Réussir lait 07 mars 2017 à 08h00 | Par Dossier de la rédaction

Devenez un pro du pâturage

La voie royale pour réduire les coûts de production est d’optimiser la conduite du pâturage. Mais ce n’est pas si simple. Retrouvez dans ce dossier les clés d’un pâturage bien mené.

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Etre dans l'anticipation constante.
Etre dans l'anticipation constante. - © A. Conté

Bien piloter le pâturage ne s’improvise pas. Sa conduite exige un savoir-faire propre à chaque exploitation. Toute la difficulté tient au déséquilibre entre l’offre fourragère, qui varie selon les conditions climatiques, et les besoins du troupeau.

Il n’y a pas de recette miracle, mais quelques règles apparaissent néanmoins primordiales pour valoriser au mieux les surfaces pâturées. Le défi consiste à offrir une herbe de qualité en quantité suffisante, et le plus longtemps possible.

Il existe deux grandes techniques de pilotage. Le pâturage continu d’abord, consiste à laisser les vaches pâturer dans une, deux, voire trois parcelles suffisamment grandes pour que les animaux consomment l’herbe au fur à mesure qu’elle pousse. Également appelée full grass, cette conduite s’avère beaucoup moins répandue que le pâturage tournant où chaque parcelle est pâturée successivement pour exploiter le cycle de l’herbe au stade optimum feuillu.

Le pâturage tournant dynamique fait beaucoup parler de lui ces dernières années. Les sessions de formation se multiplient. Largement utilisé dans les pays très pâturants comme la Nouvelle- Zélande, l’Australie ou l’Irlande, il s’agit d’une modalité un peu particulière du pâturage tournant. Cette nouvelle approche revisite la technique du fil avant, fil arrière. Elle repose sur le principe d’un chargement élevé sur une petite surface et d’un temps de présence court par paddock (un à deux jours). L’objectif est d’optimiser la production de biomasse de la prairie et de toujours faire pâturer une herbe jeune.

Le pâturage tournant dynamique exige ses règles, mais aussi de l’anticipation et de la technicité. Il suppose un gros travail en amont de subdivision des parcelles, de pose de clôtures, de barrières souples et d’un système d’abreuvement. Il ne faut pas se lancer seul dans cette pratique mais être bien encadré.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode de pilotage. À chargement identique, quel que soit le type de pâturage tournant adopté (un jour, trois jours, huit jours par parcelle), les performances se valent si l’éleveur montre la même exigence dans sa conduite du pâturage. Et peu importe les critères de suivi utilisés : somme de températures, stade des feuilles, hauteur d’herbe, âge des repousses… Tous ces indicateurs sont liés.

Les outils changent mais l’objectif reste le même. Ce qui compte, c’est d’être dans l’anticipation constante. Et pour ça, il n’y a pas de secret : il faut acquérir une expertise et consacrer du temps au suivi des parcelles. Quatre reportages du dossier illustrent les différentes facettes du pâturage tournant.

SOMMAIRE du dossier

P 26 «Le pâturage dynamique m’a fait progresser » Chez Jacky Balluais en Mayenne

P 28 « Le pâturage dynamique n’a rien de révolutionnaire » - Luc Delaby, chercheur à l’Inra de Rennes

P 30 Les sommes de températures pour exploiter l’herbe au bon stade - Au Gaec des Montagines, Puy- de-Dôme

P 32 « Un coût divisé par deux avec le pâturage tournant » - Au Gaec du logis, Seine-Maritime

P 36 « Même avec un robot, je ferme mon silo de maïs au printemps » - Chez Philippe Bougeard, Ille-et-Vilaine

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Xavier (33) | 09 mars 2017 à 10:07:19

Laisser supposer que le Pâturage tournant est plus répandu que le pâturage continu est un peu méconnaitre le terrain...Penser que le pâturage des repousses (après trois jours notamment) est un mode de gestion performant de l'herbe, est le signal d'un manque d'observations concrètes sur le processus de repousse des graminées. Cordialement,

Costie (14) | 10 mars 2017 à 14:34:30

Réponse de la rédaction : Nous n'avons pas de chiffre sur la proportion d'éleveurs laitiers réalisant le pâturage tournant et ceux réalisant du pâturage continu. Plusieurs conseillers expriment le fait que le pâturage continu est moins pratiqué. Le pâturage continu est davantage pratiqué dans les zones où il y a peu de contraintes de surface. Son point fort est la simplification du travail et un investissement très réduit. Le point faible est que l'on limite le potentiel de productivité par hectare. Et il y a un risque de dégradation de la flore. Le pâturage continu ne permet pas d'optimiser autant que le pâturage tournant. C'est pour cela que nous avons fait un dossier sur le pâturage tournant.

Xavier (33) | 12 mars 2017 à 17:15:28

Pas de soucis sur le bienfondé et l'intérêt de l'article au contraire. Nous travaillons depuis 5 ans à la diffusion du PTD dans le sud ouest et le nord ouest, avec aujourd'hui entre 300 et 350 éleveurs accompagnés, et la remarque portée donc sur leur pratique de Pâturage avant d'innover en PTD. Les pratiques de Paturage continu et/ou fixe était dominante... Xavier

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