Réussir lait 23 août 2013 à 08h00 | Par Costie Pruilh

En Italie du Nord, des bâtiments qui visent le confort optimal des vaches

Avec des vaches tout le temps en bâtiment et des conditions estivales chaudes, les Italiens travaillent la qualité du couchage, le confort des aires d’exercice et la ventilation. Observations de voyage du GIE élevage de Bretagne.

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Le bâtiment de l’azienda Bellaviti est un grand bipente (14 m au faîtage, 33 % 
de pente), non bardé.
Le bâtiment de l’azienda Bellaviti est un grand bipente (14 m au faîtage, 33 % de pente), non bardé. - © GIE élevage de Bretagne

« En Bretagne, les vaches passent de plus en plus de temps en bâtiment, et avec le changement climatique, il faut s’attendre à une belle saison de plus en plus chaude (même si ce printemps contredit les évolutions attendues). Nous avons donc choisi de proposer aux concepteurs et constructeurs Charte  qualité bâtiments bovins de Bretagne de visiter l’Italie du Nord et ses grands troupeaux tout le temps en bâtiment », expose Jacques Charlery, animateur régional bâtiment au GIE élevage de Bretagne. La trentaine de participants au voyage a visité la ferme expérimentale de l’université de Milan et cinq élevages(1).
L’université de Milan travaille entre autres sur l’amélioration de l’efficacité des bâtiments en termes de résultat sur le bien-être et la qualité du lait. « Ils décrivent comment influent sur les vaches la température, la vitesse de l’air, l’humidité relative de l’air, la lumière et les gaz toxiques (ammoniac). Par exemple, s’il fait trop chaud (plus de 25-27 °C), les vaches restent debout, donc la rumination diminue, et la production baisse. La fertilité baisse aussi. Plus la production laitière augmente, plus la sensibilité à la chaleur augmente. L’humidité élevée en période chaude diminue l’efficacité de la thermorégulation », cite à titre d’exemple Jacques Charlery.
Dans un des élevages visités, le groupe voit trois époques de bâtiments : le plus ancien est fermé et bas de toiture, puis l’éleveur a testé des niches à vaches, pour enfin élever une structure haute et très ouverte.
Pour que les vaches ne souffrent pas de la chaleur en été, tout est conçu pour faire circuler l’air. Les structures sont ouvertes. La pente des toits est forte (30 %) pour augmenter les volumes d’air. « Nous avons vu des toitures monopentes décalées. » Pourtant, les hivers sont froids et neigeux. « Même si chez nous il fait plus humide et venteux, cela suggère que nous fermons peut-être trop nos bâtiments », s’interroge Jacques Charlery.



Les monopentes décalés sur la ferme expérimentale de l’université de Milan.
Les monopentes décalés sur la ferme expérimentale de l’université de Milan. - © GIE élevage de Bretagne

Le rainurage en épides bétons facilite les écoulements


Pour améliorer la circulation de l’air, les Italiens jouent aussi sur l’éloignement des bâtiments entre eux. « Ils utilisent tous des ventilateurs ou des déstratificateurs (ventilateurs à grandes pales), et de la brumisation, même si certains ont arrêté de brumiser si ça glisse. La brumisation du couloir d’exercice peut aussi amener les vaches à se coucher devant l’auge. Certains humidifient donc les vaches en sortie de salle de traite. Un des éleveurs visités les asperse sur l’aire d’attente. »
L’isolation des toitures pour diminuer les amplitudes thermiques est aussi essentielle. « La tôle isolée coûte plus cher que du fibrociment, mais peu d’éleveurs ont des translucides, car ça chauffe dessous. »
Le groupe a été marqué par le rainurage en épi (réalisé sur béton frais), qui facilite les écoulements et permet aux bétons de sécher plus vite. Moins de glissades, moins d’émanation d’ammoniac : une astuce vraiment intéressante qui commence à faire parler d’elle en France.
Ce qui frappe aussi le groupe, ce sont ces « aziende » qui emploient beaucoup de salariés étrangers (Égyptiens, Vietnamiens), pour la traite et le soin aux animaux. « Ils sont compétents et bien rémunérés (environ 2000 €/mois). La différence avec la France doit se situer au niveau de la réglementation du travail. En Italie, le temps de travail est annualisé, donc ils travaillent 7j/7 pendant une période, puis repartent chez eux », souligne Jacques Charlery. Du coup, il y a peu de besoin en automatisation, de la traite ou de l’alimentation. L’entretien des logettes et la distribution de la ration sont mécanisés.


Beaucoup de salariés, peu d’automatisation


La plupart des bâtiments sont en structure métallique, avec toiture métallique. « Mais nous avons constaté que l’intégration paysagère commence à être imposée, avec l’obligation d’utiliser du bois, des briques, des murs peints en jaune ‘Lombard’. Les prix des bâtiments semblent proches des nôtres. »
Enfin, trois exploitations ont investi dans le photovoltaïque, et trois ont investi dans la méthanisation (prix d’achat de l’électricité de 0,28 €/kWh). Trois exploitations ont un séparateur de phase. « Ils mettent en avant la facilité de gestion (stockage et épandage) et la meilleure valorisation d’une phase solide et d’une phase liquide distinctes. »


(1) Voyage d’étude réalisé dans le cadre des animations proposées par le comité régional Bâtiment du GIE élevage de Bretagne

Les chiffres clés de l'élevage bovin laitier en Italie

• 36 000 exploitations laitières
• 11,5 milliards de litres de lait (chiffres 2011) produits en Italie
• 82 % du lait est produit en Italie du Nord
• Plus de 100, voire plusieurs centaines de vaches par exploitation en Italie du Nord
• 530 000 litres par exploitation de quota moyen en Lombardie, en 2006

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