Machinisme 09 juillet 2013 à 15h15 | Par M. Portier

Alimentation - Le bol mélangeur s’adapte à la fibre

Proposée dans de multiples versions, la mélangeuse à vis verticale séduit par sa polyvalence et sa capacité à préparer des rations fibreuses.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L’avantage des bols mélangeurs réside dans leur capacité à absorber des balles entières de fourrages.
L’avantage des bols mélangeurs réside dans leur capacité à absorber des balles entières de fourrages. - © Kverneland

Le marché de la mélangeuse a rapidement évolué ces dernières années, avec une offre des constructeurs qui s’est principalement concentrée sur les modèles à vis verticale. « Le principal avantage du bol est sa capacité à absorber les balles entières, notamment l’enrubannage. Et d’un point de vue économique, avec une trentaine de marques sur le secteur, la concurrence est propice à la baisse de tarifs », analyse Yan Mathioux, nutritionniste spécialiste de la ration mélangée pour le cabinet BDM. Toutefois, pour ceux qui n’ont pas la contrainte de traiter des balles entières, les modèles à une ou deux vis horizontales et ceux à pales conservent certains avantages. « Notre modèle à deux vis horizontales coupe très efficacement la fibre en un temps réduit, sans effet de tamis avec les concentrés lors du mélange », reconnaît Pierrick Blanchard, de la sociéte Kuhn Audureau. Mais pour David Leroyer, chez Kverneland, « l’abandon de la vis horizontale s’explique souvent par son coût d’entretien. Les couteaux sont nombreux et les résidus de matière accélèrent l’usure des fonds de caisse ». Quant aux modèles à pales, ils assurent un mélange homogène et peu agressif, mais manquent d’efficacité avec le foin. « Ces machines d’origine anglo-saxonne restent conçues pour absorber de l’ensilage d’herbe humide, domaine où elles excellent », rappelle Yan Mathioux.

 

Des vis adaptées aux brins longs

 

La percée du bol mélangeur est ainsi encore plus marquée dans les exploitations utilisant des rations fibreuses, pour lesquelles les constructeurs ont apporté à leurs machines des évolutions techniques spécifiques. La conception de la vis étant le point névralgique du fonctionnement d’un bol, bon nombre de marques proposent désormais une vis spéciale fibre. « Il faut trouver le bon compromis entre la largeur, la hauteur et la forme de la vis, tout en tenant compte de la forme du bol. Le but étant de couper court et rapidement », illustre Charles Adenot, de la société Lucas.G. Chaque constructeur se distingue par son origi- nalité dans la forme de sa vis. Mais généralement, les vis « fibre » sont fines sur le haut et évasées sur le bas, et disposent d’un plus grand nombre de couteaux. Certaines marques donnent la possibilité de personnaliser la vis en fonction de la ration, avec un nombre, une forme et une position des couteaux ajustables. Le nombre de vis a également son importance. Sur les machines de gros volume (au-dessus de 16 m3), la question ne se pose pas, elles disposent toutes de deux vis.


Développement des modèles compacts à deux vis


En revanche, pour les modèles de 14- 15 m3, deux alternatives sont possibles : simple ou double vis. Plus chère, la seconde permet de défaire plus rapide- ment les balles entières, avec moins de contraintes mécaniques. Les modèles double vis « compacts », surbaissés ou de faible hauteur, destinés en premier lieu aux bâtiments peu accessibles, favo- risent l’abandon des simples vis. Ces machines sont en effet pour la plupart bien adaptées aux rations fibreuses.

La qualité et la vitesse de coupe sont égale- ment dépendantes de la conception de la cuve et des contre-couteaux. On distingue deux types de cuve : celles à parois lisses et celles à parois polygonales. Les constructeurs ayant adopté cette seconde solution avancent une plus grande rapidité de coupe, la matière étant plus ralentie que dans une cuve lisse. D’après Edouard Routier de JF-Stoll, « cela nous permet de ne quasiment pas utiliser les contre-couteaux, sauf pour faire de la fibre très courte ».


Utiliser les contre-couteaux au bon moment

 

Mais selon plusieurs constructeurs, qu’ils soient en caisse lisse ou polygonale, « la forme et l’implantation du contre-couteau est un facteur décisif dans l’efficacité de coupe. L’adoption de contre-couteaux hydrauliques temporisés simplifie le travail de l’éleveur et lui permet de les utiliser uniquement lorsque cela est nécessaire, tout en limitant la puissance absorbée ». Dernière contrainte des rations fibreuses, la matière est plus difficile à évacuer au moment de la distribution. D’où l’adop- tion de trappes de grande dimension et de vis qui poussent bien la matière. Un tapis de distribution de grande largeur avec sortie frontale est également préférable à une sortie directe, car il favorise la régularité du flux en « tirant » le contenu du bol qui peut parfois sortir par paquets.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Utilisez-vous du propylène glycol ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui