Réussir lait 30 mai 2008 à 18h24 | Par E. F.

Campagne 2007-2008 - La sous-réalisation européenne est évaluée à deux millions de tonnes

L’Europe devrait de nouveau connaître une sous-réalisation nette marquée, supérieure à celle de la campagne précédente.

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Mi-mai, la Commission européenne évaluait à environ 2 000 000 tonnes la sous-réalisation de l’Union européenne à 25 pour la campagne 2007-2008. La production européenne se situait donc 1,5 % en deçà du quota européen. Celui-ci s’élevait à 134,9 millions de tonnes, après prise en compte de l’augmentation de 0,5 % des références de onze des États membres européens, décidée à Luxembourg en 2003. Les premières évaluations font apparaître des éléments très marquants au niveau de la sous-réalisation. Le Royaume-Uni aurait sous-réalisé de 780 000 tonnes sa référence, qui est la troisième de l’Europe avec près de 14,8 millions de tonnes(1).

DES SITUATIONS TRÈS HÉTÉROGÈNES 

En seconde position, on retrouve la Suède qui sous-réaliserait de 400 000 tonnes (pour un quota de 3,35 millions de tonnes). La France arriverait en troisième position, avec un déficit de l’ordre de 350000 tonnes. La Hongrie (1,99 million de tonnes de quota) aurait une sousproduction de 330 000 tonnes. La Pologne finirait en cinquième place avec une sous-réalisation nette de 300 000 tonnes (pour un quota de 9,38 millions de tonnes). Les raisons qui expliquent la sous-réalisation sont très différentes d’un pays à l’autre. Elles révèlent des tendances lourdes. 

■ Au Royaume-Uni, où le prix du lait est resté structurellement faible pendant des années en entraînant une décapitalisation forte des capacités de production, la relance de la production laitière est très difficile, sinon impossible. Et ce, quel que soit le prix payé aux producteurs.

■ La Pologne n’est pas encore arrivée au bout de sa restructuration, loin de là ! Alors que cet État militait pour des hausses astronomiques des références laitières (5 % dès le 1er avril 2008 !), on se rend compte que sa sous-réalisation est proche de sa demande d’attribution.

■ Le découplage peut avoir des effets dévastateurs sur le paysage laitier d’un État membre comme la Suède. On peut se demander, avec une sous-réalisation nette de l’ordre de 12 % de son quota, si celle-ci n’est pas en train de vivre, pour des raisons différentes du Royaume-Uni, la disparition à court terme de la production laitière sur son territoire et son siphonnage par le Danemark. Cette situation ne manque pas d’ironie, lorsque l’on se souvient que le Royaume-Uni et la Suède étaient membres du Club de Londres qui réclamait la disparition rapide des quotas, et que l’on constate que dans ces deux pays, il n’y aura peut-être un jour plus assez de vaches laitières permettant d’assurer l’approvisionnement et la sécurité alimentaire de leurs citoyens. À l’autre extrémité du curseur, on trouve parmi les dépasseurs habituels, et à la première place, l’Italie avec un dépassement net de l’ordre de 550 000 tonnes. L’Allemagne aurait dépassé de 270 000 tonnes sa référence, suivie des Pays-Bas (100 000 tonnes), de l’Autriche (70000 tonnes), de l’Irlande (+ 50000 tonnes), de la République tchèque (+ 30 000 tonnes), de Chypre (+ 4 000 tonnes) et du Luxembourg (+ 1000 tonnes).

UN DÉSÉQUILIBRE MARQUÉ 

Dans ce club des dépasseurs, on distingue là encore plusieurs catégories : ceux qui ont fait le choix de produire plus dans un contexte de marchés extrêmement favorable (Allemagne, Pays-Bas, Irlande notamment), ceux traditionnellement pénalisés par le quota matière grasse (Autriche) et d’autres dont on ne connaît pas forcément les raisons ayant conduit à ce dépassement (Chypre). Quant à l’Italie, elle reste toujours fortement pénalisée par sa référence historique, ainsi que par la volonté de certains producteurs du nord de l’Italie de ne pas respecter le régime des quotas. La somme des principaux dépassements serait de l’ordre de 525000 tonnes, alors que celle des principales sous-réalisations approcherait 2,16 millions de tonnes. Ce déséquilibre marqué fait comprendre pourquoi certains plaident en faveur d’un effacement des pénalités lorsque l’Europe est en sous-réalisation nette. Une proposition qui n’est pas accueillie avec un grand enthousiasme par Bruxelles. D’autant que l’Europe va récupérer près de 300 millions au titre des pénalités de la campagne qui vient de s’achever. Ces pénalités, qui alimentaient dans le passé le budget de l’OCM lait, sont désormais affectées au budget général de l’Union.

 

(1) Les quotas des États membres sont donnés

avant prise en compte de la hausse de 2 % accordée

au 1er avril 2008.

 

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