Réussir lait 26 janvier 2017 à 08h00 | Par Costie Pruilh

Être en groupe pour progresser et porter des projets

Geda, Ceta, groupes lait, GIEE… À l’occasion du Festival des groupes 2017, zoom sur ce que font et apportent ces réseaux d’éleveurs.

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Le but du groupe, c'est de capitaliser les expériences de chacun au profit de tous.
Le but du groupe, c'est de capitaliser les expériences de chacun au profit de tous. - © Trame

Pour le Festival des groupes, je recevrai sur mon exploitation des éleveurs venus de différentes régions de France, qui auront choisi le circuit 'bien-être humain, bien-être animal !' Les sept membres de mon groupe seront là pour assurer les différents ateliers, avec un animateur, témoigne Françoise Sourdin, responsable d’un groupe sur les médecines alternatives (lire ci-dessous). En plus, notre Gaec accueille des participants pour dormir sur la ferme. C’est très enrichissant d’accueillir. Et en période de crise, c’est encore plus important de se retrouver et d’échanger pour trouver des solutions et se remotiver."

Simon Lehuger fait partie d’Avenir bio, le groupe bio du Ceta 35, et il accueille aussi une des visites du Festival, sur le pâturage tournant dynamique. "Quand je me suis installé en novembre 2014, j’ai rejoint ce groupe car il y avait plus de pionniers de la bio qui pouvaient me faire bénéficier de leur expérience. Le groupe permet de se constituer un réseau sur lequel on peut s’appuyer. Les remarques des autres sur mes pratiques m’apportent beaucoup et me font progresser. Et la convivialité du groupe est très motivante. Je suis encore jeune et novice, mais plus tard, ce sera à mon tour de partager ce que j’aurai appris. Je commence déjà à recevoir pas mal d’agriculteurs intéressés par la bio et le pâturage tournant dynamique, et des lycées agricoles."

Les éleveurs que nous avons interrogés citent d’autres apports : "Améliorer nos résultats technico-économiques ; piocher des idées chez les autres ; aider les autres à progresser ; ne pas s’enfermer dans nos fermes…" "Le groupe, ça permet d’oser. Quand on a un doute sur comment soigner une vache (en médécine alternative), on envoie un SMS pour demander conseil. On s’entraide. Et quand on n’a pas la réponse dans notre groupe, on peut solliciter les autres groupes du réseau français ! Il y a une solidarité. C’est rassurant", développe Françoise Sourdin.

Comparer ses techniques et ses chiffres

Mais que font les groupes ? Ils se constituent pour organiser des formations adaptées à leurs besoins, sur des thématiques spécifiques. Outre les formations, les actions organisées sont les tours de champs, de prairies et de stabulation. Mais aussi les réunions d’échange sur un thème technique ou économique, avec l’intervention d’un expert technique, de la chambre d’agriculture, du contrôle laitier ou de cabinets indépendants. À ces occasions, les éleveurs comparent leurs pratiques, mettent les chiffres sur la table, calculent leurs coûts et leurs marges. Certains groupes font appel à des intervenants extérieurs pour aller plus loin. Ils peuvent aussi expérimenter, voire porter des projets, comme la fabrication d’un livre ou d’une application.

Les groupes défendent leur autonomie décisionnelle. Ils veulent être incubateurs de projet et porteur d’une agriculture innovante. Les thématiques sont souvent tournées vers l’agriculture durable : organisation du travail, bien-être de l’éleveur, médecine alternative, conservation des sols, mieux valoriser les prairies, produire des énergies renouvelables… Les organismes de service, les coopératives et les agrofournisseurs privés ne s’y trompent pas et s’intéressent aux groupes comme expérimentateurs.

Des groupes en réseau pour mutualiser des compétences

Les groupes sont structurés en réseau. La FNGeda - Fédération nationale des groupes d’études et de développement agricole - fédère 450 groupes de développement agricole, 35 fédérations départementales, 7 fédérations régionales, et un groupe thématique national (Forme en ferme). Les groupes se rencontrent et échangent, comme lors du Festival, élargissant ainsi le réseau des agriculteurs. "Et ce que les groupes isolés ne peuvent pas se payer (animateur, expert), la fédération départementale ou régionale le peut. Et le réseau peut se partager cette compétence", décrit Christian Colmagne, président de la FDGeda Jura. Enfin, Trame, tête de réseaux associatifs de développement agricole et rural, apporte un appui à ses réseaux adhérents, dont la FNGeda fait partie. Ses experts proposent méthodes, informations et formations. Trame aide les groupes à formaliser leur projet et à monter leur dossier d’aide au financement. "C’est tout l’intérêt d’être constitué en réseau : pouvoir mutualiser des compétences et les élargir", conclut Fabien Daguenet, président du GDA du pays calaisien.

L’enjeu des groupes aujourd’hui, c’est de continuer à les faire vivre et à renouveler les générations. "Les jeunes ont tendance à reprendre des structures importantes et ont moins de temps libre. On a du mal à faire adhérer les jeunes", indique Fabien Daguenet. Malgré tout, les thèmes agroécologiques et les GIEE peuvent redonner une nouvelle dynamique. Le développement de la bio et des nouvelles technologies aussi.

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