Réussir lait 04 septembre 2017 à 08h00 | Par F. Mechekour

Comment évaluer son coût de renouvellement

Le coût d’élevage des génisses pèse beaucoup dans le bilan. Il varie souvent entre 1 400 et 1 800 euros par génisse. Ventiler les charges à l’aide de coefficients prédéfinis simplifie son calcul.

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POUR LES CHARGES DE
STRUCTURE, ON PEUT AFFECTER
AUX GÉNISSES une partie
des charges de l’atelier lait
via le coefficient
de répartition « clé 0,5 »
POUR LES CHARGES DE STRUCTURE, ON PEUT AFFECTER AUX GÉNISSES une partie des charges de l’atelier lait via le coefficient de répartition « clé 0,5 » - © F. Mechekour

"Le coût de renouvellement se calcule en faisant la différence entre :

- le produit issu de la vente des vaches de réforme et

- le coût d’élevage des génisses qui rentrent dans le troupeau pour remplacer les réformes et les pertes de vaches », indique Sophie Tirard de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Le coût de renouvellement peut varier selon le contexte (agrandissement de troupeau, réformes pour cause de mammites, boiteries…). Son calcul sur plusieurs années est donc pertinent. Mais la complexité du calcul, liée notamment à la répartition des charges de structure entre les di érents ateliers, représente un frein. Qui plus est, les organismes de conseils n’utilisent pas tous la même méthode. «Elles aboutissent toutes à des résultats comparables», souligne cependant Claude Bourigault de Cerfrance.

Nous vous proposons ici une méthode simplifiée basée sur la méthode utilisée par les chambres d’agriculture du Grand Ouest(1). Un calcul plus précis nécessite de se baser sur les véritables charges  fixes à attribuer aux génisses en repartant du grand livre avec l’aide de votre conseiller.

Partir de son document comptable

«Il faut partir de son document comptable et notamment des pages marge de l’atelier laitier et coût de production/prix d’équilibre de l’atelier laitier, explique Sophie Tirard. Le coût d’élevage des génisses laitières comprend l’ensemble des charges affectables aux génisses de renouvellement, c’est-à-dire le prix de cession d’un veau, le coût alimentaire, les frais d’élevage ainsi que les charges de structure."

Pour le prix de cession du veau, on peut partir du prix de vente des veaux femelle à 15 jours. À défaut, on prend 106 euros pour un veau femelle Prim’Holstein et environ 150 euros pour une Normande.

Le coût alimentaire comprend celui de l’aliment lacté, des concentrés et des fourrages consommés. «Le montant des deux premiers apparaît généralement dans la comptabilité. Pour le coût des fourrages, il faut affecter une partie aux génisses laitières. L’approche la plus simple consiste à prendre un coefficient de répartition ‘clé 0,8’», précise Sophie Tirard.

La formule de cette clé proposée par le groupe interrégional Génisses laitières du Grand Ouest (1) est la suivante : clé 0,8 =0,8 x nb UGB génisses/(nb VL +0,8 x nb UGB génisses).

Pour les frais d’élevage, on peut affecter une partie aux génisses via le coefficient de répartition «clé 0,5» dont la formule est : clé 0,5 =0,5 x nb UGB génisses/(nb VL +0,5 x nb UGB génisses).

«Pour les charges de structure, la première difficulté est d’isoler celles de l’atelier laitier des autres ateliers de l’exploitation. Cette première étape est réalisée grâce au calcul du coût de production de l’atelier lait que l’on retrouve dans son document de gestion. Ensuite il suffit d’affecter une partie de ces charges aux génisses via le coefficient de répartition ‘clé 0,5’.»

(1) D’après le guide Réussir l’élevage des génisses laitières, de la naissance au vêlage.

LIRE LE CAS CONCRET dans la revue Réussir Lait n°316 de septembre 2017, pages 90 à 92

Les limites de la méthode simplifiée

L’utilisation des coefficients de répartition pour évaluer le coût des fourrages, les frais d’élevage et les charges de structure « ne tient pas compte des spécificités de chaque élevage», souligne Sophie Tirardde la chambre d’agriculture de Bretagne.

Quand la ration des génisses est très différente de celle des vaches en termes de répartition et de la nature des fourrages distribués, «le calcul va forcément gonfler le poste coût fourrages». D’autres méthodes (voir le Guide génisses) partent plus précisément de la ration des génisses. «Elles demandent plus de temps et surtout des enregistrements en amont des rations des génisses. Ce travail est réalisé notamment dans les groupes de formation animés par la chambre d’agriculture en Bretagne.»

Quand les frais d’élevage sont strictement liés aux vaches laitières (coût de fonctionnement d’un robot…), Sophie Tirard conseille de les soustraire au préalable.

« Pour les charges de structure, la clé 0,5 correspond à une situation moyenne mais des différences peuvent exister sur le poste mécanisation selon la part de stocks dans la ration génisses et du type de fourrages utilisés, de l’âge du bâtiment des génisses. Le guide génisses propose d’autres clés pour le poste bâtiment en fonction de l’âge du bâtiment génisses, pour le poste mécanisation en fonction du plan d’alimentation des génisses et pour le poste foncier en fonction de la nature des surfaces utilisées par les génisses.»

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