Réussir lait 19 mars 2010 à 16h59 | Par L.Vimond

DÉSILEUSES MÉLANGEUSES - Autonomie et débit de chantier grâce aux automotrices

De plus en plus fréquentes dans les campagnes, les désileuses mélangeuses automotrices, malgré leur prix prohibitif, recèlent de multiples intérêts.

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LES MACHINES APPELÉES À SE DÉPLACER SUR LA ROUTE (notamment en Cuma) doivent être homologuées. Plus chères, les machines homologuées à 40 km/h permettent un gain de temps par rapport aux versions 25 km/h.
LES MACHINES APPELÉES À SE DÉPLACER SUR LA ROUTE (notamment en Cuma) doivent être homologuées. Plus chères, les machines homologuées à 40 km/h permettent un gain de temps par rapport aux versions 25 km/h. - © Kverneland

Marginales il y a une petite dizaine d’années, les désileuses mélangeuses automotrices se sont démocratisées dans l’Hexagone, notamment grâce aux Cuma de désilage. Aujourd’hui, le marché des automotrices est en plein essor et se partage équitablement entre les grandes exploitations individuelles et les Cuma. Pour ces dernières, les automotrices permettent aux petites et moyennes exploitations d’accéder à des technologies et des modes d’alimentation (ration complète) qu’il serait difficile de justifier avec une mélangeuse traînée. D’un point de vue technique, la fraise et le convoyeur constituent un équipement important sur l’automotrice. Ils assurent l’autonomie de la machine et, combinés au système de pesée, permettent de constituer une ration avec des quantités précises. Difficile en effet de charger 200 kg de foin avec exactitude en un minimum de temps avec un chargeur frontal ou télescopique, même équipé d’un capteur de pesée.

La fraise est un facteur majeur du débit de chantier

Plus la fraise est large (de 1,50 à 2m selon les machines), plus le débit est potentiel- lement élevé et plus la préhension d’ensilage sur les bords du silo couloir sera aisée. Bien entendu, la largeur du convoyeur (de 50 à 65 cm selon les machines) conditionne également le débit. Une fraise large couplée à un convoyeur étroit augmente le recyclage du fourrage au niveau de la fraise et tend à émietter davantage le maïs. Ce dernier point dépend également du nombre de couteaux. « Nous proposons des fraises avec peu de couteaux en forme de cuillère pour ramener le fourrage le plus vite possible vers le convoyeur », explique Jacky Lucienne, inspecteur commercial RMH. La coupe des fourrages fibreux sera moins fine avec des fraises moins loties en couteaux. Elle pourra cependant être poursuivie dans la cuve, à l’exception de la mélangeuse Gulliver de Lely-Sgariboldi, la seule automotrice à pales du marché. « Pour compenser, nous proposons en option un broyeur à l’arrière de la fraise à plusieurs vitesses et à deux sens de rotation pour hacher plus ou moins fin. Il peut être court-circuiter pour le maïs ou les concentrés. » Bélair de son côté favorise la coupe avec des contre-couteaux escamotables au niveau de la fraise.

L’homologation routière est indispensable en Cuma

Seul bémol, « dans les chantiers que nous suivons, les systèmes de broyage au niveau de la fraise ont une légère tendance à réduire le flux », estime Baptiste Foucault, animateur à la FDCuma de l’Orne. L’animateur insiste également sur l’aspect routier de ces machines. « À partir du moment où elles vont sur la route – c’est le cas pour les Cuma – elles doivent être homologuées. Or, nombre de machines sur le marché ne le sont pas. » En outre, certaines machines sont homologuées à 25 km/h, d’autres à 40 km/h. Baptiste Foucault a par ailleurs constaté des écarts entre les vitesses maximales annoncées et celles réellement mesurées. En termes de traction, leur construction plus proche d’un camion que d’un tracteur est rapidement mise à défaut dans des terrains boueux.

Les automotrices apprécient plus volontiers les bétons si possibles renforcés. « Chargées, elles atteignent rapidement les 15 tonnes, souligne Jacky Lucienne. L’équilibre entre les essieux avant et arrière est important pour avoir une charge par essieu la plus faible possible. C’est pour cette raison que nous plaçons les moteurs à l’arrière. » Par rapport à un moteur latéral ou placé derrière le poste de conduite, cette construction réduit les nuisances sonores en cabine. Cela permet de détecter plus facilement tout bruit suspect au niveau de la fraise. La poussière provenant principalement de l’outil frontal, les risques d’encrassement des radiateurs sont réduits.

Rentable à partir de 400 UGB ou 700 000 litres de quotas

Cependant, cette disposition augmente la longueur moyenne des flexibles et donc les pertes de puissance, les principaux organes hydrauliques étant placés à l’avant. La position arrière du moteur accroît l’encombrement de la machine. Pour accéder aux bâtiments exigus, le gabarit peut constituer un frein.

Certains constructeurs proposent quatre roues directrices pour améliorer la maniabilité. La Prestige de Siloking se distingue par sa paire de roues arrière directrices pouvant braquer à 90°. Revers de la médaille, une partie importante de la charge est reportée sur l’essieu avant. Quant au gabarit en hauteur, les modèles à pales ou à vis horizontales se révèlent majoritairement moins hauts que les versions à vis verticales.

Concernant la vitesse de mélange, les trois types de machines se valent sensiblement. « Le mélange commence dès le début du chargement, explique Willy Forgeard, en charge des automotrices Kuhn. Une fois le dernier ingrédient chargé, le trajet vers la zone de distribution suffit largement à achever le mélange. » Seule différence, les versions à vis horizontales comprennent une phase de compression dans le flux de mélange, ce qui n’est pas le cas des modèles à vis verticales dont le flux rappelle le mouvement brownien: de ce fait, les rations à fortes proportions de fibres sollicitent davantage les mélangeuses à vis horizontales. La rentabilité de cette automotrice doit être comparée à d’autres systèmes en ration complète. L’investissement (110 000 à 160 000 euros HT) équivaut à celui d’une mélangeuse traînée et de deux tracteurs d’occasion dont un avec chargeur.

L’économie s’effectue surtout sur la maind’oeuvre, puisque l’automotrice génère un gain de temps. « Le seuil de rentabilité se situe autour de 700 000 litres de quota (NDLR: soit 400 UGB(1)) », précise Willy Forgeard.

LE CHARGEMENT commence généralement par les fourrages fibreux et se termine par le maïs et les concentrés, souvent déposés au pied du silo. Les fraises laissent un front de silo propre et net réduisant les risques d’échauffement et de pertes.
LE CHARGEMENT commence généralement par les fourrages fibreux et se termine par le maïs et les concentrés, souvent déposés au pied du silo. Les fraises laissent un front de silo propre et net réduisant les risques d’échauffement et de pertes. - © BVL

Une logistique bien huilée

Que ce soit en Cuma ou en équipement individuel, l’acquisition d’une automotrice s’accompagne souvent d’une réorganisation du chantier. Avec un seul engin motorisé, capable d’assurer le désilage, le mélange et la distribution, la logistique est en effet plus simple qu’avec deux tracteurs : un attelé sur une mélangeuse, l’autre assurant le chargement. L’autonomie de la machine incite à bien disposer les différents aliments avant passage de l’automotrice, afin que le chauffeur n’ait pas à descendre de la cabine pendant la durée du travail. C’est d’autant plus vrai dans les Cuma, pour lesquelles la facturation à chaque exploitation se partage entre le quota (et/ou le nombre d’UGB) et le temps passé sur l’exploitation.

 

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