Réussir lait 17 mars 2016 à 08h00 | Par Costie Pruilh

Des marchés catastrophiques

L'augmentation de la production laitière mondiale est toujours bien supérieure à la hausse de la demande mondiale. Les stocks s'alourdissent et les cotations baissent.

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La hausse de la collecte des États-Unis au second semestre 2015 a été annulée par la baisse de trois autres bassins exportateurs (Australie, Argentine, Nouvelle-Zélande).
La hausse de la collecte des États-Unis au second semestre 2015 a été annulée par la baisse de trois autres bassins exportateurs (Australie, Argentine, Nouvelle-Zélande). - © Franck Mechekour/archives

La collecte cumulée des cinq principaux exportateurs (Australie, Argentine, États-Unis, Nouvelle-Zélande, UE 28) a progressé de 3 millions de tonnes de lait sur le second semestre 2015 par rapport au second semestre 2014, d'après l'Institut de l'élevage. L'Union européenne a réalisé à elle seule ce supplément, puisque la hausse des États-Unis a été annulée par la baisse des autres bassins. Mais ailleurs dans le monde, beaucoup de pays ont une collecte en hausse : Inde (8 à 10 milliards de litres par an, absorbés par la consommation intérieure), Turquie, Biélorussie, Viet Nam, Uruguay... Et au final, la progression de l'offre est bien supérieure à celle de la demande.

La hausse de la demande mondiale devrait encore faiblir

" La hausse de la demande était de 17-18 milliards de litres par an avant l'embargo russe. En 2015, elle est estimée à +13 milliards de litres. Outre l'embargo, la demande chinoise tire moins fortement, et des pays émergents sont affectés par le ralentissement économique mondial. Pour les mois à venir, la demande des pays pétroliers devrait aussi faiblir à cause de la baisse du prix du pétrole ", précise Gérard Calbrix, économiste à Atla.

Les cotations poudre sont au plus bas, celles du beurre baisse, et celles des fromages commodité s'effondrent. " Les tours de séchage des coopératives du Nord de l'Europe sont saturées, alors elles fabriquent plus de fromages de commodité (gouda, edam, cheddar, emmental), mais sans débouché, donc les prix s'effondrent, expose Gérard Calbrix. Sans parler du lait qui part en spot. On peut donc s'attendre à de nouvelles baisses de prix du lait dans ces pays. Mais les conseils d'administration ne donnent pas pour autant les moyens aux transformateurs de bloquer la hausse de la production." La mesure exceptionnelle mise en place par FrieslandCampina le mois dernier semble n'avoir été qu'une goutte de lait sans effet.

Une remontée des cours n'est possible que si la production européenne baisse. "La baisse saisonnière de l'été sera sans doute insuffisante, vu le niveau des stocks. Plus personne ne croit à une remontée significative des cours cet été", indique Gérard Calbrix.

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