Réussir lait 21 octobre 2011 à 15h52 | Par C.Pruilh

Appellation d'origine protégée - La Franche-Comté prépare l’après-quota en cinq axes

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L’AOP comté s’ouvre chaque année à de nouveaux producteurs de lait. À cela s’ajoutent, les attributions de quotas de l’Union européenne et de la réserve. Enfin, certaines années comme celle que nous traversons, les bonnes récoltes fourragères font monter les livraisons de lait. Fin août, le CIGC (l’ODG organisme de défense et de gestion du comté) chiffrait la hausse de production laitière à +3,7% sur les douze derniers mois.


La filière comté est confrontée à des excédents

Certes, les ventes de comté progressent (+2,8% sur les douze derniers mois). Sur les dernières années, elles augmentent en moyenne de 1,5 à 2% par an. Mais cela ne suffit pas. Depuis l’an dernier, la filière comté est confrontée à des excédents. Le plan de campagne comté prévoit un mécanisme de crise.

Pour 2011-2012, il conduit à une minoration d’environ 5% des droits à produire (plaques vertes) attribuées aux fabricants de comté. « Cela correspond environ à 25 millions de litres de lait déclassé. C’est beaucoup, et les autres AOP de la région (morbier, mont d’or…) ne pourront pas absorber tous ces volumes » , indique Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs et représentant Franche-Comté à la FRCL Alpes Jura Cantal. D’où la réactivation du GIE lait comtois dès cet été.

Ce GIE a été créé en 2009 pour commercialiser les laits excédentaires qui ne peuvent être absorbés par les filières traditionnelles. Jusqu’à présent, il n’y avait pas eu besoin de l’activer. Cet été, le GIE a vendu du lait spot sur l’Italie. « Nous avons peut-être besoin d’outils, de partenariats, pour être en mesure de faire du dégagement », se projette Bernard Marmier.


Un cahier des charges plus contraignant

La filière s’attend, avec les hausses de quota européen, puis avec la fin des quotas, à ce que le potentiel de production progresse encore. « Tout l’enjeu est de parvenir à maîtriser les équilibres offre demande, dans le respect des règles concurrentielles. Nous travaillons cinq pistes pour y parvenir. La première est aboutie, avec la révision du cahier des charges comté qui a renforcé les contraintes de production de lait. Cela devrait nous éviter une explosion de la production.

La deuxième piste est l’effort pédagogique à mener pour que la préservation de l’équilibre offre demande soit une préoccupation de tous les instants.

La troisième est la demande des filières AOP de Franche-Comté au bassin Grand-Est de limiter les attributions de quotas à leurs exploitations.

La quatrième est de renforcer la présence à l’international, avec une politique export plus agressive.

Et la cinquième est la mise en place dans certaines coopératives, d’un système de volumes prix différenciés. Nous veillerons à ce que ne s’installe pas une double politique dans les exploitations : un volume pour les AOP et un pour le dégagement. Cela constituerait un risque de dérapage important», conclut Jean-Jacques Bret.

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