Réussir lait 06 avril 2017 à 08h00 | Par E. Bignon

De la betterave ensilée pour les bovins

MÊME EN DEHORS DES RÉGIONS SUCRIÈRES. Une nouvelle méthode de conservation de la betterave, sous forme ensilée, est proposée par la société Ecopsi. Conservation plus longue et densité énergétique sont les principaux atouts.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
LE BÉTADOR ressemble physiquement aux pulpes
de betteraves surpressées mais il est plus
riche en énergie.
LE BÉTADOR ressemble physiquement aux pulpes de betteraves surpressées mais il est plus riche en énergie. - © J. B. Vanham

Si d’ordinaire les betteraves sont conservées fraîches en tas, la société Ecopsi (Étude et commercialisation des produits secondaires industriels) basée à Arras dans le Pas-de-Calais, propose un nouveau process de fabrication pour les conserver ensilées et augmenter ainsi leur durée d’utilisation : le Bétador.

« À la récolte, les betteraves sont lavées, coupées, puis pressées et broyées mécaniquement. Pour un rendement de 100 tonnes brutes par hectare, soit 24 tMS/ha, on récupère 11 tMS de Bétador et 13 tMS de jus de betteraves. Ensuite, 48 heures suffisent grâce à la fermentation des sucres, pour obtenir un fourrage stable et homogène, distribuable immédiatement et capable de se conserver en silo sous une bâche étanche après acidification et refroidissement », décrit Jean-Benoît Tierny, créateur et président de la société Ecopsi.

Le Bétador se rapproche des pulpes de betteraves surpressées mais présente une valeur énergétique plus élevée (1,4 contre 1 UFL/kg MS) grâce à une teneur en sucres plus élevée (+ 20 %) au moment de sa mise en silo. « D’habitude, dans l’industrie sucrière, la priorité est de valoriser le jus de betteraves pour maximiser le rendement en sucre, et les pulpes surpressées récupérées pour l’alimentation animale ne sont que le coproduit de ce process. Avec le Bétador, on inverse cette logique. Le jus devient le coproduit et l’aliment pour bovins le produit principal. »

Pour des éleveurs, mieux vaut d’ailleurs recourir à des variétés de betteraves fourragères plutôt que sucrières pour privilégier le rendement en Bétador et non en jus.

48 heures suffisent pour stabiliser le silo

Ce procédé breveté a été expérimenté durant quatre ans dans des élevages laitiers et allaitants. Selon l’inventeur, « ce fourrage à 1,4 UFL/kg de MS permet d’optimiser les rations grâce à un apport de cellulose très digestible et une meilleure gestion du correcteur azoté tout en maintenant le niveau de production et en ramenant une source d’énergie différente de l’habituel amidon. »

Gros avantage du Bétador : son excellente conservation et stabilité au tas. « Contrairement à l’ensilage de maïs qui nécessite une hydrolyse de l’amidon par voie enzymatique, le Bétador fournit immédiatement du sucre qui fermente très rapidement. C’est pourquoi, le pH descend très vite pour se stabiliser à 3,5. »

Jean-Baptiste Vanham, du lycée agricole de Rethel dans les Ardennes, a testé ce produit sur le troupeau laitier (70 vaches à 9 000 l) sur trois campagnes. Il met en avant les pertes quasi nulles, le non écoulement de jus, la confection du tas peu exigeante en main-d’oeuvre (une seule personne suffit), sa reprise facile au silo, et sa faible sensibilité au gel. « Le Bétador se présente comme une purée collante, très dense, qui se tient bien. Par rapport à un silo de pulpes surpressées qui peut faire 3 mètres de haut, il est difficile de monter un tas à plus de 1,50 mètre », témoigne-t-il. Livré par semis, le Bétador provenait du Pas-de-Calais.

Le régime paille et ensilage de betterave a amélioré les taux

Plusieurs essais ont été réalisés sur l’élevage, dont l’un en substitution totale du maïs ensilage. Sur deux mois d’hiver en 2015, dix vaches représentatives du troupeau ont reçu une ration semi-complète à base de 35 kg bruts de Bétador, 6 kg de paille, 2,5 kg de correcteur azoté et 1,5 kg d’un aliment liquide enrichi en urée. Tandis que le reste du troupeau (55 VL) tournait avec 29 kg bruts de maïs ensilage, 12 kg de pulpes surpressées, 3 kg d’enrubanné, 2 kg de rumiluz, 2 kg de foin, 1 kg de maïs grain et 3,5 kg de correcteur. « Le Bétador est très appétant. Les vaches ont très bien consommé la paille. Il faut que les couteaux de la mélangeuse coupent les brins de façon franche », indique Jean-Baptiste Vanham en précisant que le recours au Bétador nécessite une complémentation en azote soluble...

LIRE LA SUITE DANS LA REVUE n°312 d'avril 2017, pages 46 et 47

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Etes-vous prêt à installer des logettes creuses pour les vaches ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui