Réussir lait 06 novembre 2017 à 08h00 | Par C.Pruilh

« Cette année a été très déficitaire en fourrages »

Performance en montagne. Au Gaec du Claret, cette année très sèche a fortement limité le pâturage. Le Gaec pense revenir à des vêlages plus étalés.

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LILIAN GAILLARD. « Heureusement,
l’enrubannage est de très bonne qualité.
Depuis qu’on en distribue, la production
est passée de 19 l à 21 l/VL/j. »
LILIAN GAILLARD. « Heureusement, l’enrubannage est de très bonne qualité. Depuis qu’on en distribue, la production est passée de 19 l à 21 l/VL/j. » - © C. Pruilh

"Cette année 2017 est l’exacte opposée de l’année 2016 qui s’était caractérisée par une récolte record en quantité (enrubannage et foin) mais médiocre en qualité. C’est un record de faible rendement », résume Lilian Gaillard, un des deux associés du Gaec du Claret, à 1 000 mètres d’altitude en Isère (52 vaches montbéliardes et 88 ha tout herbe).

En cause, le climat particulièrement sec de cette année. « Pour assurer la qualité, on a attaqué l’enrubannage très tôt, dès le 20 mai. On a fait 5-6 hectares de plus pour faire 180 bottes en première coupe, sous notre objectif de 200 bottes. Le fourrage est heureusement de très belle qualité. » Pour le foin, le Gaec a récolté 390 bottes au lieu de 800 l’an dernier ! « Malgré le stock 2016, nous avons acheté 40 bottes de foin à un marchand de fourrage pour assurer le stock hivernal. » Le pâturage a été très limité. L’année avait pourtant bien démarré, avec une sortie au pâturage le 10 avril, quinze jours plus tôt que d’habitude. « Mais au mois de mai, le gel et la neige ont obligé à rentrer de nouveau les vaches. Puis le mois de juin a été trop chaud et sec, donc l’herbe ne poussait pas plus. Tout l’été a été chaud et sec. Et même aujourd’hui fin septembre, le déficit hydrique est très marqué. À 1 000 mètres d’altitude, on ne croit plus à une repousse à cette époque. » Les premières gelées sont revenues dès le 10 septembre.

Une ration quasi hivernale en été

Le Gaec a donc dû complémenter davantage. D’autant plus qu’il y avait plus de vaches en lactation cet été (habituellement, les vêlages sont étalés toute l’année), car le Gaec a voulu grouper les vêlages sur le printemps-été, pour profiter d’une période où habituellement il y a du pâturage et moins de consommation d’intrants qu’en hiver à l’étable.

« Tout l’été, la ration était quasi hivernale, avec 1,5 kg de tourteau de colza tanné et 3,5 kg d’un mélange orge maïs. Ce qui fait 1 kg de plus de tourteau et 1 à 1,5 kg de plus de mélange énergétique par rapport à une saison de pâturage classique, pour 48 laitières sur trois mois (juin à août). Et depuis le 10 septembre, on distribue de l’enrubannage (150 kg MS aux 48 vaches traites). »

Heureusement, le prix du lait permet de passer cet aléa : avec les primes qualité (taux, cellules, butyriques, AOP…), il est d’environ 390 €/1 000 l (2016 et 2017).

Le Gaec espère vivre un hiver pluvieux ou neigeux, et un printemps précoce. « Chez nous, avec les pentes et un sol drainant, il faut des pluies pas trop fortes et en quantité suffisante. Tout l’inverse de cette année. Il paraît qu’avec le changement climatique on va connaître de plus en plus de déficits hydriques en été. On va revenir à des vêlages étalés, pour limiter le risque économique d’un déficit de pâturage au printemps-été. »

Pour l’année 2016, le Gaec reste performant, avec 58 % d’EBE/Produit brut, malgré une production laitière en retrait (304 000 l au lieu de 332 000 l de référence), et ce grâce à une bonne année de pâturage. Restera à voir l’impact climatique sur les résultats 2017. Les aléas confortent en tout cas le Gaec dans sa stratégie économe.

"Pendant les grosses chaleurs, on aurait dû davantage faire rentrer les vaches"

Depuis ce printemps, la coopérative encourage le lait contenant moins de 100 000 cellules, avec une prime de 15 euros pour 1000 litres. "On ne l'a touchée qu'une seule fois. Nous avions deux vieilles vaches à problèmes. Et les grosses chaleurs de cet été ont été défavorables. Nous aurions dû davantage les faire entrer dans le bâtiment, qui reste frais en cas de grosses chaleurs. Quand elles sont dehors, elles se recroquevillent les unes contre les autres, toujours sous le même arbre, alors qu'il y en a bien d'autres sur la prairie. C'est assez incompréhensible. Et le problème est qu'elles piétinent cette zone, et du coup elles se salissent", détaille Lilian Gaillard.

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