sans élevage qui trouvent un intérêt agronomique à cultiver de la luzerne manquaient de débouchés pour la luzerne, explique Bertrand Follet, animateur du GabNor. Nous avons cherché à les mettre en relation pour que les polyculteurs puissent fournir de la luzerne aux éleveurs. » La démarche a été développée entre deux zones voisines, l'Avesnois-Thiérache, spécialisé en élevage, et le Cambrésis, céréalier. Une première initiative a été une bourse d'échange physique réunissant éleveurs et cultivateurs, les premiers exprimant leurs besoins en fourrages, les seconds donnant leurs disponibilités en quantité et qualité. « Il était important que ces personnes qui ne se connaissaient pas se rencontrent et que chacun prenne conscience des contraintes et des attentes de l'autre. » Les échanges se sont poursuivis dans le cadre d'une bourse en ligne via le site internet du GabNor. Les éleveurs ont été formés à la réalisation d'un bilan fourrager en fin de récolte des fourrages et encouragés à établir un prévisionnel en fin d'hiver pour identifier le plus tôt possible d'éventuels besoins. Et les cultivateurs ont été incités à calculer leur coût de production avec un objectif de marge brute par hectare pour établir leur prix de vente. Un contrat type est également proposé. « En pratique, il y a très peu de contrats écrits, les échanges reposant surtout sur des engagements oraux et des relations de confiance, précise l'animateur du GabNor. Le contrat permet surtout de rappeler tous les aspects à prendre en compte : qui fait la fauche et le conditionnement, qui s'occupe du transport, qui prend en charge le surcoût de l'enrubannage s'il n'est pas possible de faire du foin... ». Le GabNor assure aussi un suivi des quantités et des prix.

Élargir aux mélanges céréaliers

Sur les 55 éleveurs laitiers et 10 éleveurs allaitants bio de l'Avesnois-Thiérache, 20 sont entrés dans la démarche. « En 2013-2014, le climat étant plus favorable, il y a eu moins d'échanges, note Bertrand Follet. Cinq éleveurs ont toutefois maintenu le lien avec un polyculteur et continué à lui acheter de la luzerne, pour notamment sécuriser leurs systèmes en cas de sécheresse. » Et en 2015, la météo ayant été moins clémente et les stocks s'étant réduits, des achats directs ont à nouveau été réalisés. «Nous allons donc refaire une réunion physique en fin d'hiver, indique Bertrand Follet. Cela permettra aux éleveurs d'exprimer leurs besoins et les cultivateurs pourront encore faire des semis pour y répondre. » Les échanges ont aussi été élargis à la paille et au fumier. Et un axe de développement aujourd'hui est que les polyculteurs produisent des mélanges céréaliers pour les éleveurs. « Comme pour les fourrages, la vente sur pied de céréales récoltées avant maturité n'est pas réglementée et ne nécessite pas de reverser une taxe » précise Bertrand Follet.

« Sécuriser mon bilan fourrager »

« J'élève 50 vaches sur 60 hectares tout en herbe. Je récolte en général assez de fourrage. Mais en cas de sécheresse, je peux en manquer. De plus, je n'ai aucune prairie temporaire. En 2011, suite à sécheresse, je me suis donc engagé auprès d'un cultivateur situé à 70 kilomètres à lui acheter chaque année 20-30 tonnes de luzerne ou mélange dactyle-luzerne, soit 10 % de mes besoins, explique François Bonamy, éleveur à Solre-le-Château (59). Cela me fait un petit complément en cas de sécheresse. De plus, cela permet d'apporter des fibres en début de repas et est favorable à la qualité du lait. C'est le cultivateur qui fait les foins et moi qui m'occupe du transport. Les prix sont assez stables. La seule amélioration pourrait être une formation des cultivateurs sur la façon de produire et récolter des fourrages. »

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