Réussir lait 12 janvier 2016 à 08h00 | Par Virginie Quartier

Des solutions pour être bien au quotidien

Le bien-être du chef d’exploitation est un sujet tabou en agriculture. Lors d’un débat organisé au Space par Trame, des éleveurs ont partagé leurs solutions pour être bien au quotidien.

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Il y a plusieurs façons d’adapter sa vie professionnelle et personnelle pour être bien dans ses bottes.
Il y a plusieurs façons d’adapter sa vie professionnelle et personnelle pour être bien dans ses bottes. - © P. Dureuil/Cniel/archives

« Il faudrait que l’approche de l’humain devienne aussi peu taboue que les questions techniques. La plupart du temps, lorsqu'un agriculteur n'est pas en réussite, ce n’est pas un problème de métier ou de moyens (bâtiments, animaux...), mais un problème de manière de le vivre. Les gens en réussite ne sont pas dans la politique du moyen immédiat. La question 'après quoi est-ce que je cours ?' est le point de départ », explique Jean-François Mathieu, éleveur et coach en Corrèze. Une fois son objectif défini, l’éleveur peut commencer à réfléchir aux moyens pour y parvenir. Et quand on sait où on veut aller, on peut construire une stratégie cohérente et être beaucoup plus précis dans ses demandes de conseil technique.
Il y a plusieurs façons d’adapter sa vie professionnelle et personnelle pour être bien dans ses bottes. Voici trois témoignages d’éleveurs qui ont trouvé des solutions pour mieux vivre leur métier.

Jean-Christophe Lesaige, éleveur en Ille-et-Vilaine.
Jean-Christophe Lesaige, éleveur en Ille-et-Vilaine. - © DR

Libérer du temps pour réfléchir

Jean-Christophe Lesaige, éleveur en Ille-et-Vilaine. « J’ai un salarié à mi-temps et je me posais des questions sur le management. Je voulais aussi améliorer l’efficacité du travail sur l’exploitation. À ce moment là, mon Ceta proposait une formation sur l’amélioration continue. Nous avons travaillé en groupe et ce sont des collègues agriculteurs, pas forcément laitiers, qui ont fait un diagnostic sur mon exploitation. Ils m’ont observé pendant la traite, puis posé des questions et m’ont fait part de toutes leurs remarques. Ce travail collectif m’a permis de mettre en œuvre des solutions pour améliorer l’efficacité dans les tâches quotidiennes. Cette réflexion sur l'amélioration continue m’a fait gagner du temps et surtout a libéré mon esprit. Aujourd’hui, je peux me poser pour repenser la stratégie de mon exploitation. Je me sens plus épanoui dans mon métier d’éleveur. »

Sylvain Malle, éleveur en Ille-et-Vilaine
Sylvain Malle, éleveur en Ille-et-Vilaine - © DR

Revoir son organisation quand on est seul

Sylvain Malle, éleveur en Ille-et-Vilaine. « Après le départ inattendu de mon associé, je me suis retrouvé seul avec 70 vaches laitières et une exploitation que nous avions développée pour deux. J’ai alors pris un certain nombre de décisions pour pouvoir continuer mon métier seul et dans de bonnes conditions. L’objectif était de diminuer le temps de travail. Je suis donc passé d’un troupeau 100% Normandes à des Prim’Holstein, j’ai investi dans un DAC et dans des colliers de détection des chaleurs. Aujourd’hui, ces différents aménagements me permettent de travailler seul sur l’exploitation et de continuer à m’investir dans ma Cuma et en tant que pompier volontaire. Cela fait maintenant deux ans, et j’arrive à faire tourner l’exploitation seul. J’ai gagné en productivité, en facilité de gestion de l’alimentation et en surveillance des animaux. »

Isabelle Dilard, éleveuse en Seine-Maritime.
Isabelle Dilard, éleveuse en Seine-Maritime. - © DR

Réfléchir à plusieurs pour avancer

Isabelle Dilard, éleveuse en Seine-Maritime. « Après avoir travaillé pendant 14 ans à l’extérieur, je me suis installée avec mon époux en production laitière. Un an après, nous avons dû faire face à la démission de notre salarié et engager des travaux pour la mise aux normes. Ça été une période difficile. Depuis mon installation, j’ai suivi différentes formations, à la fois techniques et de développement personnel, et intégré un groupe de femmes agricultrices. Quand on travaille entre époux, on partage tout, le travail, la vie personnelle. Il faut savoir trouver sa place sur une exploitation familiale. Les formations m’ont beaucoup apporté au quotidien dans les relations sur l’exploitation, la gestion des crises… Pouvoir échanger sur les problèmes rencontrés permet à la fois de prendre du recul et de trouver des solutions. Nous avons ainsi intégré le réseau Farre et l’association Terr’Avenir. J’ai déjà traversé deux crises, et je vis beaucoup mieux la crise actuelle grâce aux différentes formations suivies. Réfléchir à plusieurs me semble être le moyen le plus approprié pour avancer. »

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