Réussir lait 24 janvier 2003 à 13h26 | Par Emeline Bignon

Elevage laitier - Les Ceta de Bresse proposent une démarche pour aller plus loin avec les prix de revient

A l´initiative des adhérents de deux Ceta de l´Ain, une démarche de calcul de prix de revient a été entreprise. Son objectif ? Une analyse fine de la composition des coûts de production.

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«A l´origine, la demande émane des adhérents des Ceta de Bresse, souligne Annie Reslinger, conseillère de gestion à la Chambre d´agriculture de l´Ain. Ce groupe d´exploitants avait l´habitude de se réunir chaque année pour réaliser une analyse globale de leurs systèmes de production. Mais cette fois, les adhérents ont souhaité élargir le travail pour parvenir à une analyse plus fine de la composition des coûts de production. »
La réflexion sur les prix de revient n´est pas nouvelle. Il y a une quinzaine d´années, cette démarche avait déjà été largement exploitée dans différents groupes. « Le calcul de la marge brute ramenée au litre de lait produit est déjà un bon indicateur, avance la conseillère. Mais cette démarche permet d´aller plus loin, en prenant en compte les charges de structure. Elle est riche d´enseignements notamment sur les aspects coûts de production des différents fourrages. »

Dans le groupe, quatorze exploitations de polyculture-élevage, toutes tailles confondues, ont joué le jeu. Les plus motivées et les plus « mordues » des chiffres. Mais la tâche n´a pas été de tout repos. « En tout, il faut compter quatre jours de travail en commun avec les conseillers et deux jours pour la remise des résultats. Plus quelques soirées au bureau à la maison. Mais quand on aime, on ne compte pas ! », estime Dominique Robin, un exploitant convaincu.

Un travail laborieux mais qui en vaut la peine
Une méthode de calcul a été élaborée par les conseillers de la Chambre d´agriculture. Côté répartition des charges opérationnelles, rien de très compliqué : elles ont été affectées directement à la production concernée. L´exercice devient plus délicat pour les charges de structure. « On utilise, selon le cas, soit une clé de répartition simple pour chaque exploitation, comme pour le fermage par exemple, soit une clé plus élaborée déterminée par l´agriculteur. C´est le cas pour la charge du matériel de traction, répartie en fonction du temps réel d´utilisation des tracteurs pour chaque atelier. »
Pour les éleveurs, toute la difficulté a tenu à la bonne répartition des charges. Travail d´autant plus fastidieux qu´il demande un effort de mémoire sur l´exercice précédent. « Parfois, il a même fallu reprendre les factures une à une », se souvient un adhérent. « Mais le jeu en vaut la chandelle, confie Dominique Pelus. On met le doigt sur nos points faibles, et on peut plus facilement se comparer aux autres en visualisant clairement les écarts liés à une pratique. »

« Bien sûr, ce travail n´est pas significatif de ce qui se passe sur le département, poursuit Annie Reslinger. Mais il contribue à ouvrir des pistes et apporte des éléments de réponse à ceux qui voudraient progresser ou changer de système. »
Même si la méthode reste à peaufiner, l´expérience a d´ores et déjà séduit les participants, qui se disent prêts à la renouveler. Mais cette fois, ils comptent bien se faciliter la tâche grâce à de meilleurs enregistrements comptables.
Résultat de 14 exploitations dans l´Ain.

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