Réussir lait 04 janvier 2018 à 08h00 | Par La rédaction

Comment atténuer les effets de la volatilité des prix

Les fonds mutuels, les contrats à marge garantie, une épargne défiscalisée peuvent aider à résister. Ils ne peuvent remplacer une stratégie d’investissements raisonnés et de recherche de performance économique.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La résistance doit s'organiser aux niveaux individuel et collectif.
La résistance doit s'organiser aux niveaux individuel et collectif. - © G. Soldi/Umotest - S. Leitenberger - Réussir

L'Union européenne a clairement fait le choix de la libéralisation des marchés et la majorité des pays ne veut pas changer de cap. La volatilité des prix, il va falloir continuer à vivre avec.

Comment faire face à des fluctuations du prix du lait qui peuvent atteindre 90 €/1 000 litres (moyenne glissante sur douze mois entre début 2014 et début 2016) ?

La résistance doit s’organiser à plusieurs niveaux.

Le premier, et c’est le plus important, est celui de l’exploitation. Le point de départ est de bien connaître ses chiffres et de réaliser un prévisionnel de trésorerie mois par mois. On n’a pas d’autre choix aujourd’hui que de rechercher la performance économique. Comme dans toute entreprise, cela veut dire travailler chaque poste de charges et de produits, l’un après l’autre, en se fixant des priorités. C’est aussi d’avoir une politique d’investissement prudente, adaptée à sa capacité de remboursement. Tout projet devrait faire l’objet d’un calcul de retour sur investissement, et être raisonné en intégrant une ou deux années de crise dans son raisonnement.

Au niveau des pouvoirs publics français, un sérieux toilettage de la fiscalité est indispensable. Tout le monde est d’accord, les DPA sont une usine à gaz. Un dispositif simple et efficace d’épargne de précaution défiscalisé est à mettre en place rapidement.

Côté filière, certains dispositifs peuvent aider à atténuer l’impact de la volatilité. Des contrats à prix ou marge sécurisé, impliquant des laiteries, des organisations de producteurs mais aussi des distributeurs, commencent à voir le jour. Ils apportent la garantie d’une certaine rémunération, avec très souvent une contrepartie demandée aux producteurs sur les volumes, des pratiques de production différenciantes (sans OGM, pâturage, bien-être…). Les contrats tripartites (trois maillons : producteur, transformateur, distributeur) intéressent les trois maillons à divers titres, mais ils souffrent d'une fragilité juridique qui limite leur généralisation à de gros volumes d'activité.

Reste les outils de gestion des risques pouvant bénéficier de subventions de l’Union européenne, entrant en jeu en cas de crise. L’UE vient de donner un signal politique fort, avec le règlement Omnibus, en faveur des instruments de stabilisation du revenu (ISR). Il est désormais possible, au niveau d’un État, de mettre en place un fonds de stabilisation du revenu pour un secteur de production et qui se déclencherait à partir de 20 % de pertes. Autrement dit, une épargne collective pour le secteur laitier. Mais même avec un budget PAC constant (hypothèse optimiste), ce type d’outil impliquerait un transfert d’une partie des aides directes au profit de la gestion des risques. Le secteur laitier a-t-il intérêt à y aller ?

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Etes-vous prêt à revenir à une aire paillée ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui