Réussir lait 06 juillet 2007 à 09h32 | Par B. Griffoul

En Gironde - NOS VACHES DISPOSENT DE LA « CLIM’ »

Après la canicule éprouvante de 2003, le Gaec des Chagnasses a fait installer un système de ventilation-brumisation qui améliore l’ambiance du bâtiment.

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Le bâtiment (72 m x 21 m) de 90 places est « climatisé » par six puissants ventilateurs de 1,30 m de diamètre et trois lignes de brumisateurs.
Le bâtiment (72 m x 21 m) de 90 places est « climatisé » par six puissants ventilateurs de 1,30 m de diamètre et trois lignes de brumisateurs. - © B. Griffoul

«Nos vaches ont la « clim’». Cela devrait nous valoir un bon point pour la charte des bonnes pratiques », s’amuse Jean-François Charieau, éleveur aux Peintures (Gironde), en Gaec avec Isabelle et Philippe Sautreau. Tous trois élèvent 90 vaches laitières alimentées d’un bout à l’autre de l’année avec une ration à base de maïs ; des vaches qui ne quittent guère le bâtiment, hormis la nuit en été. La canicule de 2003 fut particulièrement éprouvante dans le Sud-Ouest. « Les vaches n’étaient pas bien, elles s’agglutinaient autour des points d’eau… Nous avions une bonne partie des vêlages en été. Les lactations ont été cassées et nous avons eu de gros problèmes d’infécondité », racontent les éleveurs, qui n’ont pas oublié non plus la pénibilité du travail dans de telles conditions.

FAIRE TOURNER L’AIR

Aussi, dès l’année suivante, ils ont fait installer un système de ventilation-brumisation pour améliorer l’ambiance dans le bâtiment lors des périodes de forte chaleur. Six gros ventilateurs verticaux, légèrement inclinés pour envoyer l’air vers les vaches et disposés en ligne deux par deux (voir schéma), créent un flux d’air afin de supprimer l’effet d’étuve sous la toiture. « Le but de la ventilation consiste à faire tourner l’air dans le bâtiment pour donner une impression de bien-être, explique Claude Doux, de la société Becot Climatique, conceptrice de l’installation. Au Gaec des Chagnasses, nous ressortons l’air à partir de l’aire d’attente, puis nous le faisons tourner. Nous cherchons à créer un brassage et une vitesse d’air au niveau de la table d’alimentation, de façon à ce que les vaches aient envie d’aller manger, et au niveau de l’aire de repos pour qu’elles aillent s’y coucher. Il faut créer une zone de confort où on veut que les bêtes soient. »

Les buses de brumisation, disposées tous les mètres environ, émettent un brouillard par intermittence pour qu’il ait le temps de se mélanger à l’air
Les buses de brumisation, disposées tous les mètres environ, émettent un brouillard par intermittence pour qu’il ait le temps de se mélanger à l’air - © B. Griffoul

UN FIN BROUILLARD

L’effet de la ventilation est renforcé par un système de brumisation formé d’une canalisation d’eau qui court audessus des ventilateurs et de buses haute pression (70 bars). Disposées tous les mètres, soit 105 buses au total pour le bâtiment, elles émettent un fin brouillard par intermittence. Au contact de l’atmosphère, les goutellettes s’évaporent quasi instantanément, assurant ainsi un effet de fraîcheur sans mouiller le bâtiment ni les animaux. La brumisation permet de baisser la température de quelques degrés. Mais, dans une stabulation ouverte et non isolée, il est difficile de la réduire fortement. L’objectif est donc plutôt de remonter le taux d’hygrométrie jusqu’à 60 à 65 %, considéré comme un niveau de confort. « On ne fait qu’améliorer l’ambiance et donner une impression de bien-être aux animaux », résume Claude Doux.

Les ventilateurs (tous les 12 à 14 mètres) sont suspendus à une hauteur minimale de trois mètres par des filins qui leur donnent une inclinaison de 10 à 12°.
Les ventilateurs (tous les 12 à 14 mètres) sont suspendus à une hauteur minimale de trois mètres par des filins qui leur donnent une inclinaison de 10 à 12°. - © B. Griffoul

INVESTIR 11 000 EUROS

Les deux systèmes sont commandés et régulés par des boîtiers de contrôle en fonction de la température et de l’hygrométrie. Les ventilateurs sont dotés de quatre piliers de vitesse. Les éleveurs ont réglé le déclenchement à partir de 25 degrés et le passage à une vitesse supérieure tous les trois degrés. La brumisation démarre lorsque la température atteint 30 degrés et l’hygrométrie descend au-dessous de 50 %. « Les ventilateurs marchent une partie de l’année, d’avril jusqu’à septembre, et ça ne suffirait pas. Lorsqu’il fait plus de 30 degrés, quand on met la brumisation, on sent vraiment la différence. » L’investissement, en 2004, s’élevait au total à 11 000 euros : 6 500 euros pour la ventilation, 4500 euros pour la brumisation. Les éleveurs sont satisfaits du résultat quant à l’ambiance. Le principal inconvénient se situe au niveau de l’entretien des lignes de brumisation. « À chaque mise en route, il faut changer des buses ou en déboucher. Le problème, c’est que les canalisations sont en hauteur. Celle du milieu est à plus de cinq mètres, il faut un télescopique pour y accéder. Et, les buses qui cassent sont difficiles à changer. C’est un peu la corvée. » Pour cette raison mais aussi des questions de coût, le fabricant propose désormais un système de brumisation à basse pression (4 bars) sous forme de rampes circulaires disposées à l’avant des ventilateurs. Les gouttelettes, plus grosses, sont ainsi émises dans le flux d’air pour éviter qu’elles retombent au sol. Malgré tout, ce système ne peut être utilisé à des températures aussi basses qu’avec une haute pression, mais il est nettement moins coûteux (de l’ordre de 1 000 euros pour une installation complète).

« Un confort pour les bêtes et pour l’éleveur » : Jean-François Charieau

« Sur le plan économique, l’intérêt du système de ventilation – brumisation est difficile à chiffrer. Est-ce qu’on perd un peu moins de lait? Nous ne pouvons pas le dire car il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. Mais il est certain que cela apporte un confort pour les bêtes et pour l’éleveur. Quand on arrive de dehors, on se sent mieux dans le bâtiment. Et le soir, on ne va plus pailler les logettes à reculons. Quand il fait un coup de chaud, les vaches souffrent toujours un peu mais elles sont bien réparties dans tout le bâtiment. Elles sont moins essoufflées et elles viennent manger. Nous essayons tout de même d’éviter les vêlages en juillet et août. Par contre, pour les mouches, nous n’avons pas vraiment vu d’effet. Le fait que tout soit programmé et automatisé, c’est bien aussi ». 

 

CONFORT AU QUOTIDIEN
La brumisation en salle de traite

« C’est moi qui ai demandé de rajouter la brumisation en salle de traite, se souvient Isabelle Sautreau. Les hommes me disaient que c’était du luxe, puis, finalement, ils m’ont dit : « heureusement que tu l’as demandée ». On y est tous les jours dans la salle de traite. » Deux buses suffisent pour apporter une fraîcheur bienvenue. Une vanne permet de couper manuellement la brumisation hors des heures de traite. « Nous faisons plutôt cela dans le Sud de la France, explique Claude Doux. Mais, presque systématiquement, maintenant, nous installons des ventilateurs construits sur le même principe que ceux que nous mettons en stabulation, mais d’un diamètre de 50 centimètres et commandés manuellement. » 

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