Machinisme 02 octobre 2014 à 08h00 | Par Ludovic Vimond

DAL : Gagnez en temps de travail et en croissance des veaux

Encore peu présents dans les élevages en France, les distributeurs automatiques de lait ont pourtant des avantages aussi bien pour les veaux que pour l’éleveur

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- © Holm & Laue

Les distributeurs automatiques de lait (DAL) ont connu un bel essor, il y a cinq à six ans, avant de stagner depuis deux ou trois ans », souligne Thomas Paturel, gérant de la société Orvalex. Il explique ce phénomène par l’arrivée du grand seau compartimenté (ou non) Milk Bar pouvant nourrir plusieurs veaux en même temps, le retour des niches extérieures (peu compatibles avec les DAL) et l’essor des taxis à lait, ces chariots de transport de lait dotés d’un chauffe-lait et d’un pistolet distributeur. Pourtant, les DAL présentent des arguments intéressants que l’on ne retrouve avec aucune autre technologie de distribution de lait sur le marché.

Premier argument: la possibilité de donner des rations plus petites et plus fréquentes. Le volume de chaque ration (0,25 à 0,50 l en général par apport) est adapté à l’âge de l’animal. Dans la plupart des élevages utilisateurs de DAL, le nombre d’apports varie de quatre à huit par jour. De plus petites doses favorisent la digestion et réduisent les coliques en évitant de remplir la panse : le veau valorise mieux la ration et croît plus vite. « Nous constatons des GMQ de 850 grammes lors des quarante premiers jours, soit 100 à 200 grammes de plus que des veaux abreuvés deux fois par jour », explique Barbara Müller, responsable marketing Förtser. Des études allemandes et néerlandaises ont également montré que les veaux étaient en moyenne trois fois moins malades avec des rations multipliées, en comparaison à deux rations journalières au seau. Dans leur grande majorité, les DAL permettent d’avoir une température de ration idéale, (39 °C). Trop froid, le lait n’engendre pas une fermeture complète de la gouttière oesophagienne, ce qui se traduit par des problèmes de digestion. Trop chaud, il provoque des lésions. Le lait est ainsi chauffé et maintenu à température dans le mélangeur.

Pour les DAL intégrant du lait entier, un chauffe-eau garantit la bonne température du lait avant intégration dans le mélangeur. Ce dernier possède également son propre système de chauffage. Sur son petit modèle Paula, Urban propose même un système de chauffage dans le bol.

En amont de la tétine, la poudre de lait est pesée précisément et mixée au sein d’un mélangeur avec l’eau chaude et/ou du lait entier : l’absence de grumeaux favorise la digestion des aliments.

 

La bonne dose à la bonne température

Autre avantage des DAL, la distribution personnalisée et individuelle de lait limite les effets dominants-dominés et permet une croissance plus homogène des lots de veaux: les stations d’abreuvement ne laissent place qu’à un seul veau. Certains constructeurs proposent également des parois mobiles de façon à ce qu’une station serve pour deux cases. «Mais ces solutions ne sont pas toujours idéales, explique Thomas Paturel. Certains veaux plus gros poussent la paroi mobile et éjectent le veau en place pour leur piquer leur ration. Notre stalle double autobloquante permet d’empêcher ce phénomène. Le système est conçu de telle façon que le poids des gros veaux joue contre eux. » Si la plupart des constructeurs proposent de programmer le plan d’alimentation en fonction de l’âge du veau, Holm & Laue peut équiper le box d’abreuvement d’une pesée et piloter l’alimentation en fonction du poids du veau.

 

Surveiller le comportement du veau

Sur l’ensemble des DAL, un petit ordinateur permet de gérer les rations pour chaque veau et enregistre le comportement de chacun. Vitesse de buvée, comportement de visite et demande d’abreuvement sont mémorisés et permettent de déceler la maladie naissante d’un animal, parfois 24 heures avant d’en observer les symptômes. Les animaux détectés, ainsi que ceux qui n’ont pas bu toute leur buvée – certains constructeurs mesurent même la quantité non bue – apparaissent en tête de liste lors de la consultation par l’éleveur. Il est également possible de compiler ces informations sur un ordinateur ou une imprimante. Förster propose même une application sur smartphone et tablette.

 

Confort et flexibilité pour l’éleveur

Dernier avantage et non des moindres, le confort et le gain de temps pour l’éleveur. Fini le portage des seaux, le DAL déleste complètement l’éleveur de la corvée d’abreuvement bi-quotidienne. Il nécessite juste une alimentation en eau et en électricité, ainsi qu’une cuve-tampon pour ceux qui intègrent du lait entier dans la ration. D’une capacité de 20 à 50 kg selon les appareils, ils proposent une bonne autonomie en poudre et informent l’éleveur en cas de niveau bas.

Outre la moindre fatigue, le DAL libère du temps pour l’éleveur. Les constructeurs estiment à trois heures par veau et par an le temps économisé. Même le nettoyage est automatisé, le circuit étant dans la plupart des cas lavé intégralement avec des agents acides et alcalins. « Un nettoyage à la main est cependant indispensable régulièrement, car la machine ne lave jamais tout impeccablement, confie Thomas Paturel. Quoi qu’il en soit, les temps de lavage restent très faibles comparativement au système traditionnel. »

 

Jusqu’à 120 veaux alimentés par jour

Les principaux constructeurs proposent généralement deux types d’appareils: un dit d’entrée de gamme alimentant une ou deux stalles, l’autre plus performant capables de gérer jusqu’à quatre box d’abreuvement ou deux box d’abreuvement et deux box de concentrés. Les constructeurs annoncent des capacités maximales de trente veaux par station, « mais dans la réalité du terrain, on tourne entre quinze et vingt-cinq », explique Ladji Fourier Touré, du service technique Urban. « Il faut plutôt parler en termes de litres distribués par jour et en déduire le nombre de veaux à partir du volume programmé pour chacun », poursuit Pierre Jouffre, responsable commercial Holm & Laue pour les pays francophones.

Dernièrement, les constructeurs ont adapté leurs DAL pour pouvoir abreuver des veaux en cases individuelles. Förster a présenté à Eurotier il y a près de deux ans le CalfRail, un système d’abreuvement monté sur rail se déplaçant de case en case. Au Sommet de l’élevage en octobre 2013, Urban dévoilait le Lifestart, composé d’un réseau de tuyaux et d’une tétine par case.

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